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Aly Bangoura, chef secteur de la LONAGUI : ‘’les revendeurs sont sur un contrat de prestation, et il y en a qui touchent 9, 8, 7, 6 millions par mois’’

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INTERVIEW- Une semaine après la grogne des revendeurs du Pari Mutuel Urbain de Guinée (PMU) qui avaient pris d’assaut le vendredi, 10 janvier dernier le siège de la Loterie nationale de Guinée (LONAGUI) à Kaloum pour réclamer l’augmentation des pourcentages sur leurs commissions et protester contre le retard dans le paiement de ces commissions, la LONAGUI décide enfin de donner sa version des faits dans cette histoire. Dans une interview accordée à Mediaguinee, Aly Bangoura, chef secteur de la LONAGUI, a estimé que ces revendeurs avaient été manipulés.

Mediaguinee : Depuis la nomination de Mme Aminata Sylla à la tête de la Lonagui, des choses bougent à la satisfaction des clients. Qu’est-ce qui a motivé ce changement de cap de la nouvelle direction ?

Aly Bangoura : Depuis le 5 août 2019, la LONAGUI, sous la direction de Madame la Directrice Générale nouvellement installée à ce poste, s’est engagée dans l’exploitation de certains segments du jeu, notamment le PMU. Je vais vous expliquer l’historique du PMU en Guinée. WINIYA a été créé en Guinée en 1997. La 1ère personne du PMU, on l’appelait à l’époque, SOGEC PMU. L’Etat avait concédé aux partenaires français. De 1997 à 1999, ce PMU a été formé par l’actuel Premier ministre qui était alors ministre des Finances en raison de malversations financières et rapatriement frauduleux de devises. Donc, de 1999 à 2001, la dernière direction du PMU, toujours sous la direction des partenaires français qu’était PMU Plus, de 2001 à 2006. En 2006, cette version a été fermée aussi pour la même raison. C’est ainsi qu’en 2009, la 3ème version du PMU Winiya a été créée, aussi concédée à un 3ème partenaire français. Sous ce PMU de 2009, la convention était pour 10 ans. Il vint donc à terme le 4 août 2019 passé. Et cela coïncidait avec la nomination de Madame la Directrice Générale Aminata Sylla à la LONAGUI qui s’est engagée à l’exploitation de ce segment de jeux, parce que comme vous le voyez, le PMU n’est rien d’autre qu’une collecte de pari. L’argent du PMU ne quitte pas ailleurs, c’est l’argent de la Guinée, ce sont des Guinéens qui cotisent et il y a un arbitre qui est là qui est la LONAGUI et les perdants font les gagnants avec des règles de jeu bien définies.

Mediaguinee : Pouvez-vous nous dire les réformes déjà faites et celles en cours au sein de votre structure ?

Aly Bangoura : Dans toute la sous-région, si vous remarquez le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, tout est national. Vous avez la LONAS au Sénégal, la LONACI en Côte d’Ivoire… Donc, Madame, à son arrivée a fait des tournées pour s’enquérir de la réalité des autres pays. Des cadres ont été envoyés pour la formation et certains experts ont été déplacés de l’étranger pour venir former les cadres ici afin que tout se passe dans les meilleures conditions. C’est ainsi que le 5 août, la 1ère expérience de la LONAGUI s’est engagée dans l’exploitation des paris mutuels. Et la structure n’a rien à envier aujourd’hui aux autres pays de la sous-région mais aussi à l’ancienne version de WINIYA parce que toute la procédure commerciale de traitement de pari, de dépouillement de calcul, c’est automatique. Ces terminaux qui sont sur le terrain sont reliés à un serveur très puissant qui est localisé ici. Contrairement à toutes ces versions de PMU que je viens de vous citer, le serveur est toujours resté à l’étranger. Donc, aujourd’hui, le serveur est chez nous, tout le traitement, toute la procédure du traitement est sécurisée. Donc depuis son arrivée, les chiffres ne mentent pas. Du 5 août jusqu’au 31 décembre passé, rien qu’aux parieurs, on a distribué près de 36 milliards de francs guinéens aux parieurs et on a fait plus de 1011 multimillionnaires, c’est-à-dire les parieurs qui ont gagné plus de 2 millions. Donc vous imaginez, du 5 août au 31 décembre, plus de 7 milliards versés au Trésor public, contrairement aux anciennes versions où la LONAGUI n’avait que 4% de redevance et des 4%, 2% étaient reversés au compte du PMU France. Donc imaginez un peu l’avantage de nationaliser cette structure. Ça ne sert à rien de confier la gestion de cette structure aux expatriés, parce que l’argent qu’il prend c’est comme si tu confiais les impôts aux étrangers parce que c’est la même chose. S’il y avait trois intervenants avant, le parieur, le concessionnaire et l’Etat, aujourd’hui il n’y a que deux intervenants, le parieur et l’Etat. La vision de Madame la Directrice Générale c’est la rigueur dans la transparence, la rigueur dans la gestion. Et cela est prouvé aujourd’hui. Les chiffres ne mentent pas et la réalité se voit sur le terrain.

