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La Chine dans le monde. Va-t-elle profiter et abuser de l’Afrique en même temps que l’Occident ? (Par Gondiel Ka)

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Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera disait Alain Peyrefitte dans une œuvre personnelle de réflexion portant sur divers sujets. Ce dernier effectua une visite dans le pays de Mao en 1971 alors qu’il était homme politique et écrivain. Ainsi il réalisa à cette occasion un rapport d’enquête sur l’état de ce pays alors au milieu de la grande révolution culturelle prolétarienne. Son argumentation était que compte tenu de la taille et la croissance de la population, elle finira inexorablement par s’imposer au reste du monde dès qu’elle maîtrisera une technologie suffisante. De nos jours, ce géant asiatique oscille entre la première et la deuxième place économique mondiale. Elle va indiscutablement dominer le monde dans une décennie au plus. Que fera-t-elle avec le reste du monde et qu’attendons-nous d’elle ?

La Chine en Occident.

En 1858, des mineurs d’origine chinoise arrivent en Colombie Britannique (Canada) attirés par la découverte d’or dans la vallée du Fraser. Vingt-six ans plus tard quinze milles d’entre eux participèrent à la construction de fer du Canadien Pacifique de cette côte ouest du pays de l’érable. De nos jours, la population d’origine chinoise est estimée à près de 4 millions d’habitants en Amérique du nord. L’importance économique de cette dernière est grande même si son nombre est relativement faible. Il faudrait remarquer que, la population asiatique représente désormais la première source d’immigration. On la préfère de loin à celle de l’Afrique et des Caraïbes qu’on juge paresseuse et pauvre.   Dans certaines villes comme Vancouver le caractère asiatique frappe immédiatement tous ceux qui s’aventurent dans cette ville de la côte ouest canadienne. Apparemment ce sont des milliardaires qui arrivent et ils achètent sans compter. Ainsi les blancs pauvres ou moins nantis sont obligés de déménager dans les périphéries car ils ne peuvent plus supporter le coût de la vie dans les centres urbains. Devant cette acquisition sans fin, les autorités canadiennes ont imposé une taxe de 15% pour les acheteurs étrangers. Aussi d’autres mesures telles que la taxe sur les logis vacants, la limitation de l’augmentation des loyers au taux d’inflation entre autres, ont été mises en place afin de freiner l’ardeur des nouveaux arrivants. Ces nouvelles mesures ont a été établies suite à l’augmentation brusque du nombre de nouveaux acquisiteurs étrangers. Le président américain, Donald Trump aurait agi dans le même sens en imposant une taxe 25% sur plus de 200 milliards de produits chinois afin de protéger l’économie américaine et renflouer les coffres du trésor public. Aussi, une certaine méfiance s’est installée face à ces des étrangers qui ont souvent tendance à bousculer l’ordre établi avec leurs croyances et leurs capitaux.

Dans les autres pays occidentaux, on a fait la même chose. De nouvelles lois et des taxes plus durs sont continuellement brandis afin de protéger les économies nationales. Les populations aussi ne se laissent pas faire. Elles sanctionnent les politiciens et les hommes d’affaires qui ont des penchants pour des intérêts étrangers. Ainsi il n’est pas rare de voir des commissions parlementaires se pencher sur des décisions controversées afin d’éclairer l’opinion.

L’Occident est quand même caractérisé par un système où règne l’ordre et la justice même si tout n’est pas parfait. Si bien que le nouveau venu n’a d’autre choix que de naviguer dans un système règlementé. Un médecin du Burundi ne peut pas pratiquer au Québec (Canada) sans le permis de travail délivré par le collège des médecins. C’est pour quoi on y trouve souvent des cadres venus d’ailleurs convertis en chauffeurs de taxi ou occupant des emplois très pauvrement rémunérés.

La Chine, l’Afrique et les autres pays

Il est déprimant de parler de ce vieux continent qui est toujours sous assistance. Malheureusement les africains noirs sont toujours perçus comme des mendiants ou des paresseux du moins en Occident. En Asie et dans certains pays du Moyen-Orient ils sont considérés comme des esclaves ou des individus maudits. Récemment de passage à Casablanca, j’ai vu des immigrants clandestins noirs qui logeaient dans des abris en cartons. Pour survivre, ils allaient aux coins des rues pour mendier de quoi manger. Les populations locales les regardaient avec dégoût et mépris. En sollicitant continuellement de l’aide, nos dirigeants noirs ne font que renforcer davantage cette mauvaise perception que les autres ont de leurs populations. C’est pourquoi l’immigration noire est en général la moins préférée des pays qui ouvrent encore leurs frontières pour accueillir des étrangers par manque de main d’œuvre ou autres.

