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Ballon d’or : le sixième de Messi et le blèsement africain (Par Moïse Sidibé)

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La désignation du Ballon d’or ou du meilleur footballeur est, de temps en temps, inique et arbitraire.

En 1999, les dirigeants de la FIFA avaient voulu savoir qui ils voulaient qui soit le meilleur footballeur du XX ème siècle. Cela avait donné l’occasion d’assister à un débat tranchant de générations à l’échelle planétaire. Dans ce débat, il y avait trois générations en présence: celle des Pathé Diallo, la mienne et celle des jeunes journalistes sportifs actuels.

La FIFA avait mis en compétition Pelé, Maradona, Beckenbaueur, Platini et d’autres, parmi lesquels Lev Yachine, le gardien russe, et le seul goal-man à avoir un Ballon d’or.

Y avait-il de la subjectivité contre l’objectivité, comme nous allons le voir:

Pour les Allemands, en majorité, comme Lothar Matthäus, qu’on considère personnellement comme le meilleur footballeur Allemand jusqu’à présent, c’est Beckenbauauer. Chauvinisme quand tu nous tient ! Pour les Français, c’est naturellement Platini. Seul le magicien du dribble Zinedine Zidane a vu Maradona. Pour les Italiens, c’est également autre chose, seul Roberto Baggio, alors meilleur joueur d’Italie, c’est Maradona. Lors de la Coupe du monde en Italie, en 1990, c’est-à-dire 9 ans auparavant et avant le match qui sera fatidique à Maradona, répondant à une question de RFI sur l’issue de la rencontre Italie-Argentine, Baggio disait, en substance: On est chez nous, sur notre terrain, on a le public, mais il ne faut pas oublier que dans l’autre camp il y a Maradona, c’est le plus fort du monde », il avait su bien le dire…

Malgré tout, la FIFA avait octroyé le titre de meilleur joueur du siècle à Pelé, cela avait fait du bruit. Maradona frustré et offusqué, avait quitté les lieux. La FIFA a organisé un autre vote sur internet, Pelé avait assisté au sacre de Maradona par les internautes. La génération internet et l’ancienne se voyaient, comme on l’a vu, en chiens de faïences.

En dehors de ce conflit des générations, on avait écrit: »Celui qui réussit les exploits de l’antiquité aux temps modernes est( plus valeureux que celui qui les a réussis dans l’antiquité ». C’est vrai que Pelé a réussi les choses que personne ne peut plus égaler, mais le football était à l’état primaire avec les défenseurs nominaux arthritiques, contrairement aux défenseurs modernes rapides et polyvalents.

Mais qu’à cela ne tienne chez Pathé Diallo, mon grand et illustre ami à tout jamais, soit dit en passant pour le rappeler à la mémoire de ceux qui l’ont connu, il y avait chez lui non seulement de l’entichement pour le Brésil, mais aussi du mépris pour le temps des autres, bien qu’il vit et fume dans ce temps. Il disait que même si le Syli joue contre le Brésil, il serait brésilien. Il y a de l’obstination et de l’emportement éperdu, on n’y pouvait rien que de lui rappeler vivement à la réalité.

Quand, en 2002, la FIFA, toujours égale à elle-même, avait désigné Ronaldo, « le gros », Ballon d’or, alors qu’il était effacé en Coupe du Monde que Messi, alors que beaucoup voyaient Roberto Carlos ou Thierry Henri, on avait titré « Le Ballon doré de Ronaldo », Pathé s’était emporté dans les studios de la RKS (radio Kaloum stéréo, aujourd’hui éteinte), cela avait encore créé une autre dispute. Et Si Pathé était parmi nous encore, qu’aurait-il dit sur le sixième Ballon d’or de Messi ? Bien malin qui le dirait, puisqu’il est parti en 2007, avant que Messi ne s’affirme. Mais on peut présumer qu’il choisirait Neymar, puisque c’est un Brésilien…

Bon, bref, pour ce Sixième Ballon d’or de Messi, hormis les Sénégalais marris et une partie des Africains, il n’y a pas grand monde pour le contester bruyamment. Si Sadjo Manè avait marqué en finale et remporté la CAN en Egypte, il était difficile de lui refuser le Ballon d’or, mais avec une finale gagnée et une perdue avec ses penaltys manqués et sa prestation en demi-teinte…

De l’autre côté, Messi n’a rien gagné au niveau international, mais avec le FC Barcelone, il est difficile à un autre d’en faire autant, au vu des statistiques exhibées. Sur ce tableau, il est plus décisif et plus déterminant. En plus, le football de Messi est plus plein de grâce, de chatoiement et plus plein de buts que celui de Sadjo Manè. En valeur intrinsèque, l’omniprésence et le poids sur le terrain n’est pas en faveur du Sénégalais.

Enfin, ce qu’on à dire d’irrationnel et d’arbitraire dans ce vote, c’est le vote d’un journaliste par pays, mais qui désigne ce journaliste, le pays ou la FIFA et en vertu de quoi?

La question reste posée!

Moïse Sidibé

 

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