Bogola Haba sur la suspension de la marche du FNDC : « …au-delà même de cela, il faut arrêter les menaces »

Print Friendly, PDF & Email

Le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) avait prévu de faire une marche pacifique ce jeudi 23 juin dans la capitale guinéene. Hier mercredi 22 juin, après une concertation avec les représentants des sages au siège du FNDC, les ténors de ce mouvement ont finalement décidé de suspendre cette manifestation.

Suite à cela, Keamou Bogola Haba de la coordination nationale du Front national pour la défense de la transition (FNDT) a, dans une interview téléphonique accordée à Mediaguinée, indiqué que cette décision du FNDC est une bonne chose. Cependant, il souhaite qu’elle soit définitive.

« C’est ce que nous avons toujours demandé.  Nous avons demandé que notre pays soit un pays de paix, que les manifestation s’arretent. Et nous pensons qu’ au-delà même de cela, il faut arrêter les menaces. Notre pays a besoin d’attirer les investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers. Et si nous voulons absorber le chômage dans notre pays, il faut que nous soyons capables de stabiliser le pays. Et pour le faire, évidemment, les forces de défense et de sécurité font beaucoup. Nous sommes un pays qui n’est pas en guerre, nous avons toujours fait face aux rébellions qui sont venues d’ailleurs, nous avons toujours pris des mesures par rapport au terrorisme. Donc ça, ce sont des risques majeurs. Maintenant, quant aux risques liés à la stabilité politique, c’est ce que nous n’avons jamais pu faire. Et nous pensons que cette transition doit nous permettre de résoudre ce problème. Et cela c’est au niveau citoyen. C’est pourquoi nous voulons remercier l’ensemble des antennes du FNDT. L’ensemble des associations partenaires du FNDT et toutes les autres organisations aussi bien religieuses ou régulateurs sociaux qui ont tous œuvré pour que nous puissions évidemment renoncer à cette manifestation. Nous souhaitons qu’elle soit définitive.  C’est pourquoi nous lançons un message aussi à l’ensemble des ledears politiques de comprendre qu’on ne peut pas continuer à faire la même chose et obtenir un résultat différent.  Et dans notre pays, nous avions pensé que la politique seule peut résoudre. Mais nous venons de constater que ça ne pourra pas résoudre. Les divisions ont été tellement trop dans ce pays que chacun avait peur de l’autre.  Et donc la transition doit être une occasion pour nous de trouver un concensus national, d’avoir un agenda commun et en même temps de renouveler complètement notre unité . Et cela passe par le fait de dire de s’occuper de notre pays par le travail, la justice et la solidarité, évidemment par la fin des manifestations.  C’est cela que nous lançons à l’ensemble des acteurs politiques aussi d’ici qu’à l’étranger . Je crois que chacun doit changer de stratégie et abandonner complètement cette option des menaces et de manifestation. », a-t-il indiqué.

Poursuivant, Bogola Haba a aussi laissé entendre que les  vraies revendications que les gens ne veulent pas dire sont la récupération des biens de l’Etat et la CRIEF. Il les appelle donc à aller les poser sur la table de dialogue.

« Je crois qu’il il faut qu’on comprenne. Déjà, nous sommes à notre 3ème session de concertation, les invitations ont été adressées à chacun et nous pensons qu’il est important que chacun réponde. C’est pas des questions de mot concertation ou dialogue qui peuvent être l’objet. Les gens ont des vrais problèmes. S’ils ont des vrais problèmes, il faut aller les poser mais il ne faut pas laisser le problème ailleurs.  Je crois le problème ici ça a été toujours cette récupération des biens de l’Etat, c’est la CRIEF que les gens ne veulent pas dire. Les vraies revendications sont là, on le voit. Si aujourd’hui vous ne voulez pas répondre à la CRIEF, il faut dire carrément que c’est la CRIEF qu’on ne veut pas ou qu’on ne veut pas qu’on continue de récupérer. Mais il ne faut camoufler tout ça pour des questions qui n’ont pas de valeur. Et c’est pourquoi nous pensons qu’il est important que chacun réponde à la convocation qui est envoyée . Et nous avons demandé le dialogue, l’opportunité est là. Le Premier  ministre l’a demandé et nous, nous pensons qu’il est important d’aller poser le problème à ce niveau. », a-t-il avancé.

Sur la question de savoir s’il soupçonnait quelques  ledears politiques derrière cette manifestation? Le responsable du FNDT n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le FNDC n’est qu’un entonnoir.  » Et c’est pourquoi nous nous sommes adressés principalement à certains ledears qui ont appelé publiquement à cette manifestation. Tous ceux qui ont soutenu de manière publique la manifestation c’est eux réellement les vrais acteurs. Le FNDC ce n’est que de l’entonnoir.  Et financièrement,  vous-même vous avez constaté où ils se financent? Tous ces gens, tout ce monde là, tout cet argent qui a été déployé pour faire les t-shirts, pour faire ceci, d’où cet argent est venu? Donc il faut qu’on arrête d’amuser la galerie », a-t-il martelé.

Christine Finda Kamano 

622716906

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.