Au Mali, 24 soldats tués après une attaque imputée aux djihadistes

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Un convoi militaire a été la cible d’un assaut mené dimanche près de Diabaly, dans le centre du pays.

Vingt-quatre soldats maliens ont été tués dimanche 14 juin après une attaque imputée aux djihadistes dans le centre du Mali en guerre, a annoncé lundi l’armée malienne. L’armée ne dit rien sur d’éventuels disparus, se contentant d’évoquer huit rescapés. Il s’agit de la dernière attaque en date des opérations meurtrières attribuées aux djihadistes contre les forces armées du Mali, mais aussi des pays voisins. Elles ont causé la mort de centaines de militaires au cours des derniers mois.

Un convoi militaire composé d’une douzaine de véhicules a été attaqué dimanche dans la localité de Bouka Weré, au sud-est de Diabaly, à une centaine de kilomètres de la frontière mauritanienne, avait plus tôt rapporté un responsable militaire sous le couvert de l’anonymat. Des responsables militaires avaient expliqué qu’une quarantaine de soldats avaient été tués ou manquaient à l’appel.

Crise multiforme

Le Mali est en proie depuis 2012 à une crise profonde et multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale à l’Etat malien et l’intervention de forces onusiennes, africaines et françaises.

Si un accord de paix a été signé en 2015 avec les ex-rebelles séparatistes du Nord, le pays reste en proie aux violences des groupes djihadistes liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, aux tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes djihadistes, et aux trafics de toutes sortes. L’autorité de l’Etat ne s’exerce plus que sur des parties du vaste territoire.

Les violences parties du nord du Mali en 2012 se sont propagées au centre du pays, ainsi qu’au Niger et au Burkina Faso voisins.

Depuis que des groupes armés se proclamant djihadistes pour certains y ont pris pied en 2015, le centre du Mali est le théâtre d’exactions en tous genres : attaques contre le peu qu’il reste de l’Etat, massacres de villageois, règlements de comptes et actes crapuleux.

Sérieuse contestation

Ces groupes, au premier rang desquels la katiba Macina du prédicateur peul Amadou Koufa, affiliée à Al-Qaida, ont prospéré sur les anciens antagonismes liés à la terre, entre éleveurs et agriculteurs, entre ethnies et au sein même de ces communautés. La katiba Macina recrute largement parmi les Peuls, tandis que les ethnies Bambara et Dogon ont créé leurs propres « groupes d’autodéfense ».

L’Etat malien tente tant bien que mal, avec le soutien de ses alliés, de mener de front le combat militaire et l’action politique, indispensable à une sortie de crise de l’avis général. Le président Ibrahim Boubacar Keïta est cependant confronté à une sérieuse contestation intérieure depuis les législatives de mars-avril, à un moment délicat de l’engagement international au Sahel.

Il a tendu la main dimanche à la coalition hétéroclite de chefs religieux, d’hommes politiques et de la société civile qui a fait descendre dans la rue des dizaines de Maliens le 5 juin pour réclamer sa démission, et qui appelle à nouveau à manifester vendredi.

Devant la dégradation de la situation sécuritaire, le président malien a reconnu en février chercher à dialoguer avec certains djihadistes, rompant avec la ligne directrice suivie jusqu’alors officiellement. Rien n’est venu indiquer depuis lors que ces ouvertures se seraient concrétisées.

Le Monde avec AFP

 

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