Conakry : les handicapés qui habitent aux alentours du pont 8 novembre déguerpis

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Les personnes à mobilité réduite qui ont érigé domicile aux alentours du pont de Moussoudougou connu sous le nom du pont 8 novembre situé à la rentrée de Kaloum ont été déguerpis des lieux de force ce lundi, 26 avril 2021 par les forces de l’ordre.

Sur place, on constate que tout ce qu’ils avaient ont été réduits en cendre à savoir les vêtements, chaussures, nourriture et d’autres biens. Bref, rien n’a été épargné par les agents des forces de l’ordre. 

Cellou Tounkara a fait plus de 7 ans sous ce pont et il est aujourd’hui le responsable du groupe de ces handicapés.

« Ce sont des gens du gouvernorat, c’est-à-dire des gendarmes et de deux bérets rouges. Ils sont venus se regrouper sous le pont. En ma qualité de responsable d’ici, je suis sorti pour les demander ce qui n’allait pas. Personne d’entre eux ne m’écoutait et quand un d’entre eux a commencé à crier en nous disant de quitter les lieux, je leur ai dit d’attendre qu’on fasse sortir nos biens. Au moment juste où je venais avertir les autres pour qu’on commence à sortir nos biens, ils sont arrivés et ont mis du feu à travers de l’essence à nos abris. Ils ont brulé tout, nous ne leur avons pas insulté et nous n’avons pas opposé de résistance. On ne refuse pas de quitter mais ils doivent savoir que nous n’avons nulle part où aller. Nous demandons juste d’être ramené à la cité de solidarité à Jean Paul II. Au lieu de cela, ils préfèrent nous infliger cette honte et casser tout. Ils nous avaient fait quitter de là-bas aussi par la force et nous sommes venus ici. Cela fait 7 ans depuis que nous sommes là. Pourquoi faut-il que chaque année il faut qu’ils viennent nous faire cela. Nous n’avons pas choisi d’être là, nous n’avons nulle part à aller à moins que les autorités nous viennent en aide », dira-t-il.  

Poursuivant, il dira : « Au président Alpha Condé, nous demandons de l’aide pour qu’on cesse de nous traiter de cette manière. Qu’il sache que nous souffrons de ces forces de l’ordre qui viennent du Gouvernorat, nous sommes aussi des guinéens… »

Nouhou Negué Diallo dit avoir tout perdu dans les flammes. « Je n’étais pas là lorsque les choses commençaient. Mais dès que je suis arrivé, j’ai trouvé que tout ce que j’avais a été brulé. Rien ne me reste aujourd’hui sauf ce que je porte là. Ils étaient venus une fois aussi, mais aujourd’hui si tu fais sortir tes bagages dans les cabanes, ils reprennent pour les remettre dans le feu. Dieu voit tout ce qui se passe, ils doivent savoir que notre handicap là, on l’a pas acheté au marché. C’est la volonté de Dieu, on a rien fais au créateur pour qu’il nous crée comme ça. Et les personnes qui ont leur jambe au complet n’ont pas fais quelque chose pour bénéficier de cela », dira-t-il, avant d’ajouter :

« On était tous à la cité de solidarité, mais on nous a chassé là-bas et ils ont envoyé des policiers pour nous empêcher de rentrer. Chose qu’on a accepté et on est venu ici pour chercher quoi à manger. Si c’est le malheur qu’ils souhaitent pour nous, Qu’Allah tranche entre nous…». 

Mamadou Yaya Barry 

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