Boubacar Keita, DG de la SONAPI : ‘’à mon arrivée, nous n’avions pas un millimètre carré de réserve foncière’’

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Créée en 2008, la Société Nationale d’Aménagement et la Promotion Immobilière de Guinée (SONAPI) a été rattachée en juillet 2018 par un décret du chef de l’Etat à la Présidence de la République. Depuis, elle mène des réformes profondes visant à promouvoir les logements sociaux en Guinée, conformément aux orientations du chef de l’Etat, Pr Alpha Condé.

Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Boubacar Kéita, Directeur général de cette entité (SONAPI) parle des activités déjà réalisées par son institution tout en fixant les perspectives. Lisez !

Mediaguinee : Présentez-vous à nos lecteurs

Boubacar Keita : Je suis banquier et économiste de formation. Ancien directeur financier du gouvernement américain pendant dix (10) ans, ancien secrétaire général des banques de l’Afrique de l’Ouest pendant six (6) ans, ancien directeur général adjoint de la BID (Banque Islamique de Développement). A la prise du pouvoir par le président Alpha Condé, j’ai été désigné comme administrateur général des Grands Projets où j’ai piloté la mise en œuvre de beaucoup de projets, surtout énergétiques dans le pays. Je suis actuellement membre du pool économique du Président de la République. De là, le Président de la République m’a désigné comme Directeur général de la société nationale d’Aménagement et de Promotion Immobilière de Guinée (SONAPI) qui est chargée de construire, de vendre et de loger la population avec les moyens mis à disposition par l’Etat.

La SONAPI est rattachée à quelle structure étatique ?

A date, l’accent est si bien mis par le Président de la République sur la promotion de logement que notre institution est directement rattachée au Président de la République.

Quels sont les projets phares que vous exécutez en ce moment ?

Les projets que j’exécute présentement sous le leadership du Président de la République est l’un des projets les plus importants qu’ils soient. C’est l’exécution des infrastructures des fêtes de l’indépendance au niveau de la région administrative de Kindia. A date, je peux vous dire que nous avons été assez performants malgré la pandémie et les grandes pluies dans les différentes préfectures de Kindia. A date, nous avons pratiquement réalisé 162 ouvrages sur les 164 qui nous sont prescrits. Ces ouvrages sont composés sur la base des priorités du Président de la République. Pour satisfaire par exemple les femmes, nous avons réalisé de très grands marchés un peu partout dans la région administrative de Kindia (Forécariah, Coyah, Dubréka et Kindia). Il (Alpha Condé) a mis aussi un focus sur la satisfaction des jeunes. C’est pourquoi nous avons des maisons des jeunes à Kindia, Forécariah et à Coyah. Mais la construction des maisons des jeunes a été renforcée par la construction des stades dans pratiquement toutes ces préfectures précitées. Et je vous dirais qu’à 98%, toutes ces infrastructures sont réalisées à un coût très compétitif par rapport à tout ce qui s’est passé dans le passé dans les autres régions du pays. Les clés de ces infrastructures seront rendues sous peu au chef de l’Etat et je vous promets que tous les ouvrages seront réalisés à 100% (…) Nous sommes convaincus que ça sera un encouragement pour le chef de l’Etat. Il va inaugurer ces ouvrages et il va se rendre compte que la performance n’a pas fait défaut et que nous avons utilisé dans chacune des régions les ressortissants de chaque préfecture (création d’emplois). Et surtout la spécificité de ces ouvrages, c’est que nous avons utilisé les machines achetées par le chef de l’Etat pour nous permettre de réaliser tous ces ouvrages en terre stabilisée. C’est surtout la spécificité vraiment de notre performance au niveau de la région de Kindia.

Vous êtes présents au quartier Keitayah dans le cadre de la construction des logements sociaux. Quel est le niveau d’avancement des travaux ?

Je suis l’un des pionniers de la réussite des logements sociaux du Président de la République. Pourquoi je vous le dis ? J’ai contribué à faire obtenir le B.A.BA de la promotion immobilière c’est-à-dire que je me suis battu pour que nous puissions avoir des réserves foncières adéquates pour pouvoir réaliser ces logements sociaux. A mon arrivée à la SONAPI, nous n’avions pas un millimètre carré de réserve foncière. Mon apport et le leadership du président Alpha Condé nous ont permis d’obtenir le site de Kasonyah de 16 mille 500 hectares pouvant loger l’ensemble de tous les guinéens, pouvant vraiment créer une nouvelle ville pour désengorger Conakry. A Kasonyah toujours, nous avons dégagé avec la gendarmerie, 50 hectares servant aujourd’hui aux promoteurs immobiliers privés guinéens qui sont en train de construire des logements sociaux décents pour la population. Il faut savoir que la SONAPI n’est pas forcément une entreprise qui doit tout construire. Nous devons créer le cadre pour les privés et nous devons être en partenariat avec les privés pour pouvoir construire. Nous devons mettre à la disposition des privés, des sites pour qu’ils puissent construire. C’est un peu ce que nous avons fait au niveau de Keitayah. Nous avons parmi ces promoteurs, d’autres qui sont été performants et qui sont en train de construire. Mais bien sûr vous savez, la perfection dans l’œuvre humaine, ce n’est pas évident. Il y a certains qui trainent le pas et que nous avons dénoncé et s’ils ne respectent pas les closes contractuels, c’est certain que nous reprendrons les sites pour pouvoir très rapidement faire quelque chose pour encore booster les logements sociaux.

