Ansa Diawara du MENA menace les directeurs d’école : ‘’tu vas en grève, on confirme ton adjoint…’’

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 « S’ils veulent aller en grève, qu’ils aillent en grève ».  Voilà la déclaration “amère” du ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (MENA) Alpha Amadou Bano Barry aux responsables d’écoles qui exigent leur prise en compte dans l’opération de paiement des primes d’incitation accordées aux enseignants en situation de classe.  Lors d’un entretien qu’il nous a accordé jeudi à Conakry, le porte-parole du MENA a tenté de justifier cette sortie de son patron.  

“C’est le ministre qui nomme les directeurs d’école.  Si toi tu dis que tu vas en grève, on te dégomme et on nomme un autre à ta place. C’était les enseignants qui pourraient dire nous partons en grève, parce qu’ils sont plus nombreux.  Mais vous qui êtes directeurs, moins nombreux, vous dites on va en grève. Le jour où tu vas en grève, on dit à ton adjoint qu’il est confirmé”

C’est une réaction du ministre Bano Barry qui tombe à un moment où l’intersyndicale FSPE-SNE et le SLECG de Dame Kadiatou Bah se donnent pour mission de faire bénéficier aussi aux responsables d’écoles les primes d’incitation, fruit du protocole d’accord signé le 28 janvier 2020 entre les syndicats et le gouvernement.   

L’intersyndicale estime que ces responsables d’écoles sont les premiers à être présents dans les établissements scolaires et les derniers à quitter. Contrairement aux enseignants qui viennent trois ou quatre fois par semaine pour dispenser les cours.  D’un commun accord, ils menacent de se faire entendre si rien n’est fait.  Mais « s’ils veulent aller en grève, qu’ils aillent en grève », a martelé récemment le ministre Bano BARRY dans un média de la place.

Mohamed Ansa Diawara, porte-parole du MENA, explique le pourquoi de cette sortie. « Pourquoi il leur dit d’aller en grève ? C’est le ministre qui les nomme.  Si toi tu dis que tu vas en grève, on te dégomme et on nomme un autre à ta place. C’était les enseignants qui pourraient dire nous partons en grève, parce qu’ils sont plus nombreux.  Mais vous qui êtes directeurs, moins nombreux, vous dites on va en grève. Le jour où tu vas en grève, on dit à ton adjoint qu’il est confirmé », a-t-il menacé.  

Ce responsable au ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation dit que les directeurs d’école n’ont aucun intérêt à tenir tête à leur chef hiérarchique.  Il leur demande de revenir à de meilleurs sentiments. « Ils doivent se battre pour dire ‘’améliorer nos conditions’’.  Pour cela, ils font des mémos, ils font des rencontres et c’est soutenable.  Mais ce n’est pas le moment de déclencher une quelconque grève.  Surtout que nous venons de faire quatre années consécutives de grèves.  C’est pourquoi je demande aux directeurs d’écoles de savoir raison garder.  Ceux qui peuvent enseigner, ils n’ont qu’à aller en classe… », dit-il.  

Il faut tout de même signaler que chez les responsables syndicaux, cette déclaration du ministre en charge de l’Education nationale est assimilée à une provocation. 

Yamoussa CAMARA

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