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Tribune

Aux Hommes de médias de mon pays (Dorah Aboubacar KOITA)

Chers amis de la Presse Nationale,

Peut être que 5 ans d’amitié et de collaboration avec vous, n’est certainement pas suffisantes pour faire un jugement ou donner une appréciation sur tout ce que vous abattez comme Travail certes, mais ça semble d’acquis, d’utilité et de devoir, de rappeler très modestement à mes frères et sœurs dans la profession du Journalisme et avec tout le respect et l’estime voire l’affection qu’ils méritent, le sens profond du contrat social qui les lie à leurs lecteurs, à leurs auditeurs et à leurs téléspectateurs.

Au tréfonds de moi, j’apprécie à leur juste valeur les efforts et les sacrifices consentis par tous ces hommes et toutes ces femmes de la plume, du micro et de la caméra, pour contribuer quotidiennement à l’animation de la presse nationale. Avec certes des aptitudes, des habitudes et des attitudes professionnelles, mais avec aussi beaucoup d’insuffisances, de faiblesses, de manquements, de dérapages et de dérives. L’intention ici, ce n’est pas forcément de donner une leçon de morale ; mais de rappeler tout simplement à certains acteurs et actrices des médias, ceux et celles par qui les informations transitent (en termes de collecte, de traitement et de diffusion), les devoirs sacrés de la profession de Journalisme et surtout en temps de crises et conflits.

Pour beaucoup d’observateurs aujourd’hui , certains journalistes guinéens (s’ils le sont réellement) ont beaucoup à apprendre et à faire ! Ils sont suspectés de manque d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, financiers et autres. Suspectés alors de connivence avec ces pouvoirs, ces journalistes n’assument pas un journalisme techniquement et moralement bien exercé, c’est à dire basé sur la maîtrise et le respect de « l’Ethique et de la déontologie ». Ils ignorent que le journalisme est « une profession qui s’exerce dans un cadre normatif, avec des garde-fous et des balises » qui indiquent les zones et les frontières à ne pas franchir, pour non seulement éviter les dérapages et les dérives, mais surtout pour exercer le métier avec noblesse et beauté.

Le comble, c’est que ces ‘’journalistes’’ font fi dans leurs productions et prestations, par ignorance peut-être, des règles fondamentales mêmes du journalisme. En effet, ce n’est un secret pour personne, cette catégorie de journalistes sombre facilement dans la manipulation, la diffamation et parfois dans le communautarisme , si elle n’est pas tout simplement aux ordres de telle ou telle chapelle. Ignorer ou méconnaître les principes déontologiques et les valeurs éthiques qui sont des repères cardinaux auxquels le journaliste doit toujours se référer et se soumettre, s’il a vocation bien sûr à être ou à rester un vrai professionnel de la pratique journalistique, c’est courir le risque de perdre la boussole. Car ces principes et ces valeurs sont indispensables au journaliste pour assumer ses rôles et missions avec professionnalisme.

L’éthique interdit au journaliste « la ruine de l’âme », de par sa capacité de force morale. Elle lui confère une aptitude purificatrice de sa personnalité ; elle lui confère également une habitude et une attitude à lutter contre les bassesses qui ne grandissent pas sa profession. Elle cultive en lui les bons réflexes du savoir-vivre et du savoir-être.

Ce sont les valeurs éthiques qui permettent au journaliste d’humaniser sa vie, son personnage, sa conscience sociale, son caractère et sa conduite. Elles lui permettent également de se valoriser moralement en ayant des repères de la vie honnête et intègre, de la foi et de la loyauté en sa profession qui est le journalisme. Moulé dans ces valeurs éthiques, le journaliste évite le triste chemin de la vulgarité, des comportements susceptibles de ternir sa propre image et la réputation de sa profession. Il se forge alors une personnalité, des principes, de l’humilité, de la modestie, de l’autonomie d’être, de penser et d’agir au mieux. Perméable dès lors à la critique, toujours prêt à se remettre en cause, le journaliste respectueux des valeurs éthiques, développe alors en lui, des aptitudes de reconnaissance aussi de l’autre dans son droit, dans sa liberté de penser, d’agir et de faire.

