Alpha Condé, jadis l’espoir de toute une nation ? (Par Diawara Thierno Oumar)  

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TRIBUNE- Jusqu’à la veille du second tour de l’élection présidentielle d’octobre 2010, il était considéré par la quasi-totalité de ses concitoyens comme le sauveur. Non, c’est peu dire ! Il était perçu comme l’homme qu’il faut pour diriger la République de Guinée. Oui, je parle bien de notre professeur Alpha Condé, le Président de la République, le locataire actuel de Sékhoutouréyah.

Honnêtement, l’homme incarnait l’admiration assortie d’un immense espoir qu’il remettrait enfin le pays sur les rails. Mais hélas ! Cet espoir s’est vite transformé en un désespoir, tout aussi grand. Un désespoir d’autant plus rageant qu’il était consécutif à la mal gouvernance que le président lui-même parraine dans le pays. Une mal gouvernance d’une banalisation telle que les Guinéens n’en avaient jamais pareille auparavant. Pas même sous le régime militaire : détournements de deniers publics, insécurité, promotion de la médiocrité, trafic d’influence etc.

Pis, depuis qu’il est aux affaires, la Guinée est tout sauf un pays démocratique. Une valeur que pourtant, Alpha Condé, alors farouche opposant aux différents régimes de Sékou Touré et Lansana Conté, portait en bandoulière. Mais une valeur que, depuis qu’il les a remplacés, il préfère curieusement piétiner, dans le but de satisfaire ses intérêts « égoïstes ». Son projet controversé de nouvelle constitution pour une présidence à vie en est une parfaite illustration. Dans la mesure où son objectif ultime et singulier est de pérenniser tous ces maux dans le sillage de sa gouvernance.

Le cas Alpha Condé ne devrait-il pas servir de leçon aux Guinéens dans leur choix d’un futur dirigeant qui soit véritablement en phase avec leurs aspirations ? En tout cas, « tout ce qui brille n’est pas or », a-t-on coutume de dire. Alpha Condé a fait rêver ses compatriotes à travers ses discours et autres prises de position. Oui, Alpha était vu par toute l’Afrique comme un adepte de la bonne gouvernance, de la démocratie, et que sais-je encore ?

Pour reprendre notre célèbre Sékouba Bambino, « on aime la femme pour ce qu’elle n’est pas et on la quitte pour qu’elle est ». Voilà ce qu’était Alpha Condé pour les Guinéens qui l’ont porté dans leur cœur en contribuant à son élection à la magistrature suprême du pays en 2010, voire à sa réélection en 2015.

Aujourd’hui, ils sont asphyxiés par cette autre gouvernance au point que leur déception a atteint son paroxysme.  Le peuple de Guinée est à bout de souffle et décide de prendre son destin en main, d’où son opposition farouche à toute idée de modification constitutionnelle qui abouterait à une présidence à vie pour le chef de l’État, Alpha Condé. Et le refus des institutions internationales de déployer des missions d’observation pour ces élections au cœur de tous les débats n’est-il pas un signal de détresse envoyé au maître de Conakry et son clan ? L’avenir nous édifiera davantage.

Diawara Thierno Oumar, journaliste / todiawara@guineerealite.info

 

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