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Chronique

Changements climatiques : L’Afrique, dindon de la (pathétique) farce ? (Par Saliou Samb)

Deux ans après les accords de Paris visant à limiter le réchauffement climatique, l’Afrique en est toujours à ses interrogations et autres incertitudes au sujet du financement de ses projets énergétiques. Le drame est que le continent noir ne semble pas du tout au bout de ses désillusions…

Certes, le réchauffement climatique est à l’origine de problèmes endémiques vécus actuellement par les Africains. Et la liste est longue : exode rural, pauvreté, inondations, sécheresse, destruction de l’environnement, immigration clandestine, maladies, etc.

Certes, l’Afrique est le continent qui pollue le moins mais qui subit paradoxalement le plus les effets des dérèglements climatiques. Certes, la situation est critique et qu’elle nécessite une mobilisation de l’ensemble des Etats de la planète pour sauver notre monde et l’espèce humaine.

Mais il y a des circonstances où les discours de bonnes intentions ne sauraient effacer la réalité. Selon l’Initiative de l’Afrique pour les énergies renouvelables (IAER), sur les 450 projets visés (avec un potentiel de 50 GW), un montant de plus de 100 milliards d’euros serait  nécessaire. A date, seuls 19 programmes et projets d’investissement ont été approuvés, avec une production de 1,7 GW pour un investissement estimé 4 milliards d’euros dont seule la moitié a été engagée par les bailleurs de fonds. Au passage, avant le début du sommet de décembre 2017, l’Union européenne n’avait débloqué que la « faramineuse » somme de… 300 millions d’euros.

De façon plus large, toujours selon l’IAER, les objectifs pour 2020 seraient d’augmenter la part du renouvelable à 10 GW et d’atteindre à terme 300 GW en 2030.

Financer la transition énergétique ne sera pas une sinécure pour les gouvernements africains qui, de toute évidence, ont choisi d’abandonner ce volet de leur destin dans les mains des puissances occidentales. Nous pouvons croire ce que nous voulons, mais si d’aventure les promesses mirobolantes venaient à être tenues, ce serait bien la toute première fois que les nations riches respectent leurs engagements à l’endroit des Africains.

Il est difficile de croire que des gouvernements d’Europe ou d’Amérique plus préoccupés par leur image auprès d’une certaine opinion publique et entravés dans leur élan par les positions aussi puériles que loufoques d’un Donald Trump sur le climat, vont changer la dynamique de développement en Afrique. Tout juste à leurs côtés, il y a tous ces représentants des pays du Golfe ou d’ailleurs, enrichis par le pétrole et qui n’ont aucune raison de sauter de joie pour réduire leur influence dans un monde où rien n’est donné.

Au-delà de l’entente « cordiale » entre ses différents chefs d’Etat, l’Afrique, traumatisée par les conflits et la mauvaise gouvernance, doit avoir ses propres ambitions, sa propre organisation, ses propres objectifs, pour contourner la difficulté (prévisible) de l’insuffisance réelle des financements. Le comprendre est le début d’une véritable prise en main de notre destin. L’ignorer serait une erreur fatale qui pourrait avoir des répercussions inimaginables sur les 2 milliards d’âmes que les agences des nations unies projettent sur ce continent à l’horizon 2050.

Saliou SAMB

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0 Comments

  1. lano

    13 décembre 2017 at 10 h 43 min

    Tout juste à leurs côtés, il y a tous ces représentants des pays du Golfe ou d’ailleurs, enrichis par le pétrole et qui n’ont aucune raison de sauter de joie pour réduire leur influence dans un monde où rien n’est donné. CHAPEAU

  2. BLACK ZEUS

    13 décembre 2017 at 16 h 50 min

    Article qui met tout le monde d’accord, il reste à rappeler que le changement climatique n’est pas foncièrement dû à l’activité humaine mais défini par le soleil. Merci SAMB, si seulement tu pouvais faire entendre raison.

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