Bientôt une monnaie unique de la Cedeao : les derniers réglages…

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Après le concours régional pour la dénomination et le logo, les chefs d’Etat ont proposé, il y a quelques jours, un groupe de travail chargé de choisir le nom et les signes de la nouvelle monnaie.

Le processus devant permettre la mise en place d’une monnaie unique suit son chemin, en vue de son lancement, à l’horizon 2020. Le groupe constitué est composé des représentants des banques centrales et des experts dans les domaines de design, graphisme, économie, histoire, anthropologie, sociologie, sciences politiques, signes monétaires ou droit. Il devra choisir le nom et le logo parmi les propositions sélectionnées à la suite d’un concours ouvert aux ressortissants des pays de la sous- région, lancé en octobre-novembre 2018.

Les propositions des candidats devaient respecter trois conditions : ne pas être fondées sur le nom d’une personne, d’une “ethnie ou des expressions directement liées à une religion, à un pays ou à une institution”, “refléter les valeurs d’unité et de solidarité communautaires de même que la vision des pères fondateurs de la Cédéao” et “refléter les valeurs culturelles et historiques communes de la Cédéao “.

La conférence des chefs d’Etat avait également demandé au Comité ministériel comprenant les ministres des Finances, le président de la Commission de la Cédéao (Communauté économique de développement des Etats de l’Afrique de l’ouest) et l’ensemble des gouverneurs des banques centrales des pays membres de finaliser les études d’impacts de la mise en place de cette monnaie unique.

Ce comité, après études, devra soumettre des propositions aux chefs d’Etat, lors de la session ordinaire de la Cédéao de 2019. Le président nigérien, Muhammadu Youssoufou, avait demandé l’accélération du processus de la mise en place d’une monnaie unique régionale à partir de 2020.

Avec Adiac

1 Commentaire
  1. CONDÉ ABOU 1 an il y a
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    Vous croyez à ce projet de monnaie unique de la CEDEAO (appelée l’Eco) en 2020 ? Vous voyez cette monnaie unique sortir sa tête en 2020 ?

    Bon courage à vous, mais moi en toute humilité, je n’y crois pas du tout en 2020. C’est une décision politique prématurée et indéfendable au regard de certains paramètres économiques structurels, commerciaux, monétaires et fiscaux, que tout le monde voit dans l’espace CEDEAO.

    Quatre questions :

    (1)Vous voyez le Nigeria et la Banque de France qui soutient le Franc CFA dans ses 8 anciennes colonies de l’Afrique de l’Ouest, s’entendre sur cette question de la monnaie commune en 2020 au niveau de la CEDEAO ?

    La France, se débarrasser du Franc CFA en 2020 ? Bon courage à la CEDEAO.

    Selon les chiffres du journaldunet.fr du 9 Janvier 2019, reprenant les dernières statistiques de la Banque Mondiale, avec un PIB de 461 milliards de Dollars US en 2018 contre 522 milliards USD en 2016, (représentant en 2016, 77% de la richesse régionale de la CEDEAO), le Nigeria possède l’encours de dette le plus élevé en devise au niveau de la CEDEAO.

    À la même date (en 2018), le pays de l’espace UEMOA le plus riche, la Côte D’ivoire, faisait 36,7 milliards de Dollars US de PIB.

    Déjà en 2014, le stock de dette du Nigéria s’élevait à 54.8 milliards USD (32034 milliards FCFA) contre 32.8 milliards USD (19205 milliards CFA pour le Ghana), au taux de change de la période.

    À elle seule la dette Nigériane représente 42% de la dette régionale contre 25% pour la dette Ghanéenne.

    Vous voyez la Côte D’Ivoire (plus de 35% de la richesse de l’UEMOA), confier ses réserves de change à un groupe financier dominé par le Nigeria et dormir tranquillement pour s’assurer la totale convertibilité de la monnaie commune de la CEDEAO par rapport au Dollar et à l’Euro ?

    Peut-on bâtir une monnaie commune sans aucune maîtrise de la politique budgétaire et fiscale dans un pays immense comme le Nigeria dont tout le monde connait les défis économiques intérieurs colossaux ?

    (3)Je ne joue pas à la prophétie du malheur en direction du Nigeria. Mais pourquoi le Nigeria a-t-il fait faux bond à la dernière minute avec l’Union Africaine dans le projet panafricain de zone de libre-échange ?

    Un projet lancé depuis Janvier 2012, lors de la 18ème session ordinaire de la Conférence de l’Union Africaine, avec pour objectif de créer cette zone de libre-échange continental en 2017.

    Selon la presse que j’ai parcourue sur ce chapitre, le Président Nigérian Muhammadu Buhari a décidé à la dernière minute, de suspendre la participation de son pays au processus d’instauration d’une Zone de libre-échange continentale (ZLEC).

    À quelques jours du Sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA), destiné à la ratification du traité, c’était un coup dur pour cet ambitieux projet d’intégration continentale chapeautée par le Président Nigérien Issoufou Mahamadou et le Président Rwandais Paul Kagamé.

    Cette position du Nigeria a-t-elle changé depuis ? Je ne crois pas du tout.

    Pourtant depuis son arrivée au pouvoir, tout le monde sait que le Président Muhammadu Buhari n’a cessé de déployer une politique commerciale des plus protectionnistes et qu’il entend visiblement maintenir, tout en engageant son Gouvernement sur le projet de Zone de libre-échange de l’Union Africaine !

    Pourquoi en-est-on arrivé là ? Parce que le Secteur privé du Nigeria, ne trouve pas son compte dans l’ouverture de l’ensemble des marchés sur le continent.

    Par la suite, le Ministre des Affaires étrangères, avait tenu une rencontre avec les représentants des différents secteurs industriels du pays pour les rassurer sur l’engagement du Gouvernement à « protéger les intérêts des entreprises nationales Nigerianes ».

    Des engagements qui n’ont visiblement pas convaincu le Secteur privé du Nigeria, et qui ont poussé le Président Buhari à faire marche arrière face à la pression des puissants lobbys des industriels Nigérians qui ne sont pas à leur premier fait d’armes.

    (4)Pourquoi le Nigeria ne veut pas de l’entrée du Maroc au sein de la CEDEAO ? Ce sont les mêmes raisons, à savoir le refus du secteur privé Nigerian de partager le gâteau sous régional, dans lequel il représente environ 77%, rien qu’avec son propre marché intérieur qui fait, à lui seul plus de 190 millions de consommateurs !

    Souhaitons bonne chance au projet de monnaie unique de la CEDEAO en 2020 !

    Mais, en toute humilité je préfère attendre un horizon beaucoup plus éloigné (2025 ou 2030), en tout cas pas avant de voir une meilleure visibilité sur la lutte contre la corruption massive au Nigeria, sur sa redoutable politique protectionniste, et sur sa politique budgétaire imprévisible avec les cours très fluctuants du pétrole.

    L’on pourrait faire un autre raisonnement très logique au plan économique. Si les Européens avaient un seul Ministère des Finances et une seule Banque Centrale comme les USA et la Chine, peut être que l’Union Européenne aurait eu moins de problèmes avec la crise récurrente de la dette (Grèce, Italie, Espagne, etc..), les déficits budgétaires actuels et les mauvais chiffres de son commerce extérieur. Je n’en sais rien.

    Bref, de mon point de vue, la CEDEAO a intérêt à continuer d’approfondir les analyses et évaluations au niveau de ses Experts en charge des questions monétaires et Financières, plutôt que de s’appuyer simplement sur les seules décisions politiques volontaristes qui ne collent pas souvent avec la réalité du marché.

    Wait and see.

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