Est-ce que certains de ces logements sociaux sont prêts aujourd’hui à recevoir ?   

A Kasonyah, nous avons construit au prix du logement social. Je dirais vraiment des maisons de standing parce que nous avons fait un projet pilote de 2 R+1 et 10 maisons qui sont complètement terminées, clés en main et qui sont des maisons standings au prix de logement sociaux. Mais permettez-moi de vous dire pourquoi nous n’avons pas construit en très grande quantité ces logements sociaux ? Je vous dirais tout de suite que l’Etat a essayé de mettre en place une institution qui fait aujourd’hui, l’interface sur le plan du financement. C’est le nerf de la guerre qui permet d’aller vite. Aujourd’hui, l’Etat a mis une plateforme de financement en place et nous participons à cette plateforme de financement et nous souhaitons qu’elle marche. C’est ce qui permettra de booster le logement social en Guinée. Vous savez, je suis banquier de formation, j’étais président d’Ecobank pendant quatre (4) ans, membre de son Conseil d’Administration pendant neuf (9) ans. Il y a un système de refinancement qui est en place entre la banque Centrale et les Banques primaires. Les banques primaires peuvent emprunter à 2% auprès de la Banque Centrale et prêter aux acquéreurs à 6%. Ainsi le payement des promoteurs devient évident et permet tout de suite au promoteur de s’impliquer très rapidement dans la production de beaucoup de logements. C’est un peu ce schéma théorique qui est dégagé et il en train d’être rendu pratique. Et une fois qu’il opérationnel, croyez-moi vraiment qu’à très grande échelle, la Guinée aura beaucoup de logements sociaux pour sa population. C’est ça le fond du problème et je pense que nous travaillons sur ça.

Dans le cadre des perspectives, quels sont les projets qui vous tiennent à cœur ?

J’ai aujourd’hui au nom de la SONAPI, un site de 100 hectares à Boké qui est un site des miniers où nous avons vraiment un pouvoir d’achat assez élevé de la part des travailleurs. Mes intentions, c’est de mettre tout de suite ces 100 hectares en valeur et que ça puisse servir de projet pilote pour entrainer d’autres projets sociaux qui puissent moyen coûté à l’Etat et que les populations puissent être quand même satisfaites. Là où je souhaite dire un mot, c’est que j’ai aujourd’hui la conviction qu’avec le leadership du chef de l’Etat, la SONAPI est rendue assez crédible. Vous trouverez que nos modestes talents de négociateur nous ont permis de trouver un bâtiment R+1 pour abriter nos bureaux au niveau de la SONAPI et je pense que c’est un plus. Vous y trouverez un changement assez qualitatif pour mettre nos travailleurs dans les conditions. Il faudrait que je rajoute à tout cela que le leadership du Président de la République à travers la SONAPI a pu réaliser des usines. Nous avons réalisé trois (3) rizeries en moins de deux (2) ans au prix le plus compétitif à Siguiri, Mandiana et à Beyla. Ça créé de l’emploi et surtout ça booste l’agriculture. Parce que quand les agriculteurs savent que leurs produits peuvent être transformés très rapidement, ça va booster l’agriculture. Nous avons construit aussi la mutuelle financière de Mandiana et des latrines au marché de Mandiana. Nous avons fait trois (3) bâtiments témoins au niveau de la région de Faranah et le gouverneur de Faranah habite l’un de nos bâtiments. Nous avons fait les mêmes types de bâtiments à Labé et nous comptons sur la presse pour rendre crédible un peu ce qui est réalisé. Et si nous avons une presse crédible pour faire ce travail, c’est sûr et certain que ça encouragerait à encore mieux faire et ça encouragera à encore faire beaucoup plus de bâtiments pour les citoyens qui en ont tant besoin. Je voudrais ajouter que la SONAPI est si présente un peu partout dans le pays. A Kouroussa, nous avons réalisé 4,5 kilomètres de clôture au niveau du camp militaire de cette préfecture. A Dabola, nous avons réalisé près de 2 kilomètres de clôture au niveau du camp. Et à Dalaba, nous avons réalisé un petit camp militaire assez performant et apprécié par les militaires de cette zone. A Sansalé (un lieu inaccessible), nous y avons réalisé un petit camp militaire. Nous pourrons rajouter à cela que nous avons réhabilité le marché calciné de 35 kiosques au niveau du marché de Mamou. Nous avons réhabilité aussi la conserverie de Mamou sur près de 4 hectares où nous avons contribué à faire installé un couvoir et aussi l’usine de Pompe de terre achetée par le Président de la République.

Interview réalisée par Youssouf Keita

+224 666487130        

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