Conakry : trois présumés violeurs dans les filets de la BSPPV de Bellevue

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Face à la presse ce mardi 8 décembre 2020, la Brigade Spéciale de Protection des Personnes Vulnérables (BSPPV) de Bellevue a procédé à la présentation de trois présumés violeurs de mineures. Les actes ont été commis à Coyah, Kobaya et Tombolia et les accusés pour la plupart reconnaissent les faits. 

« Ils reconnaissent tous les faits. Celui de Coyah reconnaît les faits. Il a commis cette forfaiture avec un de ses amis. D’abord ils ont quitté Kobaya et ça a été bien planifié. C’est des escrocs à l’origine. Ils ont un petit groupe qui escroque les citoyens. Ils sont partis à Coyah. Ils ont commencé par dire à la fille ‘’va envoyer de l’argent, ta maman a l’argent à la maison’’. Lorsque la première fille est partie chercher l’argent, ils ont profité de son absence pour abuser de l’autre fille qui est restée avec eux. Donc leur projet, le départ pour Kobaya, c’était pour partir voler. Mais comme ils n’ont pas pu voler, ils ont commis cette forfaiture. Ils reconnaissent les faits. Son second, lui, a fui. Mais soyez rassurés, dans les jours à venir, il sera interpellé », a déclaré l’adjudant-chef Bernard Tenguiano, commandant de la BSPPV. 

Nènen Sow, une fillette de 11 ans qui a été victime d’un viol collectif explique le déroulement des faits : «  J’étais sortie, j’étais en  train de partir chez mon amie mais je ne savais pas que mon amie était allée acheter du savon à la boutique. Quand je suis sortie, je l’ai vue, elle était en train de venir chez nous. J’ai vu les garçons, ils nous ont appelées. Nous sommes parties. Ils nous ont demandé si on peut garder un secret. On a dit oui, on peut garder un secret. Ils ont fait sortir des couteaux et nous ont dit d’envoyer de l’argent avec des complets. Moi j’ai envoyé 100.000 et deux complets. Ma copine Binta a envoyé 200.000. Moi j’ai été la première à envoyer, l’autre m’a prise et m’a envoyée derrière une maison. Alors ma copine Binta est venue, elle a dit où est Nènen Sow? L’autre garçon a dit qu’elle est partie chez vous. Binta est partie voir si j’étais là-bas, mais je n’étais pas là-bas. L’autre gars m’a attachée et a fermé ma bouche. L’autre est tombée sur moi. Quand j’ai crié, l’ami de mon petit frère est venu, il a grimpé, il a vu que l’autre m’a fait coucher et il est tombé sur moi. Quand ils l’ont vu, il était en train d’essayer de s’enfuir et les jeunes du quartier sont venus, ils l’ont attrapé », a-t-elle expliqué.  

Accusé de viol sur mineure suivi de grossesse, Yaya Camara est âgé de 29 ans, il est commerçant de son état, marié et père d’un enfant. Même s’il reconnaît être l’auteur de la grossesse de la victime, il nie l’avoir violée. « Leur fille sort avec moi depuis fort longtemps. Parce que ses  parents ont plus d’argent que moi. C’est la force ils me montrent. Je ne l’ai pas violée. La fille elle-même peut le témoigner. Je suis l’auteur de la grossesse mais je ne l’ai pas violée. C’est ici qu’on me dit que la fille est mineure. Moi je ne savais pas si elle était mineure. La fille ne m’avait pas dit »,  se défend-il.

Une version aussitôt appuyée par la victime. « J’ai 16 ans, je fais la 6ème année. J’étais avec un homme. Il s’appelle Yaya Camara. Il est mon petit ami. On est ensemble depuis 2 ans maintenant. Dans ça je suis tombée enceinte. C’est ce problème qui m’a emmenée ici. Il ne m’a pas violée »,  soutient-elle.

Face à cette recrudescence des cas de viol dans la société, l’adjudant-chef Bernard Tenguiano en appelle à la vigilance des parents. « Vous comprendrez aisément, à travers les témoignages des victimes, que le violeur n’est jamais loin. On l’a toujours dit, on l’a toujours dénoncé. Mais soyez rassurés que nous la brigade, sous les auspices du Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, on ne va jamais se fatiguer. Elle a été créée pour ça. Jusqu’à leurs derniers retranchements, ces personnes qui vont se livrer à cette pratique seront dénichées, interpellées et répondront des faits. Aujourd’hui, on passe ce message pour dire aux parents de veiller sur les enfants. Le violeur n’est jamais loin. Il est à côté, il est tout proche et personne n’est à l’abri de ce phénomène. Ce ne sont pas des vieilles personnes, c’est pas des handicapées, c’est pas des petites filles, c’est pas des infirmes, toute personne peut être victime de viol et toute personne peut violer. N’ayez confiance en personne. A tout moment le violeur peut passer à l’acte », estime-t-il.

Les présumés violeurs doivent être entendus par les tribunaux de Coyah, Dixinn et Mafanco. 

Maciré Camara

+224 628 112 098 

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