Conakry. Renvoyé par son ambassadeur, le marcheur malien Diarra tient à rencontrer le col. Doumbouya : « ils m’ont logé dans la cuisine »

Print Friendly, PDF & Email

Le seul Malien qui a réellement marché de Bamako à Conakry pendant 16 jours sur une distance de plus de 900 km pour rencontrer le colonel Mamadi Doumbouya est laissé pour compte. Il y a quelques mois, on le sait, la Guinée avait refusé de fermer ses frontières avec le Mali, comme le recommandait la CEDEAO.

Des citoyens maliens ont alors initié d’aller remercier le président Doumbouya pour cet acte panafricain. Il s’agit de AbassTangara, Sékou Sala Tapily et Modibo Diarra. Ces marcheurs sont venus voir l’ambassade de Guinée au Mali qui a saisi le département des Affaires étrangères pour demander l’accord du président.

M. Tangara, âgé de 60 ans avait choisi d’aller sur la moto KTM le 05 Avril , il a donc devancer les deux autres qui devaient faire le trajet à pied. Huit jours tard, M. Modibo Diarra commence sa marche quelques jours avant M. Tapily. Vu l’âge de M. Tapily, sa marche a été écourtée par le président de la transition quand il est arrivé à la frontière, compte tenu de son âge.

Modibo Diarra, jeune qu’il est, était déjà entre Siguiri et Kankan. Donc M. Tapily ne marchera plus. Le président Doumbouya envoie une équipe pour le chercher pour le conduire à Conakry pendant que l’autre (Modibo Diarra) était à Kankan à pied pour la capitale guinéenne. Et partout où ce dernier est passé, il a passé la nuit au gouvernorat ou à la préfecture, bien entretenu par les autorités de la localité. Les deux autres ont été reçus par le président Doumbouya sans attendre M. Modibo Diarra qui était ce jour-là à Mamou.

Arrivé à Conakry 5 jours après, la rencontre des deux autres marcheurs, accompagnés de l’ambassadeur du Mali en Guinée, M. Diarra se voit lui renvoyé par son ambassadeur. Aujourd’hui, il vit chez un jeune guinéen du nom de Moussa Touré, en attendant de rencontrer le président Doumbouya pour lui dire marci. 

À rappeler que M. Diarra est le seul  qui a pu marcher de Bamako à Conakry. Les deux autres, le premier est parti sur la moto, la marche du second a été écourtée compte tenu de son âge.

 « J’ai pris l’initiative de faire cette marche pour la paix et la reconnaissance. Notre ambassadeur s’est comporté comme si je n’étais pas un Malien. L’ambassade de la Guinée au Mali m’a bien entretenu et a envoyé une correspondance à son département pour l’informer de notre marche . J’ai tous les documents. Mais je n’avais jamais imaginé un tel acte de la part de notre ambassade ici à Conakry. Partout où je suis passé à travers la Guinée, je dormais dans les hôtels, pris en charge par les autorités guinéennes, de Kouremalé à Coyah. Quand je suis arrivé à Conakry, je suis directement allé à l’ambassade du Mali à Conakry. Ils  m’ont logé dans la cuisine, même l’eau ils ne m’ont pas donné. J’ai été récupéré par un jeune guinéen chez qui  je vis d’abord, avant de rencontrer les autorités guinéennes. Depuis que je suis venu, seul le président de la communauté malienne, m’a donné un million de francs guinéens pour mes frais. Donc je demande au ministre des Affaires étrangères de la Guinée, de bien vouloir m’aider pour ne pas que mes efforts soient vains. J’ai quitté Bamako 4 jours avant M. Tapily. Mais lui il a pris le véhicule sur la demande du président à Kourémalé, pendant que j’étais entre Siguiri et Kankan ».

Aussi faut-il noter que toutes nos tentatives de joindre l’ambassadeur malien pour sa version des faits sont restées vaines.
Moussa Oulen Traoré

+22391895637 

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.