Ansoumane Condé sur les difficultés du Hajj 2018 : ‘’le pèlerinage, ça ne veut pas dire le confort’’

Interrogé ce vendredi 10 août sur les raisons de la lenteur dans l’acheminement des pèlerins guinéens vers les lieux saints de l’islam, Ansoumane Condé, président de la commission nationale d’appui à l’organisation des pèlerinages a affirmé que cela est dû au changement du contexte et du dispositif d’organisation depuis l’avènement de la maladie à virus Ebola en Guinée.

 « La Guinée a eu une rupture en 2014-2015 pour cause d’Ebola, entretemps il y a eu des changements dans les opérations. Tout a été informatisé. Ce qui n’était pas le cas avant, au moment où la Guinée quittait en 2013. Ensuite il y a la biométrisation des passeports qui est exigée de plus en plus. Avant cette période, il y avait des passeports papiers qui existaient pour les pèlerins, ce n’était pas des passeports biométriques. Et aussi les principes de règlements financiers ont changé. Quand vous prenez la restauration par exemple, bien avant 2016, la restauration était organisée par les ressortissants des pays amenant les pèlerins, il s’est trouvé que lorsque nous avons repris en 2013, il a été signifié par le Ministère du pèlerinage en Arabie Saoudite que désormais seuls les professionnels saoudiens pouvaient faire la restauration. Voilà un des aspects de difficulté que nous avons là-bas. Nos pèlerins qui vont, il est dans les principes maintenant que ce sont les restaurateurs saoudiens qui doivent avoir les contrats pour nourrir les pèlerins, pas ceux de la Guinée seulement mais ceux de tous les pays. Comment faire ? Les goûts ne sont pas les mêmes, les mets ne sont pas les mêmes, nos façons, nos cultures culinaires ne sont pas les mêmes. Donc déjà même entre nous ici en Guinée, les quatre régions naturelles, on n’a pas les mêmes mets, on n’a pas les mêmes cultures, à plus forte raison quand on va à l’extérieur. Donc il y a cette difficulté et chaque année nous nous battons pour que certains restaurateurs professionnels guinéens puissent être à côté de ces restaurateurs saoudiens pour essayer un peu de répondre aux attentes de nos pèlerins. Mais là aussi quand vous avez 7.500 à nourrir, il est difficile de trouver un type de plat qui convient à tout le monde. Il y a certains qui sont sous régime, ils vont au pèlerinage mais ils sont diabétiques, d’autres ne mangent pas le sel, d’autres le piment… », explique le président de la commission nationale des pèlerinages.

Abordant ensuite les conditions de voyages, il ajoute que le pèlerinage n’est pas synonyme de confort. « Le détail du pèlerinage c’est très difficile à gérer et très compliqué, parce que vous avez une diversité multiple par rapport aux origines des pèlerins, aux coutumes des pèlerins, aux habitudes des pèlerins. Quand vous êtes habitué à votre lit là-bas, le pèlerinage ça ne veut pas dire le confort, vous devez vous coucher à même le sol, parce que le pèlerinage, ça veut dire de passer sur les traces du prophète (paix et salut sur lui). Eux ils se sont couchés à terre. Aujourd’hui, nous sommes dans les véhicules climatisés. Quand tu mets un pèlerin aujourd’hui dans un véhicule qui n’a pas de climatiseur il crie. Alors que les autres faisaient à pied ou à chameau sous le soleil. Aujourd’hui, nous sommes sous les tentes ou d’ailleurs ces derniers temps on cherche même à climatiser ces tentes pour emmener un certain confort aux pèlerins, mais ce n’était pas ça avant. Il faut d’abord que mentalement, dans la tête, qu’on sache pourquoi on va au pèlerinage. Est-ce qu’on va en visite touristique en Arabie Saoudite ou bien on va au Hajj ? Le Hajj ça veut dire que tu vas pour absoudre tes péchés. Il y a certaines difficultés ça commence et c’est diversement reparti, il y a certains qui déroulent leurs pèlerinages sans aucun problème, il y a d’autres qui tombent malades ici, il y a d’autres quand on arrive là-bas ils tombent malades jusqu’à la fin du pèlerinage, ils sont à l’hôpital. Donc il y a beaucoup de détails qu’on ne peut pas vous donner », estime le ministre conseiller à la Présidence Ansoumane Condé.

Comme pour terminer, il  a annoncé que dès l’année prochaine, des dispositions seront prises pour de meilleures conditions de voyage des pèlerins.

Maciré Soriba Camara

+224 628 112 098

 

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