Aussi, nos milliers de jeunes qui quittent leurs pays dans des embarcations de fortune pour aller ailleurs est un phénomène grave. Ils devraient forcer leurs dirigeants à créer des programmes d’emploi pour eux au lieu de laisser ces derniers utiliser les fonds publics dans des dépenses de prestige qui n’ont ni queue ni tête. L’abandon de ces pays par leurs jeunesses à la fleur de l’âge est un drame qui risque d’enfoncer ce continent.  De plus, la baisse de la pluviométrie est venue compliquer davantage la situation sociale. Rares sont les cultures qui mûrissent à cause du manque d’eau dans certains pays. Mais c’était prévisible car l’avancée du désert due à La déforestation causée par l’homme est passée par là. Les élections et encore les élections africaines. Les récentes élections au Mali ont suffisamment montré que nos dirigeants ne veulent rien savoir de scrutin libre et transparent. Ils sont des abonnés ou des adaptes de mascarades électorales. Tout ceci avec la complicité de l’occident et de l’organisation internationale de la francophonie qui est un organisme qui ne profite en réalité qu’au Canada et à la France. On a besoin d’une organisation francophone politique qui défend les peuples et non d’une organisation qui vole les plus pauvres de la planète.

La mondialisation nous nuit également. Les produits occidentaux atterrissent en Afrique alors que les nôtres ne le font pas tous. Nos marchés sont ouverts alors que les leurs sont presque fermés. De plus, elle est devenue un dépotoir de produits alimentaires et pharmaceutiques impropres à la consommation voire même cancérigènes. D’où l’augmentation de maladies chroniques et graves tels que le diabète, l’hypertension, les problèmes rénaux et le cancer. Presque tout peut y rentrer car nos systèmes de contrôles tels que les services de douanes ou les services d’inspection sont anarchiques et corrompus. Le désordre est total et absolu. Cette mondialisation est un attrape-nigaud conçu pour appauvrir davantage et mettre à genoux le continent africain et les pays pauvres. C’est de l’escroquerie occidentale.

Que vont faire les chinois dans un tel système méconnaissable presque sans loi ? Ils ont besoin de plus en plus d’énergie, de ressources matérielles et de terres pour l’agriculture entre autres. Ils anticipent également un déficit vivier chez eux avec l’augmentation fulgurante de leur population pour qui les besoins sont devenus de plus en plus difficiles à satisfaire. Les barrières qui vont les retenir sont faibles et elles seront vite démantelées par le pouvoir de l’argent. De plus, ils ont beaucoup d’argent et ils ont en face d’eux des vautours ou charognards africains prêts à vendre leurs pays, leurs frères et sœurs pour de l’argent qu’ils vont investir ailleurs que chez eux.

Mais elle fera également face aux occidentaux dont les intérêts sont hautement protégés et sécurisés. Ces derniers ne vont se laisser faire car la survie et le niveau de vie élevé de leur population en dépend. Il serait inimaginable que la Chine reprenne la bauxite en Guinée au détriment du Canada. Elle ne prendra pas non les contrats pétroliers de la France au Gabon au Nigeria et ailleurs. Sans compter les autres puissances telles que la Grande Bretagne, les États-Unis et le Portugal qui veillent aux grains et surveillent leurs possessions au Zimbabwe en Angola et ailleurs. Mais elle profitera d’une moindre faille de ces puissances afin d’étendre ses influences. C’est ainsi que la China National Petroleum Corporation (CNPC) a repris la part détenue par le français Total dans le gisement gazier Pars-Sud en Iran. Total avait auparavant déclaré qu’il se retirait de ce consortium s’il n’obtenait pas une dérogation aux sanctions imposées par les États-Unis.  Sur un ton sarcastique, Bloomberg a écrit sur un rapport sur l’Iran : « les sanctions américaines contre l’Iran ont offert à la Chine le plus grand champ gazier du monde. »

