Burkina : mise en garde officielle contre des appels à «l’épuration» ethnique

In this photo taken on November 23, 2004 pupils sit outside Nongana Fulfulde primary bilingual school in the village of Nongana of Ziniare in plateau central region, north of Ouagadougou, where lessons are held in French and peul. - In some parts of the North and East of Burkina Faso schools and school teachers are targets for Jihadists, AFP reports on November 16, 2018. (Photo by ISSOUF SANOGO / AFP)

Le gouvernement burkinabè a vivement condamné et mis en garde jeudi 18 août contre des appels «au meurtre» et «à l’épuration ethnique» relayés récemment sur les réseaux sociaux, visant la minorité peule du pays.

Ces appels, sous forme d’enregistrements audio postés principalement sur le réseau WhatsApp, invitaient les populations «autochtones» à s’en prendre par le meurtre et les exactions aux Peuls de leur région, en particulier dans le sud-ouest du pays frontalier de la Côte d’Ivoire.

«Discours haineux»

«Ce sont des propos d’une extrême gravité qui n’ont d’équivalence que les dérives de la radio Mille collines qui ont conduit au génocide rwandais (en 1994), une des pires tragédies de l’humanité et de laquelle nous devons savoir tirer des leçons», écrit Lionel Bilgo, porte-parole du gouvernement burkinabè, dans une déclaration adoptée par le Conseil des ministres. «Il est question d’appels directs et actifs au meurtre, à des tueries de masse, à l’épuration ethnique et à la sédition : le ton et les mots utilisés donnent froid dans le dos et témoignent de la gravité de la situation», ajoute-t-il.

Selon Lionel Bilgo, «il s’agit bien de discours haineux, subversifs, dangereux et inacceptables dans un pays riche et diversifié comme le Burkina Faso», qui imposent «d’agir résolument et fermement avant que l’irréparable ne se produise». Ils appellent à «une condamnation sans réserve et sans ambiguïté». Des Peuls ayant rejoint des groupes jihadistes qui ensanglantent le Burkina Faso depuis sept ans, l’amalgame «Peul égal terroriste» est régulièrement établi, ce qui attise les tensions entre communautés.

Risque de «guerre civile»

Dans une tribune publiée mardi, Alpha Barry, ancien ministre des Affaires étrangères du président Roch Marc Christian Kaboré, renversé en janvier par un putsch militaire, alertait lui sur «le risque d’une vraie guerre civile», après la diffusion de ces enregistrements. Pour l’éviter, il a appelé les politiques, religieux, intellectuels, chefs coutumiers et autres leaders à «aller sur le terrain, rencontrer les populations, mener des actions fortes pour prôner la cohésion et le vivre-ensemble qui sont le ciment de notre nation».

Le 1er janvier 2019, des individus armés non identifiés avaient attaqué le village de Yirgou, dans le nord du Burkina, tuant six personnes, dont le chef du village. Cette attaque avait immédiatement été suivie d’actions de représailles visant les Peuls qui avaient fait 50 morts, selon le bilan officiel, au moins 146, selon des organisations de la société civile.

AFP

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