Mediaguinee : La Lonagui, c’est aussi la grogne des revendeurs de… PMU. Ils accusent la direction de n’avoir pas honoré ses engagements. Comprenez-vous leur colère ?

Aly Bangoura : N’avoir pas honoré ses engagements? Je veux bien savoir quels engagements? Vous savez, au sein de la LONAGUI, il y a des différents grades des travailleurs. Les revendeurs ont un statut de prestataire. Ce sont des prestataires, ils ont signé des contrats de prestation et ils ont un pourcentage sur le chiffre d’affaires réalisé, surtout comme ça se passe ailleurs partout dans la sous-région. Chez nous, ils ont 4%. Le calcul est très basique. C’est-à-dire, il y a un revendeur qui fait un million de chiffre d’affaires, à la fin du mois, les un million sa part est de 4%. Sur toute la vente opérée, comme le système est informatisé à fond, au niveau de leurs terminaux, ils font la situation de leurs ventes et de leurs versements. Donc à la fin du mois, le revendeur sait déjà à l’avance combien il doit verser. Mais le problème, il n’y a pas eu d’arriérés de paiement. Il y a eu un retard dû à des raisons de rapprochement. Pourquoi ? Comme j’ai dit, tous les revendeurs savent déjà à l’avance avant le paiement de leurs commissions combien ils doivent percevoir. Ils connaissent le chiffre d’affaires, l’argent qu’ils ont en main, qu’ils doivent verser, parce que dans le contrat, il y a un article qui stipule que le revendeur a l’obligation de verser la totalité de sa recette. Donc il peut vendre un million et au versement il va, il verse 900 mille. Pour une raison ou une autre, il garde les 100 mille francs. Donc, il a un écart de 100 mille. A la fin du mois, s’il doit percevoir 400 mille comme commission, obligatoirement, il faut prélever les 100 mille. C’est pourquoi à la fin du mois, dès la clôture des commissions, les différents chefs d’agence qui sont chargés de leurs paiements, qui décaissent l’argent de chaque agence et procèdent au paiement, dès qu’ils décaissent les fonds, ils vont, ils regardent d’abord l’état, s’ils sont d’accord avec les paiements de leurs agences. S’ils ne sont pas d’accord, il y a un retracement qui est effectué. On a l’habitude de les payer le 5 du mois. Pour ce mois-ci, ils n’étaient pas d’accord sur les écarts dégagés au niveau des redevances, et ils ont demandé à ce qu’un rapprochement soit fait. Et c’est le temps de ce rapprochement qui a causé ce que je qualifie de petit retard et surtout qu’avant la grogne l’argent était déjà disponible le soir du jeudi. Tous les chefs d’agence étaient informés que l’argent était disponible, ils peuvent venir chercher mais ils ont dit que les revendeurs étaient déjà rentrés, donc ils vont venir chercher le matin. Et ce vendredi matin, nous avons constaté le débarquement derrière la cour des minibus pour venir manifester à la devanture du siège avec une plateforme revendicative. Ils réclament 105 mille francs guinéens par semaine comme frais de transport. Et ce qui a été curieux pour nous, c’est que les 105 mille qu’ils réclament ce sont les 105 mille qu’ils perçoivent présentement. Pour la petite histoire, Winiya leur payait 6000 francs de transport. Après 4 ans de revendication, ils sont passés de 6 à 10.000 fg. Arrivée à la LONAGUI, Madame la Directrice Générale a dit que les 10.000 sont peu, qu’elle augmente à 15.000fg. Donc quand vous prenez 15.000 par jour, sept jours ça fait 105.000 francs guinéens. Donc sur la feuille de revendication, nous voyons c’est bien écrit, qu’ils veulent 105.000 francs de transport par semaine. Donc on s’est posé la question de savoir si ceux qui ont revendiqué sont des revendeurs ou des personnes manipulées, des gens qui ne travaillent même pas à la LONAGUI. Car selon les informations que nous avons eues, il y a des revendeurs qui ne connaissent même pas le siège de la LONAGUI. Vous imaginez des revendeurs qui font des remontées, ils font des versements et ils ne connaissent même pas le siège de la LONAGUI. Donc toutes ces raisons nous ont fait croire qu’il y avait une certaine manipulation derrière. Depuis la première version du PMU en 1997 jusqu’à aujourd’hui, grâce à Dieu, je suis encore dans la structure, aucun concessionnaire de PMU en Guinée, que ce soit la SOGEC la première version, PMU Plus et Winiya, n’a une fois pensé aux revendeurs quand les fêtes arrivent, offrir des tenues aux revendeurs. La dame à son arrivée, déjà en cinq mois et en deux fêtes, elle a offert des tenues de fête à tous les revendeurs de Conakry jusqu’à l’intérieur du pays. Cela s’est produit deux fois déjà, ça c’est déjà une bonne foi qu’il faut quand même saluer, que les revendeurs devraient saluer. Déjà en cinq mois, une dame qui vient de prendre service, pendant qu’elle est dans les réformes, elle a déjà manifesté sa bonne foi vis-à-vis de ses revendeurs. Les revendeurs sont sur un contrat de prestation, et vous pouvez vérifier, il y a des revendeurs qui touchent 9, 8 , 7, 6 millions par mois. Il y a des revendeurs qui touchent mieux que certains salariés. Les états en font foi, les états sont là, vous pouvez vérifier. Au système de commission tu travailles plus, tu gagnes plus. C’est ce contrat-là qu’ils ont signé. Donc je crois qu’il y a beaucoup d’entre eux qui ne comprennent pas et ils se sont retrouvés dans la danse sans savoir comment ils sont arrivés là.

