Ce redoutable juge de la charia est désormais le chef du nouvel Émirat islamique d’Afghanistan

Print Friendly, PDF & Email

Il est le “chef absolu des croyants” mais désormais, il est également le chef du nouvel Émirat islamique d’Afghanistan. Le mollah Haibatullah Akhundzada, 60 ans, a été nommé à la tête des talibans en mai 2016 lors d’une rapide transition du pouvoir. Avant sa nomination, on savait peu de choses d’Akhundzada, jusque-là plus versé dans les questions judiciaires et religieuses que dans l’art militaire. Discret, le chef suprême des talibans connaît les risques de sa position comme personne d’autre.

Haibatullah Akhundzada a succédé il y a cinq ans à Akhtar Mohammad Mansour, tué par une frappe d’un drone américain au Pakistan. Le prédécesseur n’était autre que le mollah Omar, le leader historique des talibans, qui a lui réussi à échapper à un tel sort, malgré une récompense de 10 millions de dollars mise sur sa tête par la CIA. Il est mort paisiblement dans un village au Pakistan, avaient annoncé les talibans des années plus tard.

Un scientifique

Akhundzada n’était donc pas prédestiné au poste le plus élevé au sein du mouvement fondamentaliste islamiste. Si cet érudit jouissait d’une grande influence au sein de l’insurrection, dont il dirigeait le système judiciaire, certains analystes estimaient que son rôle à la tête du mouvement serait davantage symbolique qu’opérationnel.

Fils d’un théologien, originaire de Kandahar, cœur du pays pachtoune dans le sud de l’Afghanistan et berceau des talibans, Akhundzada a rapidement obtenu une promesse de loyauté de la part d’Ayman al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaïda. L’Égyptien l’a qualifié d’”émir des croyants”, une appellation qui lui a permis d’asseoir sa crédibilité dans l’univers djihadiste.

Retour au Moyen Âge

Haibatullah Akhundzada était donc davantage considéré comme un scientifique plutôt qu’un homme politique ou un stratège militaire. Pourtant, le voici désormais à la tête du nouvel Émirat islamique d’Afghanistan. Un retour triomphal pour Akhundzada et les talibans, qui avaient été portés en héros lors de leur prise du pouvoir en 1996. Mais l’euphorie avait été de courte durée pour les Afghans. Ce sont en effet les idées d’Akhundzada qui avaient provoqué le retour du pays au Moyen Âge.

Lorsque les Américains ont chassé les talibans du pouvoir en 2001, Haibatullah Akhundzada s’est enfui au Pakistan, où il a enseigné dans diverses médersa (écoles coraniques) avant d’être nommé comme adjoint de Mansour. Avant cela, il officiait comme un juge redoutable au sein d’un tribunal de la charia à Kaboul.

Selon la légende, Akhundzada aurait frôlé la mort lorsqu’un étudiant a voulu le tuer à bout portant, mais son arme se serait enrayée.  En 2017, le fils d’Akhundzada est mort dans un attentat suicide sur une base de l’armée afghane. Son frère Hafiz Ahmadulla a quant à lui été tué dans un attentat à la bombe il y a deux ans.

Une victime du Covid

Ce n’est pas une tentative d’assassinat, mais bien le coronavirus qui a failli tuer le chef des talibans. Selon plusieurs sources, il était gravement malade et aurait été soigné en Russie, ce que les talibans ont démenti.

Source : AD, AFP

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.