Conflit domanial : l’Eglise catholique de Guinée souhaite être rétablie dans ses droits

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Suite au  conflit domanial qui les oppose à la communauté villageoise de Kendoumaya, les prêtres de l’archidiocèse de Conakry et leur avocat ont, au cours d’un point de presse qu’ils ont animé ce vendredi 22 octobre 2021 dans l’enceinte de l’archevêché, adressé une lettre ouverte de protestation aux habitants du village de Kendoumaya où un prêtre de la communauté Saint Jean aurait été battu, molesté et traîné dans la boue le 22 septembre dernier.

Me Faya Gabriel Kamano, avocat de l’Eglise catholique, a indiqué que cette affaire qui perdure toujours aurait déjà été tranchée en leur faveur par la juridiction de Coyah, tout en montrant une copie de signification d’une expédition  d’un jugement rendu par le tribunal de première instance de Coyah , à la date du 28 juillet 2021 et un certificat de non appel et de non opposition comme preuve. Et que la communauté villageoise qui les a traduits en justice aurait même été condamnée au payement d’une amende de 100 millions de francs guinéens à l’Eglise.

Pour lui, si cette situation est toujours pendante, c’est de la faute des autorités : « ils continuent à nous empêcher de travailler, cela est exact, mais cela c’est par la faute de nos autorités. Une loi ne vaut que par son application, une décision de justice ne vaut que par son exécution et le garant de l’application de la loi c’est le président de la République. Puisque le président de la République est un homme, il ne peut pas être dans toutes les entités, c’est pourquoi il se fait représenter. C’est pour cela, dans  ce problème,  le préfet d’alors a toujours été saisi et lorsque vous voyez les décisions de justice enfin, il y a ce qu’on appelle la grosse, c’est à dire la formule exécutoire de la justice. Mais combien de fois nous avons requis le préfet Aziz Diop à l’époque et rien n’a été fait. Combien de fois nous avons requis les services de police et de gendarmerie de Coyah et rien n’a été fait. Le parquet de Coyah a même démissionné. Ce n’est pas trop fort mais c’est exactement le mot. Donc si nous souffrons, ce n’est pas parce que nous n’avons pas de décision de justice. Nous souffrons parce que les autorités ne veulent pas s’assumer, les autorités ne veulent pas nous accompagner, ne veulent pas qu’il y ait l’application de la loi. Et imaginez-vous que dans toutes les contrées de la Guinée les individus se lèvent comme ça pour réclamer dans le désordre des biens. Il n’y aura plus d’harmonie, ça sera la jungle entre nous. Nous c’est pourquoi, malgré notre frustration, nous continuons à compter sur les autorités. Parce que nous savons que notre salut ne viendra que par l’application de la loi, par le respect de la justice. »

Le père Francis Roger Oularé, curé de la paroisse Saint Charles de Sonfonia, a ajouté que l’inaction des autorités administrative, civile et judiciaire de Coyah prouve à suffisance que quelque part elles sont complices.

« On pourrait le résumer ainsi cette action qui a duré pratiquement sur une longue période. Sinon quelque chose qui vous appartient, dont vous avez des preuves avec des documents à l’appui et qu’on vous conteste. Quand vous réclamez, on ne vous répond pas. Il y a quand même une complicité en dessous. Et est-ce que le fait que prêtre ait fait des tirs de sommation on dit bien des tirs de sommation,  et un des villageois aurait dit qu’on a tiré sur lui…Mais c’est trop facile, la médecine est là, on peut faire des expertises pour prouver oui ou non est-ce que vraiment il a été victime de tir d’ une arme à feu ou pas. Mais ce qui n’a pas été le cas. Nous dénonçons donc cette inaction des autorités de Coyah. Et pour nous, on suppose que  l’Etat a démissionné dans ce litige domanial à Coyah », a-t-il ajouté.

Pour privilégier le vivre-ensemble, cultiver la paix, la concorde et l’harmonie sociale, l’Eglise propose à la communauté villageoise et la  communauté Saint Jean de Kendoumaya de faire une démarche de réparation et de demande de pardon en faisant une journée de jeûne et de pénitence qui sera clôturée par des célébrations et des lectures de Coran.

Christine Finda Kamano 

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