Mediaguinee : Parlons à présent du traitement des revendeurs de tickets PMU. Alors qu’ils réclament le paiement de leurs primes et l’amélioration de leurs conditions de travail, un communiqué de la Lonagui leur conteste le statut de salariés. N’est-ce pas là une façon de durcir le ton ?

Aly Bangoura : En fait, le communiqué vient confirmer le contrat qu’ils ont signé. C’est un contrat de prestation. C’est leur rappeler parce qu’il y a certains qui signent le contrat sans le lire peut-être. C’est leur rappeler simplement qu’ils ont un contrat de prestation et tout le monde sait ce qu’est un contrat de prestation. Ils ont un pourcentage sur le chiffre d’affaires. Et quand ils travaillent bien ils gagneront bien.

Mediaguinee : Concrètement, quelles recettes avez-vous pour mettre fin à cette grogne qui risque, si elle n’est pas prise en compte, d’affecter sérieusement le bon fonctionnement de PMU en Guinée ?

Aly Bangoura : Les dispositions c’est de sensibiliser les revendeurs, leur dire que seul le travail paie. Que ce soit eux ou que ce soit nous, personne n’a intérêt à saboter parce que tu ne peux pas scier la branche sur laquelle tu es assis. Comme on aime le dire, on cherche quelque chose qui existe, ce qui n’existe pas on ne peut pas le chercher. Il n’y a pas de travail chez nous, donc ce que tu as il faut bien l’entretenir, surtout qu’aujourd’hui le PMU a un statut national. Il n’y a aucun étranger parmi nous ici, tous les compartiments ce sont les Guinéens qui nous paient. Donc que chacun sache que chacun a le devoir moral et patriotique de soutenir ce PMU et de fournir les efforts qu’il faut pour que ça aille de l’avant. S’il y a des problèmes, tout se règle dans la discussion, ce n’est pas en sabotant. Ils demandent à ce que le paiement soit fait le 5, c’est ce qu’on a l’habitude de faire. Seulement, ce seul mois, mais toutes les dispositions seront prises pour que le paiement soit fait à temps. Leur prime de transport est là et ce ne sera jamais diminué. A partir du moment c’est augmenté c’est les 105.000 qui seront payés, il n’y a aucun problème dans ça, mais qu’ils sachent qu’ils ont un statut de prestataire. C’est-à-dire qu’aujourd’hui s’ils ne veulent pas travailler ils peuvent déclarer et ils ont 20 jours pour déclarer…

Mediaguinee : Quel appel avez-vous à lancer aux parieurs pour les mettre en confiance et aux protestataires pour les calmer ?

