Chérif, profanateur présumé de la tombe du président Sékou Touré : “nullement un acte rituel”

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Le 14 juillet dernier, le mausolée national où se trouvent les tombes du premier président guinéen Ahmed Sékou Touré, de plusieurs autres résistants à la colonisation et compagnons de l’indépendance a été profané. Le profanateur présumé est le margis-chef Mohamed Lamine Chérif Camara, gendarme de profession, présenté comme un déficient mental a reconnu les faits. Il a été présenté à la presse, ce mercredi…

Vous êtes accusé d’avoir profané le mausolée de la Camayenne où se trouve la tombe du feu Président Ahmed Sékou Touré. Que dites-vous Mohamed Chérif Camara

Je reconnais parfaitement les faits. C’est dû au stress et fatigue. Je me suis rendu sur les lieux et allumé une mèche de cigarette que j’ai lancé. Par accident, ça fait des flammes. Étant un corps habillé, j’ai profité pour rentrer dedans pour éteindre la cigarette. Pour éviter le scandale avec les civils qui étaient sur les lieux, c’est ainsi que j’ai vu la police venir et je me suis mis à leur disposition.

‘’Quelques fois, ça m’arrive d’avoir des troubles mentaux’’

On nous apprend que vous aviez des liens avec la famille Touré?

Je ne sais pas quoi dire sincèrement.

On dit que vous êtes atteint de dépression mentale, est-ce vrai ?

Quelques fois, ça m’arrive d’avoir des troubles mentaux. Quelques fois aussi quand ça m’arrive, je me crois supérieur à tout le monde et je fais des comportements inhumains. Donc, on peut dire que c’est tout cela qui m’a mis dans cet état.

Votre hiérarchie savait-elle cette maladie avant votre intégration au sein des forces armées ? Cela a t-il été signalé une fois?

C’est au service que j’ai eu cette maladie. Parce que je travaille constamment sans repos. C’est le manque de repos qui m’a rendu comme ça.

D’aucuns pensent que vous êtes manipulé et que vous travaillez pour quelqu’un ou pour des personnes mal intentionnées ?

Non, sincèrement, personne.

Pourquoi aviez-vous choisi le mausolée pour vous reposer alors que vous aviez une habitation ?

Cela a été un accident pour moi. Et oui, j’étais seul.

Mais on nous apprend que vous étiez trois dans une voiture…

En âme et conscience j’étais seul. Lorsque le feu a pris le mausolée, j’ai essayé d’incliner la porte parce qu’elle était fermée. Le temps juste d’éteindre le feu, c’est là où les civils sont venus vers moi en masse et donc, j’ai préféré me maintenir à l’intérieur du mausolée jusqu’à ce que les force de l’ordre viennent m’interpeller. Parce que si je partais vers eux (civils ndlr), ils risquaient de me faire autre chose.

Mais vous aviez des talismans n’est-ce-pas ?

Non! Et je n’ai pas attaché les pièces tombales. Je veux juste demander aux familles de me pardonner pour l’acte que j’ai commis. Je reconnais sincèrement que c’est inhumain. Je me mets à genoux et je les prie de me pardonner.

Vous êtes sûr que ce n’est pas un rituel que vous aviez procédé ce jour au mausolée ?

Non! Ce n’est nullement un acte rituel sincèrement.

Propos recueillis par Maciré Camara

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