Conakry : la dépigmentation très prisée, une pratique nuisible à la santé

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Eclaircir la peau, une pratique encore bien ancrée dans l’habitude des populations africaines ces 30 dernières années, d’après un constat. La dépigmentation volontaire ou artificielle touche une grande partie de la population de la Guinée, de l’Afrique et même du monde entier, majoritairement les femmes. S’intéressant à ce phénomène qui continue d’affecter la santé de la population, Mediaguinee est allé à la rencontre des médecins et cette couche féminine qui est la plus exposée.

Docteur Angeline Tinkiano, médecin au dispensaire Saint-Gabriel de Matoto a commencé tout d’abord par définir la dépigmentation comme étant l’ensemble des procédés qui visent à obtenir un éclaircissement de la peau.

Elle a ensuite parlé des causes et conséquences de cette pratique nuisible à la santé.

« De nos jours, la dépigmentation est un phénomène qui prend de l’ampleur chez bon nombre de personnes. Jeunes filles et garçons voir même des personnes adultes tous se sont lancés à la quête des produits cosmétiques en vue d’obtenir une peau blanche ou claire. Ce changement artificiel de la peau pose un véritable problème de société. En Afrique, le teint clair est considéré comme étant un critère de beauté et d’aisance sociale. C’est ce qui amène bon nombres de personnes à utiliser ces produits en quelque sorte, pour améliorer ce qu’elles qualifient de beauté, pensant que la beauté ne se trouve que dans la peau blanche. Ce que ces gens oublient cette soi-disant beauté artificielle est éphémère et n’est pas sans conséquences. Certaines femmes voient leur peau devenir multicolore sur la zone où le produit a été appliqué, alors que d’autres voient apparaître des vergetures, de l’acné ou une atrophie. Tous ces effets sont des conséquences connues des corticoïdes lorsque leur utilisation est prolongée. A côté de ces conséquences esthétiques, cela peut aussi amener des complications vitales. Beaucoup trouvent la mort aujourd’hui due aux tumeurs et au cancer de la peau causés par les effets de ces produits toxiques. Tout cela arrive après la destruction de la mélanine qui ne peut plus protéger la peau contre les rayons solaires », enseigne-t-elle.

Pour étayer ces arguments, elle dira même « Plusieurs centres dermatologiques sont bondés de ces personnes qui n’ont plus de repère. Fort malheureusement pour elles, dépigmentées, elles n’obtiendront finalement pas cet éclat de teint recherché. »

Fière de son teint noir, cette jeune dame se pose la question de savoir pourquoi même la floraison de ces produits de dépigmentation. C’est pourquoi, Saran Sanoh dira même « Le blanc ne fabriquera jamais les produits pour noircir la peau, pourquoi continuons nous à mépriser Dieu le don qu’il nous a fait. Est-ce quoi nous savons pourquoi Dieu nous a donné une telle couleur de peau, peut-être qu’il cache beaucoup de défaut en nous. Estimons-nous heureux et chanceux car nous résistons à beaucoup de maladies. Tout cela est dû à cet organisme que Dieu nous a accordé. Je demande au gouvernement des pays africains d’interdire la fabrication et la venue  de ces produits dans notre continent. »

Pendant que d’autres se sentent à l’aise dans leur couleur de peau noire, cette cliente des produits cosmétiques qui a requis l’anonymat, pointe du doigt le comportement de certains hommes qui les poussent à se métamorphoser.

« Les femmes de teint clair sont les plus attirantes. Quand on sort, elles sont les plus ciblées et les plus vues par les hommes. En quelque sorte, ce sont eux qui nous prouvent que le teint clair est le plus sollicité. Donc nous allons nous rendre belles pour trouver des preneurs », argumente-t-elle.

Les plus malheureuses sont dans le regret, elles n’ont pas obtenu gain de cause. Elles se retrouvent avec des problèmes cutanés et ne peuvent plus obtenir leur peau naturelle.

« Je le regrette très fort aujourd’hui, ma peau n’est ni noire ni claire. Je cherchais à me rendre belle mais j’ai échoué dans ma démarche », regrette-t-elle.

La dépigmentation est un fait de société à bannir en Guinée voire même en Afrique.

Christine Finda KAMANO (stagiaire)

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