Enfin la diaspora comme solution à la crise africaine ou ailleurs

La classe politique africaine constitue le maillon faible dans cette nouvelle course aux intérêts. La cupidité et la dictature imposées comme modèle de gestion par l’Elite africaine va davantage fragiliser les conditions d’existence des populations locales. Ces conditions précaires vont être aggravées par la détresse économique et la piètre situation des droits de l’homme.  La Chine comme les autres pays asiatiques ou émergents, avec leur pouvoir financier risquent d’en profiter et de s’installer pour de bon. Beaucoup de nos compatriotes de la diaspora pensent que ce géant asiatique va à son tour coloniser l’Afrique. La diaspora qui soutient ce continent à coup de milliards alors que les nationaux en sortent plus devrait prendre ses responsabilités. Mais en attendant, elle devrait combattre les lois électorales scélérates comme la limitation de l’âge des candidats et l’exclusion des candidats avec la double nationalité. Elle doit également faire entendre raison à l’occident et à ce nouveau géant asiatique qui traine encore beaucoup de casseroles salles à laver au marigot de Genève. La pollution ainsi que la mauvaise situation des droits de l’homme et autres chez Xi Jinping sont de mauvaises augures pour tout le monde.

Gondiel Ka

Montréal, Canada

Chroniqueur

Expertise Relation Afrique Canada

 

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1 Comment

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  1. condabou

    31 août 2018 at 16 h 50 min

    CONDE ABOU,
    Senior Financial Analyst,
    Washington DC, USA

    C’est un excellent papier, mais en même temps qui est sujet à beaucoup de polémique sur l’origine exacte du mal du continent Africain, et sur les solutions proposées.

    Regardez tout juste au niveau de deux points :

    (1)À propos des jeunes Africains, voici ce qu’il dit : ‘’Aussi, nos milliers de jeunes qui quittent leurs pays dans des embarcations de fortune pour aller ailleurs est un phénomène grave. Ils devraient forcer leurs dirigeants à créer des programmes d’emploi pour eux au lieu de laisser ces derniers utiliser les fonds publics dans des dépenses de prestige qui n’ont ni queue ni tête’’.

    Une telle approche est-elle défendable, au regard des moyens dont disposent les jeunes Africains, vivant dans le dénuement total ? Les jeunes Africains sont demandeurs de toutes solutions qui leur permettent de sortir de la pauvreté et de la misère. Ils n’ont aucune responsabilité dans leurs conditions sociales catastrophiques actuelles. Ils n’ont pas les moyens, ni le leadership suffisant pour changer du jour au lendemain les régimes en place.

    (2) L’auteur écrit qu’il serait inimaginable que la Chine reprenne la bauxite en Guinée au détriment du Canada. Elle ne prendra pas non (plus) les contrats pétroliers de la France au Gabon au Nigeria et ailleurs. Sans compter les autres puissances telles que la Grande Bretagne, les États-Unis et le Portugal qui veillent aux grains et surveillent leurs possessions au Zimbabwe en Angola et ailleurs.

    C’est tout le contraire de ce qui se passe. Pour la simple raison que les Chinois sont aujourd’hui imbattables sur la construction des centrales d’énergie solaire et photovoltaïque, sur la production de la bauxite, la construction des ponts, des chemins de fer, et des barrages hydroélectriques, compte tenu de leurs coûts de production très faibles.

    Et surtout compte tenu des capacités scientifiques et techniques que les Chinois se sont données pour forcer le transfert des technologies qu’ils sont allés chercher dans les Universités occidentales et dans leurs centres de recherche académique depuis les grandes réformes de Deng Xiao Ping en 1998.
    Aujourd’hui dans tous les secteurs de pointe, les Chinois ne donnent aucun contrat de marché aux entreprises occidentales sans leur imposer le transfert des technologies.

    Regardez tout ce qui se passe dans leurs contrats dans les domaines de pointe comme la fibre optique, l’industrie de la télévision et tout le reste de l’audio-visuel, les technologies de haute précision dans l’aviation civile et militaire ou la marine, l’électromécanique, les trains à grande vitesse, la robotique, ou les constructions de véhicules automobiles de très fort haut tonnage, etc…

    Je m’arrête là pour ne pas ennuyer le lecteur.
    Mais je constate aussi, que ce n’est pas toute l’Afrique qui est en train d’échouer. Heureusement.

