Coléah-Lansébounyi. Un immense incendie ravage plusieurs habitations de pêcheurs : ‘’c’est un coin de diables’’ 

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Un immense incendie s’est déclaré ce mercredi 3 juin à la corniche de Coléah-Lansébounyi ravageant des dizaines d’habitations de pêcheurs. L’incendie s’est déclaré aux environs de 11 heures, emportant presque tous les biens des victimes. Même si l’origine du feu n’est pour le moment pas certaine, les témoins suspectent un court-circuit.

Selon Kadiatou Cissé, témoin et victime, le feu serait parti de la chambre d’un jeune menuisier alors que ce dernier était absent.

« Grâce à Dieu, ce matin nous nous sommes réveillés sains et saufs jusqu’aux environs de 10 heures 30, 11 heures. Je discutais d’une affaire avec quelqu’un quand nous avons vu la fumée sortir d’une chambre. C’est la chambre de jeunes menuisiers, leur travail est de fabriquer des pirogues. Eux aussi sont sortis tôt ce matin pour aller travailler à Boulbinet. Donc c’est suite à la sortie de cette fumée que le feu a pris de l’ampleur et ravagé tout le coin. Moi je suis propriétaire de 7 chambres dans lesquelles logent des pêcheurs, toutes ont été emportées par les flammes. Je suis vendeuse de nourritures couscous, attiéké et poulet, mes congélateurs, toutes mes affaires ont été emportées, je n’ai rien pu sauver. Vu l’ampleur des flammes j’ai juste cherché à sauver ma vie », explique-t-elle.

Fatoumata Bangoura, une autre victime raconte qu’elle aussi aurait tout perdu.

« Cet incendie s’est déclaré alors que nous étions tous en train de travailler. Moi je lavais les habits de mon enfant. C’est chez mon voisin d’à côté que le feu s’est déclaré à cause d’un court-circuit. Le temps qu’on ne crie au feu l’autre maison d’à côté a pris feu et de là-bas le feu est rentré chez moi aussi. Nous n’avons rien pu sauver. Nous avons perdu beaucoup de choses, certains de l’argent et d’autres n’ont pu rien sauver. Moi je n’ai plus que ces habits que je porte. Heureusement il n’y a eu aucune perte en vie humaine », se réjouit-elle.

Si certains considèrent ces pauvres pécheurs comme des victimes, d’autres comme Mabinty Bangoura les accusent d’être responsables de cet incident

« Moi je suis une enfant d’ici. C’est la concession de mon père. Ici a déjà été brûlé au point que le feu enlève les tôles de mon petit-frère et il nous a fallu les remettre. On leur avait dit de ne pas construire ici car c’est un coin de diables. Avant, on pouvait voir un Blanc assis là avec son fils, on n’arrivait pas ici. Il y a un cimetière ici pourtant eux ils ont construit dessus, ils fument ici, boivent ici et font de la prostitution ici. Ils ont gâté notre concession. Il faut que le gouvernement nous aide à chasser ces gens d’ici sinon il y aura drame ici. C’est la deuxième fois que ce genre d’incident se produit ici. Une bonne partie de l’arrière de notre concession a brûlé et on doit changer tous les tôles. On les avait prévenus de ne pas construire ici et ils ont construit jusque dans l’eau », déplore-t-elle.

Selon d’autres témoins, cet incident aurait provoqué une tension entre les autochtones et étrangers nécessitant l’intervention de la police pour calmer les ardeurs. Au moment de quitter les lieux, une bagarre entre jeunes de chaque bord a éclaté suivie de jets de pierres.

Maciré Camara 

 

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