Attaque du domicile du col. Amara Camara (CMIS n°21) : « ils ont pris mes bijoux et 50 millions… »

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Le domicile du colonel Amara Camara, commandant de la CMIS N°21, aurait reçu la visite des hommes en uniforme dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 octobre aux environs de 4 heures du matin. Hier lundi 11 septembre 2021, notre rédaction s’est rendue dans la famille du Colonel à Yimbaya-Tannerie, dans le secteur 4, pour recueillir des témoignages.

C’est Yalikha Touré, la 2ème épouse du colonel Amara Camara, qui aurait été la première personne à avoir reçu la visité des hommes en uniforme. Elle  est revenue sur la scène en ces termes : « ils sont venus taper à la porte. Je pensais que c’est mon mari qui tapait. D’habitude, si c’est mon mari, quand je demande c’est qui, il ne parle pas. Donc je suis habitué à cela. Quand ils ont tapé à la porte plus de 4 fois, je n’ai pas ouvert, ils m’ont dit ‘’madame, si vous n’ouvrez pas la porte, nous allons tirer’’. Je leur ai dit de tirer. J’ai entendu le bruit de l’arme. J’ai eu peur, je me suis levée et j’ai ouvert la porte…Je suis rentrée en courant, ils m’ont suivie. Ils m’ont demandé de sortir, je suis sortie. Ils m’ont dit ‘’où est votre mari?’’ Je leur ai dit que je n’ai pas vu mon mari, il ne dort pas ici, il dort au service. Ils ont alors dit qu’ils vont fouiller la maison. Je leur ai dit qu’il n’y a pas de problème. Ils ont fouillé dans toutes les chambres, même sous les lits. Ils ont braqué une arme sur moi, ils m’ont demandé d’ouvrir la porte de la chambre de mon mari. Je leur ai dit que je suis une femme et que je ne peux pas ouvrir la porte. Ils étaient au nombre de 6 personnes, ils ont braqué leur arme vers la porte, ils m’ont dit ‘’madame on va aller dans ta chambre’’. On est rentré dans ma chambre…Après on est ressorti  dehors. Ils ont offensé la porte de la chambre de mon mari. Ils sont rentrés, ils ont fouillé partout, ils ont créé le désordre dans la chambre.  Ceux qui étaient rentrés dans la chambre, nous nous sommes croisés au salon, ils m’ont dit qu’ils ont fouillé dans toutes les chambres mais qu’ils n’ont rien pris chez moi. Je leur ai dit que moi je ne sais pas s’ils ont pris quelque chose ou pas. Ils m’ont demandé la destination de mon mari, je leur ai dit que je ne connais pas sa destination, ils m’ont dit qu’on va aller chez l’autre dame. Arrivés chez ma coépouse, là  aussi, ils ont tapé à la porte, elle a refusé d’ouvrir la porte. Ils lui ont dit  » madame, si vous n’ouvrez pas la porte, nous allons tirer.’’ Moi j’ai eu peur. C’est ainsi que j’ai demandé à Diariou d’ouvrir la porte puisque les enfants sont couchés. Elle a dit que la belle-mère a fermé la porte et qu’elle est allée à la prière.  Ils nous ont demandé là où la vieille est allée prier. Je leur ai dit que la vieille est partie prier à la mosquée. Nous sommes allés la chercher. Quand nous sommes sortis sur le goudron, j’ai vu qu’ils étaient nombreux. Arrivés, ils ont fait sortir la vieille de la mosquée. La vieille leur a demandé ce qui n’allait pas ? Ils lui ont dit qu’ils sont venus chercher son fils? Elle leur a  demandé si c’est à 4 heures qu’ils sont venus chercher son fils? Elle leur a demandé ce qu’il avait fait ? Ils lui ont répondu qu’ils travaillent ensemble. Ils sont rentrés chez ma coépouse, ils ont fait leur volonté. », a-t-elle expliqué. 

Diariou Barry, première femme du colonel Amara Camara, dans son témoignage, a dit qu’ils ont aussi fouillé dans toutes les chambres, tout en précisant qu’ils n’ont fait du mal à personne. « Ils n’ont blessé personne, ils n’ont frappé personne, ils ont juste fouillé la maison, ils ont pris ce qu’ils avaient à prendre. Ils ne nous ont rien dit par rapport à ce que mon mari a fait pour qu’ils viennent le chercher à pareille heure. », a-t-elle ajouté. 

Quant à la maman du colonel Amara Camara, elle a demandé au colonel Mamadi Doumbouya, président de la République, de prendre des dispositions pour éviter le pire un jour. « Ils ont pris mes bijoux et une somme de cinquante millions que mon fils m’a envoyée pour assister son grand frère Amara qui est en train de construire. Nous disons au Colonel que ce que ses hommes  ont commencé là, ils veulent saboter son travail. S’ils continuent comme ça, ils vont le salir. Il est venu au pouvoir pour soulager les pauvres. Si le colonel ne prend pas ses dispositions, nous allons perdre confiance en lui. Pour ce qui s’est passé, jusqu’à présent, nous estimons que le Colonel n’a rien à voir dedans. Mais nous lui demandons de prendre ses responsabilités. », a-t-elle demandé.

Christine Finda Kamano

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