L’éthique du journaliste est fondée sur une démarche intérieure, mais elle doit pouvoir s’extérioriser selon les règles de la bonne conduite et les exigences morales qui servent de repères dans la société, en termes de vertus, de valeurs et de crédibilité et non en termes d’arrogance, de nuisibilité, d’inutilité et de déchéance. La boussole éthique éloigne le journaliste des pratiques peu recommandables comme la vie dévergondée, la malhonnêteté, le complexe de suffisance ou de supra supériorité, la diffusion de fausses nouvelles, le mensonge, le communautarisme …

Donc, il est de l’intérêt du journaliste et de la grandeur de sa profession de se conformer au code éthique, en tant qu’être humain, en tant qu’élément de la société, société régie par des principes moraux et des valeurs sociétales.

Mais il reste entendu qu’à chaque société ses valeurs et ses tares! Ce faisant, l’éthique peut fortement varier en fonction des milieux et des cultures; tout comme le savoir-être et le savoir-vivre qui sont fonction des normes morales sociétales.

Et comme vous le devinez aisément, un journaliste dans un état de déchéance morale, est rarement à la hauteur de productions crédibles et fiables.

Les piliers normatifs du journalisme

Quant à la déontologie du journaliste, elle repose sur son « savoir-faire », en termes de maîtrise des principes qui encadrent la profession, en termes d’appropriation des fondamentaux qui balisent la profession et qui sont entre autres : des valeurs de vérité, d’exactitude, de rigueur, d’impartialité, de discernement, d’indépendance, de bonne foi, de transparence, de vérification de l’information, d’intérêt du public, de protection des sources d’information, de respect de la vie privée…qui constituent les « piliers normatifs du journalisme ».

Si dans sa pratique, le journaliste fait fi des règles déontologiques qui encadrent sa profession et qui se déclinent en droits, devoirs et obligations, il sera inévitablement sujet à des désagréments multiples et multiformes, susceptibles d’entraîner une perte de confiance de la part du public.

Malheureusement, le constat aujourd’hui est que ces principes déontologiques et ces valeurs éthiques du journalisme ne sont pas toujours respectés et partagés ! Et pour cause, le corps médiatique guinéen subit de nos jours trois contraintes majeures :

1.Une contrainte qu’impose la société de consommation qui amène le corps médiatique à développer une presse mercantile qui se nourrit de scoops, de sensations et de sensationnels ;

2.Une contrainte liée aux instances dirigeantes du corps médiatique qui ne manquent pas quelque fois d’entretenir d’étroites liaisons ou rapports avec certains pouvoirs ou forces;

3.Et enfin une contrainte du fait du praticien lui-même.

Pour étayer la dernière contrainte, celle liée au praticien lui-même, il importe de reconnaître que le journaliste Guinéen est aujourd’hui tiraillé entre les exigences de sa propre survie, de la survie de son organe et le souci de préserver la dignité de sa profession. Il est tiraillé entre son devoir d’informer et le risque d’être victime de manipulation ou de servir de propagandiste. Il est tiraillé enfin, entre ce qui est vérité en son âme et conscience et le risque de se retrancher derrière des instructions pour des raisons souvent alimentaires.

Savoir se positionner pour mériter la confiance

Mais qu’à cela ne tienne, « on ne choisit pas d’être journaliste et on ne devient pas journaliste par hasard ! ». De grace donc, Chers frères et sœurs dans cette noble profession, ne donnez pas raison à ceux qui se demandent, avec humour « pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ».

Alors, chers frères et sœurs journalistes, sachez en tout temps et en tout lieu et quelles que soient les pressions, rester des reporters et non des supporters de telle ou telle chapelle ou despote-voix des rumeurs et des vendeurs d’illusions peu recommandables et à moralité douteuse.

Éviter à tout prix l’apologie de la violence, de la division ethnique et communautaire surtout en cette période très critique et difficile de notre histoire commune.

En espérant que vous saurez vous positionner en vecteurs d’informations à même de renforcer les connaissances, d’éclairer les consciences, de corriger les idées préconçues et de contribuer à promouvoir des changements sociaux positifs pour la création d’un environnement global plus favorable à l’expression de la démocratie et d’une liberté de la presse bien assumée, je vous prie d’agréer,  chers journalistes,  l’expression de ma haute considération.

Votre frère et ami / Dorah Aboubacar KOITA

Président National de la Jeunesse CEDEAO GUINÉE

Activiste de la Société Civile Guinéenne

aboukoita@gmail.com

00224-628020209

 

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