    Les Etats subsahariens qui ont échoué, ce sont les Etats Africains qui ont eu depuis les années 60 des indépendances, des élites politiques catastrophiques et qui ont plongé leurs propres pays dans le désastre actuel. Tout est une question de leadership national et de gestion interne dans les Etats au sud du Sahara.

    L’échec du continent n’est ni la responsabilité des Occidentaux, ni celle des Chinois et des autres.

    Sinon, comment expliquer les progrès économiques extraordinaires du Botswana, du Cap Vert, du Rwanda, de l’Ethiopie ce dernier pays étant connu pour ses famines et inondations interminables durant les années 70 et 80 ?

    Comment expliquer les progrès spectaculaires de l’Ile Maurice et des Seychelles, et même dans une large mesure ceux du Maroc par rapport à l’Algérie qui a pourtant beaucoup plus de ressources en gaz et en pétrole que le Royaume Chérifien ?

    Le Maroc n’a ni pétrole, ni gaz, ni or, ni diamant. Le Congo Kinshasa est 20 mille fois plus riches en ressources naturelles que la Belgique, la puissance coloniale qui a juridiquement quitté ce pays, depuis 1960.

    Prenez les chiffres de la Corée du Sud sur Wikipédia. Actuellement, la Corée du Sud est classée douzième puissance économique mondiale selon le calcul du produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat et quinzième selon le critère monétaire traditionnel.

    Elle est à la fois le pays d’Asie de l’Est avec l’IDH le plus élevé, le taux de suicide le plus élevé et la fécondité la plus faible.

    La Corée du Sud, c’est un revenu par tête d’habitant de plus de 35.000 Dollars US, une population de 51.2 millions d’habitants, une superficie de 100.200 km2, une superficie quasiment comparable à celle de la Haute Guinée (96.700 km2).

    À la fin de la guerre de Corée en 1953, la Corée du Sud avait presque le même niveau de richesse nationale, (le P.I.B.) que le Ghana. Malgré le dynamisme et les progrès du Ghana, comparez les chiffres des deux pays en 2018 !

    Non, nous avons eu la malchance de manquer de good leadership en Afrique Subsaharienne et d’avoir des dirigeants préoccupés par les questions ethniques et régionalistes, et qui n’ont absolument rien compris des lois de l’économie de marché contrairement aux dirigeants Chinois.

    Les dirigeants Chinois ont su infiniment mieux faire que même la Russie Soviétique et les autres anciens pays communistes. La Corée du Nord, pays affamé aujourd’hui, est ruinée par un régime moyenâgeux qui ne comprend rien de la logique des marchés en plein 21ème siècle.

    Doit-on continuer d’applaudir en Afrique subsaharienne les politiques incontrôlées de l’accroissement démographique, alors que nous ne sommes pas capables de donner à nos enfants de plus en plus nombreux, des programmes d’éducation dont le marché a besoin pour affronter les enfants qui naissent et grandissent en Occident ou en Asie.

    Doit-on continuer d’accuser les Chinois après avoir accusé pendant plus de 50 années les Occidentaux sur les causes de notre échec.

    Doit-on continuer à applaudir les dirigeants qui ruinent leurs propres pays et truquent les élections démocratiques ? De toutes façons, les élections ne sont pas du tout organisées par les Occidentaux et ce n’est pas leur faute si la gouvernance démocratique recule de plus en plus.

    Si la France n’était pas intervenue au Mali en 2013, où se trouverait ce pays aujourd’hui ?
    Comprenez qu’aujourd’hui la guerre au Mali coûte excessivement cher au contribuable Français. Comment voulez-vous que la France règle les problèmes internes d’élections et de gouvernance du Mali pour en rajouter davantage aux charges du contribuable Français ? Economiquement et financièrement parlant, la France peut-elle se payer ce luxe aujourd’hui ?

    Peut-on continuer en Afrique à ruiner les budgets de l’agriculture, de l’éducation nationale et de la santé publique, de l’élevage, de la pêche, considérés comme les véritables moteurs de la croissance économique durable ?

    Les Chinois n’abandonneront jamais leurs trophées chèrement acquis sur le marché international, grâce à l’intelligence politique et au leadership de leurs dirigeants depuis les réformes économiques et politiques spectaculaires lancées par Deng Xiao Ping en 1998.

    L’Afrique ne peut en vouloir qu’à ses dirigeants et à leur leadership calamiteux. C’est aussi simple et logique.

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