Appel au dialogue du Premier ministre: « c’est venu tard » (Mamadou Sylla, UDG)

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L’appel au dialogue lancé lundi par le Premier ministre ne laisse pas indifférents les partis politiques et acteurs de la société civile. C’est le cas de Mamadou Sylla, président de l’UDG qui, dans une interview qu’il a accordée hier mardi 21 juin à Mediaguinee, a déclaré que cet appel arrivait tardivement. 

Alors que la CORED, qu’il préside, avait au lendemain du coup d’État du 5 septembre, adressé un courrier au gouvernement et au CNRD pour demander un retour à la table de discussion et faire des propositions sur la durée de la transition, Mamadou Sylla estime que la Guinée aura perdu neuf (9) mois pour rien.

« Je pense que ce n’était pas compliqué. On a perdu neuf (9) mois pour rien avec toutes les tensions qui ont été créées, on devait faire ça avant aujourd’hui. Neuf mois, on allait peut-être même commencer à trouver une échéance pour les élections. Parce que quand on voit toutes les institutions et structures de l’État à terre, il faut tout recommencer à zéro. Aujourd’hui à part les communes auxquelles il reste quelques mois puisque ça finit en février prochain, c’est les seules structures aujourd’hui qui sont légales. Après que l’assemblée après le coup d’État ait été dissoute par les militaires, on n’a ni député aujourd’hui, on n’a pas d’hémicycle, il y a beaucoup de choses qui manquent . Alors si on doit commencer d’abord le référendum, faire les élections communales , faire aussi les législatives et après arriver aux présidentielles , ça veut dire qu’il y a beaucoup d’échéances devant nous, au moins quatre. Donc neuf mois, on allait peut-être finir deux comme ça sans problème. C’est venu tard, mais comme on dit, il n’est jamais tard pour faire le bien », a-t-il estimé.

Interrogé sur une quelconque possibilité de sursis de la manifestation du FNDC suite à cette main tendue du Premier ministre, Mamadou Sylla dit attendre de reçevoir les lettres d’invitation avant d’envisager un sursis à cette manifestation du 23 juin prochain.

« On est en train de se concerter c’est vrai. Vous savez il y a beaucoup de groupes. Il y a trois grands groupes, je veux parler de la CORED, de l’ANAD et l’UFR. Nous et le FNDC on est dans le même esprit. Donc on est en train de se concerter par rapport à la déclaration que le Premier ministre a tenu à savoir un dialogue sincère et franc et nous. Moi je pensais qu’aujourdhui avant midi j’allais recevoir la lettre de la CORED que je préside mais je souhaite qu’ils fassent tout pour que d’aujourd’hui jusqu’à demain toutes ces lettres là, c’est-à-dire que la déclaration puisse aller avec des actes. Je pense qu’avec ça, on verra en ce moment s’il faut accorder un temps pour voir la main tendue. Que la main soit propre, que ce soit pas une main noire qu’on nous a tendue, et voir la sincérité de ce qu’ils ont déclaré. Et vous savez même en matière de syndicalisme on dit on suspend la grève, on dit pas qu’on lève la grève. Donc c’est possible qu’un sursis soit envisagé entre nous et pourquoi pas donner un petit temps pour que le dialogue puisse démarrer », dira-t-il.

Maciré Camara

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