Au Nigeria, un chanteur condamné à mort pour « blasphème »

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Yahaya Aminu Sharif était jugé par un tribunal islamique du nord du pays pour avoir insulté le prophète Mohammed dans l’une de ses chansons.

Un tribunal islamique du nord du Nigeria a condamné à mort un musicien accusé de « blasphème », ont annoncé les autorités judiciaires de la ville de Kano, lundi 10 août. Yahaya Aminu Sharif était poursuivi pour avoir insulté le prophète Mohammed dans l’une de ses chansons, a déclaré à l’AFP Baba-Jibo Ibrahim, le porte-parole des autorités judiciaires locales. Le chanteur a été condamné à la pendaison.

La ville de Kano avait été agitée par des manifestations après la diffusion sur les réseaux sociaux de la chanson à l’origine de cette condamnation. Les manifestants avaient mis le feu à la maison familiale de M. Sharif et avaient défilé dans les rues de la ville pour réclamer son arrestation. Le procès s’est déroulé à huis clos et l’accusé « a plaidé coupable », rapporte Baba-Jibo Ibrahim, qui assure que le chanteur a pu recevoir un conseil juridique.

C’est la deuxième fois qu’une peine de mort est prononcée pour blasphème depuis que plusieurs états du nord du Nigeria ont adopté une version stricte de la charia, au début des années 2000. Abdul Nyass, un religieux appartenant à la même confrérie soufie que M. Sharif, avait déjà été condamné à mort pour « blasphème » par une cour islamique de Kano en 2015.

Les tribunaux islamiques du nord du Nigeria fonctionnent en parallèle du système judiciaire étatique. Ils ont déjà prononcé des condamnations à mort pour adultère, meurtre ou homosexualité, sans qu’aucune exécution n’ait eu lieu jusque-là.

Le Monde avec AFP

 

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