Bientôt une télé et deux radios, à Kindia : les journalistes se frottent les mains

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Au moins trois médias dont une chaîne de télévision sont annoncés dans la ville des agrumes. Cette une annonce faite la semaine dernière par le député uninominal de Kindia, Honorable El hadj Mohamed Dorval Doumbouya à l’occasion de sa visite suscite des débats entre les journalistes de la cité de Manga Kindi Camara. Ces derniers temps, une lueur d’espoir est visible et lisible sur le visage de plusieurs hommes médias de cette localité.

La ville de Kindia regorge désormais trois médias privés plus la radio rurale. Malgré ce nombre jugé “petit” par bon nombre de citoyens, les journalistes de Kindia peinent à joindre les deux bouts. Aucun journaliste n’a un contrat avec les promoteurs des premiers médias. Personne n’est rémunéré à la fin du mois. Et pourtant ils devraient gagner leur quotidien grâce aux Radios et la presse en ligne qu’ils représentent à Kindia, d’où le débat autour de cette annonce du député.

Joseph Bangoura l’un des journalistes de la cité s’interroge avec des si.

« C’est une annonce faite par un député donc, si on installe ces médias à Kindia pour informer les citoyens en évoluant dans l’éthique et la déontologie du journalisme et pour que les journalistes puisses voir la lumière au bout du tunnel, c’est une très bonne initiative. Mais si ce sont des cellules de communication qu’ils veulent installer, là ça ne serait pas bon », dit-il

Profitant de notre micro, Joseph Bangoura revient sur la situation actuelle des journalistes de Kania.

« Il faut comprendre quelque chose aussi. C’est important mais il faut tenir compte des conditions de vie des journalistes qui résident dans cette localité. D’ailleurs, il y a une batterie de journalistes à Kindia qui ne gagnent rien. En plus il y a d’autres qui font un stage à vie. Ils ont fait 5 ans, 6 ans voire 10 ans dans ce métier. Donc les promoteurs de médias qui viennent dans la cité doivent tenir en compte de cette situation. Il ne s’agit pas seulement de faire tout leur recrutement à Conakry, ils peuvent venir ici organiser des concours pour détecter l’aptitude des journalistes qui sont là car ce sont eux qui sont connus par les populations et ce sont eux qui connaissent bien le terrain », ajoute-t-il

Quant à Aboubacar Wayé Touré, journaliste, il accueille cette annonce avec beaucoup de réserve. 

« D’abord je vois mal cette annonce du député parce que premièrement ça ne vient pas d’un professionnel de média. Deuxièmement ça ne vient pas d’un décideur de ce milieu et en second lieu, elle a été faite dans un contexte qui, à mon avis s’apparente à de discours politiques. Donc, c’est une annonce que j’ai accueillie avec beaucoup de recul. En plus, en tant que professionnel de média, c’est une satisfaction. Ça me réjouit et je pense que ça va offrir beaucoup plus d’opportunité aux hommes de médias de la place de faire valoir leur talent et surtout de diversifier le service à l’endroit du grand public », dira-t-il

D’autres confrères interrogés sur cette annonce ont préféré de ne pas faire de commentaires. Ils espèrent voir le bout du tunnel. Il reste à savoir si les promoteurs de médias déjà installés vont changer de fusil d’épaule afin de se replacer dans l’ordre de la concurrence qui profile à l’horizon. 

Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia

+224 623 08 09 10.

 

 

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