Audiences criminelles au TPI de N’zérékoré : de lourdes peines prononcées contre 4 personnes

Print Friendly, PDF & Email

Le tribunal de première instance de N’zérékoré a repris ce jeudi ses audiences criminelles. Au rôle, étaient inscrits 4 dossiers. Il s’agit des cas de viol sur mineure, de tentative de viol, d’assassinat et de complicité d’assassinat.

C’est par l’affaire d’assassinat à bout portant à l’aide d’un calibre 12  survenu à Geuasso en décembre 2020 que les audiences ont démarré. A la barre, le frère de la victime est longuement revenu sur les circonstances de la mort de son frère. « C’est le nommé Lancéï qui a tiré sur mon frère à l’aide de son fusil de chasse. Ce dernier a rendu l’âme plus tard à l’hôpital régional de N’zérékoré », dit-il.

À son tour, l’accusé a réfuté les accusations de la partie civile, en précisant que « sa femme qui aurait reconnu que c’est lui l’auteur du meurtre a été séquestrée et violentée » par les autorités locales. Pour lui, il ne possède pas de calibre 12.

Dans le deuxième dossier dont les faits se sont produits à Foumbadou en 2017, toujours dans la préfecture de Lola, ce sont deux personnes dont dame Massona Camara  qui ont fait noyer un jeune garçon et le tuer dans un marigot pour devenir riches.

A la barre, la nommée Massona a reconnu les faits sans ambages, avant de revenir sur la scène en ces termes : « moi, je vends du miel au village. C’est le monsieur qui est venu me dire que je peux avoir beaucoup de clients à travers un féticheur. Arrivée là-bas, le féticheur m’a donné des trucs et par la suite il m’a demandé d’envoyer la paume d’un cadavre au cimetière. J’ai désisté, car j’ai eu trop peur. Mais sur le coup, il m’a donné quelque chose pour mettre sur mon corps. C’est comme ça nous sommes partis. Et je ne me contrôlais plus. Et il m’a demandé de payer 500 mille, mais j’ai payé 350 mille.  C’est après qu’il m’a demandé de tuer un enfant et lui envoyer sa salive. Pendant tout ce temps, moi j’étais enceinte. Comme il avait donné un délai pour le dernier sacrifice, le nommé Kourouma ne faisait que m’appeler le jour du délai.  Ce jour, j’ai envoyé l’enfant que j’ai adopté pour aller prendre mon téléphone à la charge. Mais comme le propriétaire du télé-centre n’a pas accepté de donner mon appareil, je suis allée chercher moi-même. En cours de route, il ne faisait que m’appeler. Que de venir pour qu’on aille, que le féticheur nous attend.  C’est comme ça, nous avons continué avec l’enfant. Arrivés au niveau d’un marigot, il a demandé de passer à l’acte. Nous avons pris les pieds de l’enfant  et nous l’avons jeté dans le marigot. Et lorsque que l’enfant s’est battu pour sortir de l’eau, il a encore envoyé son pied dans l’eau. C’est comme ça que la scène s’est passée », raconte la dame en pleurs.

Gonmou Kourouma, pour sa part, n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés.

Après la réquisition du procureur Aboubacar Sidiki Kanté et les plaidoiries de la défense, le tribunal a condamné le nommé Gonmou Kourouma à 30 de prison ferme, et la dame Massona Camara à 20 de réclusion criminelle. Et le féticheur Foumba Bayo qui s’est échappé, a lui été condamné à la peine criminelle à perpétuité. 

Dans le premier dossier, le nommé Lancéï, accusé d’assassinat, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

A la sortie de la salle, le procureur de la république près le tribunal de première instance de N’zérékoré, Aboubacar Sidiki Kanté, s’est réjoui des peines prononcées. « Nous sommes vraiment d’accord avec les peines prononcées. Le tribunal nous a suivis dans les faits d’inculpations. Ils ont eu la peine qu’il fallait, même si ce que nous avons requis n’a pas été totalement pris en compte. Le tribunal est avant tout souverain dans ses décisions. », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, Aboubacar Sidiki Kanté pense que ces condamnations pourront dissuader d’autres criminels à ne pas commettre les mêmes crimes.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’zérékoré.

Tel: 621- 94 -17-77

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.