Conakry : sur fond de recommandations, COGINTA clôture ses 3 jours de formation sur les « enjeux liés aux droits humains »

Il s’est tenu du 10 au 12 janvier dernier à Conakry, une session de formation sur les enjeux liés aux Droits humains, avec la participation de 21 personnes dont 5 femmes.

Financée par l’Union Européenne à hauteur de près de 16 milliards GNF soit 1.750 000 €, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’Appui au Renforcement de l’Accès à la Justice des personnes les plus vulnérables en République de Guinée (PARAJ). Devant le ministre Alphonse Charles Wright de la justice, les participants ont formulé certaines recommandations, notamment

la prise de dispositions pour une meilleure tenue des audiences criminelles dans les juridictions, avec un accent sur les dossiers des détenus ou encore, l’opérationnalisation de l’aide juridictionnelle.

Cet atelier a connu la participation des acteurs de la justice de proximité issus du personnel des ONG partenaires du projet (OGDH et MDT), du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, du ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance, et des Personnes vulnérables, des Maisons de justice, de l’OPROGEM, du SCPPV, d’avocats, de magistrats, ainsi que d’ONG spécialisées sur la promotion des droits humains et de l’accès à la justice.

Les thèmes comme « les Enjeux liés aux Droits humains; les Violences basées sur le genre; les Droits de l’Enfant ; le Droit pénal et la procédure pénale; l’Accueil du public et le traitement des requêtes; la Protection des données personnelles ; les Techniques de plaidoyer; la Médiation et la conciliation » font partie d’un plan de formation de 12 sessions dont la 8e a porté sur les droits humains.

 » Ces trois (3) journées ont été l’aboutissement d’un long processus, dont le point de départ a été l’évaluation des besoins de formation, réalisée auprès d’acteurs de la justice de proximité en République de Guinée. À cette heureuse occasion, permettez-moi, au nom de COGINTA et de ses partenaires de mise en œuvre du PARAJ, de réitérer mes remerciements à Monsieur le Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, qui a bien voulu honorer de sa présence cette cérémonie, preuve du soutien constant de son département à la mise en œuvre de ce projet. J’espère que ces trois jours d’échange vous ont permis d’appréhender tous les contours et de vous approprier de toutes les thématiques liées au respect des droits humains», a mentionné la Directrice pays de COGINTA, Marguerite Tewa Camara. 

La présente formation, aux dires des participants, leur a permis de renforcer leurs compétences, de créer la confiance et des liens significatifs entre eux. C’est pourquoi ils disent avoir été très reconnaissants pour tout l’effort abattu à cet effet. 

« Au nom de l’ensemble des participants, nous vous remercions pour tous les actes que vous posez pour la justice guinéenne. Nous sommes sûrs que chacun de nous a appris l’un de l’autre et des formateurs les points essentiels sur les Droits de l’homme. Nous ne saurions terminer sans remercier le Projet PARAJ du sérieux, de sa bonne volonté, de l’expérience, l’expertise et de l’engagement qu’il a démontrés durant toute cette session de formation», a confié Sékou Condé, Coordinateur de la maison de justice de Kankan, un des participants qui a formulé au nom de ses pairs, ces recommandations à savoir l’opérationnalisation de l’aide juridictionnelle; la pérennisation des activités des cliniques juridiques: l’extension effective des maisons de justice dans les régions administratives et leur opérationalisation ; la poursuite du Projet d’Appui au Renforcement de l’Accès à la Justice des Personnes les plus vulnérables en République de Guinée. 

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Ce module selon le Garde des Sceaux, ministre de la Justice qui a présidé cette clôture, fait partie de la série de formations au compte de ce projet qui a pour objectif général, d’appuyer les organisations de la société civile en matière de consolidation de l’Etat de droit à travers le renforcement de l’accés à la justice des personnes vulnérables et la lutte contre l’impunité en République de Guinée.

 » Comme vous pouvez l’imaginer, cette thématique constitue un des objectifs prioritaires de la gouvernance judiciaire de notre pays. C’est à cet égard que la loi L 2022/012/CNT du 23 septembre 2022 a été adoptée. Cette loi a pour objectif spécifique de permettre aux personnes physiques dont les ressources sont insuffisantes de faire valoir leurs droits en justice. Je ne saurai terminer mes propos sans remercier d’une part, l’Union Européenne qui a financé ce projet», a dit Alphonse Charles Wright, qui a de passage, remercié également Coginta pour la coordination globale du projet; l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen ( l’OGDH) et les Mèmes Droits pour Tous (MDT) (…) pour leur implication.

Selon Madame Françoise FABIEN RABNER, experte de ASF France et formatrice sur le module des enjeux liés aux Droits humains, la collectivité des hommes ne peut fonctionner que dans le respect des droits de chacun. Elle a en plus indiqué que la connaissance de ces droits par les Organisations de la Société Civile (OSC) et les acteurs judiciaires est donc le socle fondamental d’une société pacifiée et progressiste. 

De son côté, l’Ambassadrice de l’Union européenne en Guinée, a quant à elle, confié que l’objectif global de ce projet est de soutenir des organisations en matière de consolidation de l’Etat de droit, et en particulier au travers du renforcement de l’accès à la justice des personnes vulnérables.

 » Depuis son lancement, près de 4 500 personnes vulnérables supplémentaires ont bénéficié de l’assistance juridique et judiciaire gratuite grâce à la faction des Cliniques juridiques et des Maisons de justice du ministère de la Justice et des Droits de Homme qui mènent des actions d’accueil, d’écoute, de médiation et de conciliation. Ce projet vise naturellement à renforcer les capacités et la coordination de tous les acteurs de la justice de proximité. L’atelier que nous clôturons aujourd’hui portant sur le thème des enjeux liés aux droits humains s’inscrit dans ce cadre a fait partie des 12 sessions prévues dans le Plan de formation de ce projet», a fait comprendre Dr Jolita PONS. 

Afin de maximiser et pérenniser les acquis du projet dont les activités prennent fin en mai 2023, les porteurs dudit projet ont sollicité du ministère de la Justice et des Droits de l’homme, la prise de dispositions pour une meilleure tenue des audiences, notamment celles criminelles dans les juridictions. Ce, avec un accent particulier sur les dossiers des détenus dont : la signature de l’arrêté de mise en place du Comité de suivi du PARAJ; l’extension et le renforcement du fonctionnement des maisons de justice qui contribuent au désengorgement des tribunaux.

Sâa Robert Koundouno

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