Conakry- Après des années de relations intimes, un vieux et son amante s’affrontent au tribunal : l’un accuse l’autre de lui avoir extorqué 184 000€


L’histoire se déroule entre Conakry et Paris. C’est une affaire qui a connu assez de soubresauts et de débats houleux entre les deux parties. Après des années de relations intimes, Soriba, septuagénaire et Adama s’affrontent devant un tribunal de Conakry pour abus de confiance.

Accusée de faits d’abus de confiance par Soriba, son ex-mant, qui l’accuse de lui avoir extorqué le montant de 184 000 euros [plus d’un milliard 700 millions francs guinéens], le procès de dame Adama s’est de nouveau tenu ce mardi 26 avril 2022 devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Après de nombreux renvois, faute de témoin, Makan Cissoko, le témoin cité par les deux parties est finalement comparu à la barre. 
Si à la première audience, le plaignant Soriba Camara avait déclaré avoir remis successivement par le biais de M.C [le nom protégé pour raisons évidentes] des sommes de 1000, 3000 et 15000 euros à Adama jusqu’à l’accumulation du montant total de 184 000 euros devant être placé dans un compte bloqué à terme, ni Adama, ni M.C ne reconnaissent avoir reçu pareil montant.

« Je ne me souviens pas d’avoir reçu de gros montants car je travaille pour une agence de transfert d’argent et je reçois beaucoup de clients par jour. Je me rappelle juste avoir reçu une fois la somme de 1000 euros et après ça c’est les petits montants de 100 euro, 50 euros, 200, 300 et 400 euros. Mais 3000 euros et 15000 euros, je ne me souviens pas », a déclaré le témoin jusqu’à ce que lui soit présentée la copie d’une liste de transactions envoyée à partir de son téléphone à Soriba. Puis reconnaissant avoir effectivement transmis la liste de ces transactions à la partie civile, M.C admet n’avoir reçu qu’une seule fois le montant de 15000 euros qu’il aurait remis à dame Adama.

« Non pas du tout, s’écrit Soriba. À l’époque Adama était avec moi à Paris et c’est ensemble que nous sommes allés chez les Djakankés pour faire la transaction et envoyer l’argent à une certaine Madame Diallo qui travaille avec elle. Et le lendemain, nous avons envoyé encore 15000 euros. Je n’ai pas les reçus parce que c’est elle qui les a gardés ».
À la question de savoir s’il détenait les registres de toutes ses transactions afin de prouver la véracité des propos de chacun. M.C a déclaré les avoir brûlés. Un acte considéré comme une mauvaise foi par le président du tribunal, le ministère public et la défense qui ont aussitôt déduit que le témoin aurait été convoqué par Soriba lui demandant de fabriquer des preuves pour enfoncer dame Adama. 
Finalement, après les plaidoiries et réquisitoire, la partie civile a sollicité la condamnation de dame Adama au paiement des 184 000 euros et la somme de 200 millions de francs guinéens pour toute cause de préjudices confondus. Pour sa part, le ministère public, après avoir établi les relations intimes entre dame Adam et Soriba, a classé ce dossier sans suite et estimé que les faits d’abus de confiance ne sont pas fondés. Alors il a demandé que dame Adama soit renvoyée des fins de la poursuite. La défense quant à elle, a demandé la relaxe pure et simple de sa cliente et réclame la somme de 1 milliard de francs guinéens pour l’ensemble des humiliations subies.
En attendant le verdict du tribunal, l’affaire a été renvoyée en délibéré le 17 mai prochain.
Maciré Camara

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