Cas des 6300 fonctionnaires mis à la retraite : Sidya Touré conseille de « ne pas les mettre de côté »

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Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR) qui était invité hier lundi 17 janvier 2022, dans l’émission « Mirador » de FIM FM, s’est exprimé sur beaucoup de sujets sociopolitiques de la Guinée, notamment la rencontre des acteurs politiques avec le président du CNRD, la sortie de l’ex-président Alpha Condé, la question liée aux 6300 fonctionnaires envoyés à la retraite, et autres. 

Parlant spécifiquement de ces fonctionnaires mis à la retraite, le président de l’UFR a clairement indiqué que ce nombre est énorme. « Je n’ai pour habitude de commenter tout ce qui touche à l’armée parce que ça c’est loin de moi, je ne sais pas comment ça fonctionne. En ce qui concerne les fonctionnaires, 6300 ou 6500 personnes, c’est énorme en une fois. D’abord, si c’est pour des raisons de corruption, j’estime que là-dedans, si vous essayez de bien de travailler sur le dossier des uns et des autres, il doit bien en  avoir 1000 à 1500 qui n’ont pas volé d’argent. Mais c’est pas le plus grave. Le plus grave, c’est le problème de l’expérience et de la continuité de l’Etat. Aujourd’hui, si vous enlevez tous ces gens en même temps, la mémoire de l’administration , de cette direction, elle n’existe plus. Donc il fallait faire un choix par rapport à ça. C’est un problème éminemment important, on a nommé de nouvelles personnes, c’est très gentil.  Le ministre nouveau, le chef de cabinet nouveau, le secrétaire général est nouveau. Attention! Quand les dossiers viennent, qui dit mais voilà comment on l’avait traité, les problèmes qu’on a ? Il faut qu’il y ait de l’expérience  dans certains secteurs aussi, l’élevage, la pêche et tout ça. Les stages qui ont été effectués permettent à certains de ces anciens de faire avancer les dossiers. Je suis désolé. Les nouveaux, même s’ils ont tous les diplômes de la terre, il faut qu’ils aient fait du terrain », a-t-il indiqué.
Selon Sidya Touré, la fonction publique ne crée pas de l’emploi. Pour lui, c’est le secteur privé qui crée de l’emploi. »Mais j’ai entendu des choses du style,  ça va créer de l’emploi, mais non à la fonction publique, on ne crée pas l’emploi. Dans un pays normal comme la Guinée, si vous avez 150.000 jeunes qui sont sur le marché d’emploi  chaque année, quand je dis ça, ne regardez pas uniquement l’université, regardez les techniciens ou regardez les jeunes qui sont à l’âge d’aller travailler, c’est à dire la population active, l’Etat pourra en  engager peut-être10.000 par an. C’est le secteur privé qui crée de l’emploi.  Ces secteurs privés-là, il faut trouver moyen de les renforcer, il faut trouver moyen de financer…Attention, le temps qui court n’est pas notre ami, c’est notre adversaire. Donc je trouve que c’est vraiment beaucoup. C’est pas trop tard  parce que c’est pas la peine de renvoyer les gens pour aller les récupérer après comme étant des contatractuels. Reprenez les dossiers,  ceux qui seront là dont vous auriez réellement besoin, ils restent dans  l’administration. Sinon comment voulez-vous avancer? C’est pas encore trop tard, c’est des Guinéens, ils sont encore là, ils ne sont pas partis.  Il faut trouver un moyen de régler ça. Moi j’estime que c’est très important ce que je suis en train de dire sur ce plan là.  Mais je suis très surpris, le nombre est élevé et les bases sur lesquelles ceci est fait ne sont pas et il faut enlever l’idée aux gens que ça crée de l’emploi, ça ne crée rien du tout », a laissé entendre le président de l’UFR.
Christine Finda Kamano 

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