Aly Bangoura : L’appel que je lance aux parieurs c’est de renforcer la confiance. Nous savons qu’ils ont déjà confiance en la structure de la LONAGUI, parce que depuis le début jusqu’aujourd’hui, les chiffres ne font qu’augmenter. Cela prouve qu’il y a une confiance déjà qui est établie. Aujourd’hui, tous les parieurs, vous pouvez le vérifier, gagnent en temps réel, le même jour ils se font payer. Ils peuvent se faire payer dans les points de vente. Et jusqu’à cinq millions, ils peuvent se faire payer dans les agences les plus proches. Nous devons avoir confiance en une structure qui appartient à la Guinée, nous devons avoir confiance en une structure qui nous appartient. Depuis 1997, ça a toujours été géré par des étrangers. A ce sont des cadres guinéens qui le gèrent. Il faut avoir confiance, à partir du moment où toute la procédure de traitement est informatisée. PMU ne peut pas réussir sans les parieurs. Et depuis que Madame Aminata Sylla est arrivée aux affaires, il y a eu rupture avec la monotonie, de nouveaux produits ont été mis au marché. Le 6 décembre passé, il y avait ‘’Quinté plus’’ qui a été mis au marché, il y avait Jackpot super 6 qui est la première fois dans la sous-région. Et c’est la Guinée qui expérimente. Donc tout ça c’est pour vraiment satisfaire nos parieurs. Donc je lance un appel de venir massivement dans nos kiosques parier et que nos portes sont grandement ouvertes. Ils peuvent venir à tout moment s’ils veulent visiter, c’est notre maison commune. Toutes leurs questions trouveront des réponses car la LONAGUI n’a rien à cacher, la transparence est là.

L’appel que je lance aux revendeurs c’est de s’atteler au travail car seul le travail paie. Ceux qui sont là sont des Guinéens, rien que des Guinéens. Comme on aime le dire, la Guinée c’est une famille. Quand il y a des problèmes, ils n’ont que leurs frères et leurs sœurs ici, ils peuvent les poser pour qu’on en discute en paix car ce que nous gérons est très sensible. Personne ne doit être responsable à ce que le PMU tombe. Nous avons tous le devoir moral et patriotique de soutenir ce PMU. Donc ils ont leur partition à jouer, qu’ils ne cèdent pas au chantage et qu’ils ne cèdent pas à la manipulation.

Mediaguinee : Nous voilà au terme de l’interview. Qu’aimeriez-vous ajouter ?

Aly Bangoura : PMU LONAGUI depuis son lancement le 5 août passé, il y a la performance qui est là. Rien que nos locaux, le cadre de travail de Madame la Directrice Générale Aminata Sylla, l’environnement qu’elle a créé rien que pour les travailleurs, tout ça est fait de la volonté de la Directrice Générale à mieux servir ces aimables parieurs et à mieux entretenir ses travailleurs. Mais comme vous le savez, on ne peut pas faire un bilan en 5 mois. Elle est arrivée, elle a pris la LONAGUI qui sortait d’une malversation financière, donc presque l’institution était à terre. Elle est venue, elle a engagé des réformes. Ces reformes, nous attendons que les résultats soient là. Pour le moment, c’est en phase de réforme. Quand il y a la rigueur dans la gestion, il y a certains qui n’approuvent pas ça chez nous. Et c’est la première expérience de la LONAGUI d’exploiter un segment de jeu. Donc il faut la rigueur pour que cela se pérennise, parce que s’il n’y a pas de rigueur, il vaut mieux donner aux Etrangers. Il faut que nous apprenions nous aussi les Guinéens à mieux gérer une entreprise. Et une entreprise, c’est seule la rigueur qui peut la rendre pérenne. 

Interview réalisée par Maciré Camara

 

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