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L’Association des victimes du Camp Boiro écarte la vengeance, réclame justice… et réconciliation

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L’Association des victimes du Camp Boiro (AVCB) a animé une conférence de presse à la Maison de la presse à Kipé ce vendredi, 18 octobre 2019 en vue de la commémoration de la nuit des fusillades du 17 au 18 octobre 1971.

Lors de cette conférence, un communiqué de presse relatif aux exécutions intervenues le 18 octobre 1971 sous l’ère Sékou Touré a été lu, dans lequel l’AVCB après s’être remémoré les évènements tragiques et douloureux de cette date, a appelé à l’apaisement afin d’éviter à la Guinée de telle tragédie.

Selon Abdoulaye Conté, secrétaire exécutif de l’AVCB, l’association a choisi de diffuser ce communiqué de presse à cause du fait qu’elle n’a pas pu commémorer comme de coutume cette date compte tenu de la situation sociopolitique du pays.

« Aujourd’hui 18 octobre 2019, l’AVCB a tenu à venir à la maison de la presse pour diffuser un communiqué de presse qui est relatif aux exécutions sommaires qui sont intervenues le 18 octobre 1971 sous la dictature sanglante du président Sékou Touré. Chaque année, nous commémorons cette date. Nous avons l’habitude de les commémorer dans les charniers où on a exécuté, à savoir au pied du mont Kakoulima, au pied du mont Gangan ou à Kankan dans les champs de tir. C’est là-bas que les 70 personnes ont été exécutés et ont été enfouis dans les charniers. Donc chaque année nous choisissons une place, un des charniers où nous allons commémorer, mais pour des raisons contextuelle, la situation d’aujourd’hui, nous n’avons pas pu nous déplacer vers les charniers, nous avons tenu à venir à la maison de la presse pour diffuser un communiqué de presse, pour rappeler aux guinéens et surtout aux jeunes que dans la Guinée il y a eu des exécutions, il y a eu des tueries massives et que ces choses ne doivent pas passer dans aux oubliettes. Ça a bel et bien eu lieu en Guinée, chaque année il faut rappeler ça pour que les gens se comportent différemment et qu’on ait plus ces genres de tueries en Guinée », estime-t-il.

L’AVCB dans sa quête de la vérité et de la justice, appelle à la réconciliation et demande à ce que de telles tragédies ne se produisent plus en Guinée

« Nous au niveau de l’AVCB, nous souhaitons être entendu par les autorités du pays, par le président de la République en premier lieu, qu’il comprenne, qu’il sache que ces tueries ont bel et bien existé. Il le sait, le président le sait mais ce que nous demandons c’est que pour une fois en Guinée, on recherche la vérité, qu’on dise ce qui s’est passé en Guinée. Pour une fois en Guinée qu’il y ait la justice, nous ne disons pas que nous voulons nous venger, nous disons que nous voulons la justice et enfin nous demandons qu’il y ait une réconciliation. Les Guinéens ne savent pas, pour les plus jeunes des années 80 jusqu’aujourd’hui, ils ne savent pas ce que ce pays a vécu. Ils ne peuvent pas comprendre d’où vient la méchanceté des Guinéens, ils ne peuvent pas comprendre d’où viennent ces crimes, ils doivent savoir qu’il y a eu un passé douloureux par lequel la Guinée est passé. Des hommes ont été trempés, ils ont grandi dans ces tragédies et ça a transformé les Guinéens. Un nouveau Guinéen est né, celui qui légitime la mort, celui qui est là pour tuer son prochain, et là tant que nous ne passons pas par la case vérité, justice et réconciliation, nous allons continuer à traverser ce genre de tragédies », a-t-il déploré. Tout en invitant les protagonistes de la présente crise politique à privilégier le dialogue et finir les conflits autour d’une table de négociations, l’AVCB dont le slogan n’est « plus jamais ça » rappelle qu’une date ultérieure sera fixée pour la commémoration de la nuit des fusillades du 17 au 18 octobre 1971.

Maciré Camara

+224 628 112 098

 

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