Cas graves de Covid-19 : enfin un traitement efficace ?

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Les premiers résultats d’un essai clinique mené sur 129 patients atteints d’une forme moyenne ou grave de Covid-19 montrent que ce médicament permet de limiter le risque d’entrée en réanimation ou de décès, indique l’Assistance publique-hôpitaux de Paris.

Signe d’espoir pour le traitement des patients atteints du Covid-19. D’après de premiers résultats d’un essai clinique mené dans 13 centres hospitaliers en France et coordonné par l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Inserm, des patients atteints d’une forme sévère ou grave de Covid-19 ont davantage de chances de survie en prenant du tocilizumab.

Ce médicament est habituellement utilisé pour diminuer l’inflammation dans le cas de certaines maladies, dont la polyarthrite rhumatoïde. Il est déjà prescrit à 10 000 personnes souffrant de cette maladie inflammatoire. Or, les médecins estiment que l’état des patients atteints du Covid-19 s’aggrave lors d’un « orage cytokinique », c’est-à-dire lorsque la production de cytokines, des molécules naturelles de notre système immunitaire, s’emballe. Et le tocilizumab pourrait bloquer un tel phénomène.

129 patients atteints du Covid-19 ont été concernés par cet essai clinique. Tous étaient hospitalisés et sous oxygène. Il s’agit donc d’une petite partie de l’ensemble des personnes infectées par le coronavirus. Ces malades ont été recrutés à partir du 27 mars et dans le court délai d’une dizaine de jours. 65 d’entre eux ont reçu le traitement habituel associé à du tocilizumab, les 64 autres ont reçu le seul traitement habituel.

Les scientifiques ont évalué le pourcentage de patients atteints du Covid-19 entrés en réanimation ou décédés. Ce taux « a baissé de façon significative » chez ceux ayant pris du tocilizumab, s’est réjoui le Pr Olivier Hermine, hématologue à l’hôpital Necker-Enfants malades et coordinateur de cet essai appelé Corimuno-19, lors d’une visioconférence organisée ce lundi après-midi.

On n’en saura pas plus pour le moment, dans l’attente d’une publication dans une revue médicale et que les résultats soient validés par les pairs. Le délai est habituellement de « trois mois » mais, dans le contexte actuel de pandémie, ce délai peut passer à « quelques semaines », selon le chef de service d’immuno-rhumatologie à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, Hervé Mariette, lui aussi coordinateur de l’étude.

D’ici là, l’équipe médicale a jugé que ces résultats étaient suffisamment complets et intéressants pour en dévoiler un résumé, notamment pour des raisons « éthiques ». Les autorités sanitaires françaises et l’Organisation mondiale de la santé, notamment, en ont aussi été alertées.

Pour autant, les médecins ne pourront pas décider, eux seuls, de prescrire ce traitement à l’ensemble des patients infectés par le coronavirus. « La redéfinition du standard de soins ne dépend pas de nous, les autorités prendront ces décisions », insistent-ils en chœur. Quant au coût de ce traitement, il est, aujourd’hui, de 1500 euros par patient pour deux perfusions. Mais il permet d’éviter les frais, beaucoup plus élevés, d’une prise en charge en réanimation.

Source : Le Parisien

 

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