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Tribune

Avis relatif aux crises sociales et possible augmentation du prix du carburant (Par Association Guinéenne des Economistes)

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Après plusieurs semaines de suspension des cours dans les institutions d’enseignement scolaire sur l’ensemble du territoire de la République de Guinée, la grève des enseignants a connu un dénouement heureux suite aux engagements financiers pris par le Gouvernement.

Nous saluons les efforts budgétaires du gouvernement qui ont permis de résoudre la crise des enseignants relative à l’augmentation des salaires de la corporation.

Cette augmentation des salaires accordée à l’ensemble des agents de l’Etat va considérablement augmenter le niveau des dépenses publiques  si d’importants ajustements budgétaires ne sont pas réalisés.

Les coupures annoncées sur les dotations de l’ensemble des institutions et départements y compris la Présidence de la République ainsi que les coupes budgétaires sur les subventions accordées aux EPAs et EPICs sont des mesures de politique publique à saluer.

Ces ajustements budgétaires de grandes ampleurs nécessitent une évaluation approfondie des dépenses et recettes publiques.

Cependant , les mesures proposées par le Ministre du Budget en date du Mercredi 14 mars 2018 sur les ondes de RFI et France 24 concernant une possible révision à la hausse des prix du carburant à la pompe et des délestages dans la distribution de l’électricité due à la baisse des subvention à l’EDG ne nous semble pas appropriées à court terme car ces mesures pourront compromettre les acquis sociaux du Gouvernement en faveur des populations et générer de graves tensions inutiles dans la cité .

La décision d’augmenter le prix du carburant à la pompe est une solution parmi tant d’autres à la disposition des autorités budgétaires pour faire face à cet effort budgétaire du côté des dépenses ; mais l’opportunité de la décision au vu des réactions de l’opinion et des acteurs avertis souvent faites avec passion nécessitent un report de sa mise en œuvre.

Pour cette raison, nous souhaitons que les réflexions soient d’avantages orientées vers les mesures suivantes :

-Approfondir l’analyse de la situation actuelle des recettes et des dépenses publiques ;

-Revoir avec plus de lucidité les lignes des dépenses de fonctionnement ;

-Agir davantage  sur les dépenses de subventions et transferts non essentielles ;

-Intégrer dans le budget les recettes des structures étatiques non encore budgétisées ;

-Donner plus d’assurance sur la qualité de la gestion future à travers la publication des résultats d’audits et d’inspections récemment effectués ainsi que les sanctions de tout agent coupable de malversation financière ;

-Lutter contre l’inflation institutionnelle qui entraine trop de gaspillage de ressources humaines et financières ;

– Réaliser une étude approfondie de l’assiette fiscale que nous estimons largement sous-évaluée  par exemple les impôts fonciers ;

-Augmenter les taxes sur les produits de luxe importés ayant très peu d’incidence sur le pouvoir d’achat des populations défavorisées tel que l’alcool et la cigarette ;

-Renforcer le contrôle citoyen sur l’exécution budgétaire à travers la disponibilité des données ;

-Prendre en compte la demande sociale en matière de transport public pour annuler l’impact de l’augmentation du prix du carburant sur les populations à revenu modeste.

-Conscients des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des réformes budgétaires du fait de leur complexité, nous invitons vivement l’ensemble des acteurs à tenir compte du contexte économique et social, du niveau de croissance de notre économie dans la formulation des revendications légitimes. C’est une condition de stabilité et de paix dans notre pays.

Ces mesures, nous espérons, seront déterminantes pour l’instauration d’un dialogue franc et sincère entre les acteurs concernés par l’amélioration de la qualité de la gestion de nos finances et convaincre les contribuables du bien-fondé d’une augmentation des prix du carburant à la pompe : car il faut avoir le courage de le dire celle-ci peut être une des mesures à envisager à moyen terme.

Ne perdons jamais de vue qu’il n’y a pas de bonheur et de prospérité pour tous sans une forte croissance et une justice sociale ; mais une croissance forte exige plus de stabilité et de paix, à nous Guinéens de décider de quel avenir nous voulons.

Conakry,  le 26 juin 2018

Par la voix de son président, Mamady Condé

associationguieco@gmail.com

628364286

 

 

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1 Comment

1 Comment

  1. Mamadou Ibrahim sadou diallo

    26 juin 2018 at 16 h 23 min

    Mrs son excellence le président mamady,laissé moi vous demandez dans une courte phrase.pourquoi depuis; quant il ya une crise qui soit
    d’ordre économique,sociale ou politique en guinee c’est seulement les pauvres citoyens qui paient les conséquences,vous projectez toujours réduire le niveau de vie des guinéens penssant qu’il n’y a solution de sortir de crise vers se sens, Pourquoi toujours ça ?

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