Congo : des partis “non conformes” suspendus à Brazzaville dénoncent des critères arbitraires

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Le ministre congolais de l’Intérieur Raymond Mboulou a suspendu dans un arrêté des partis politiques qui ne remplissent pas les critères, notamment la représentativité et l’implantation dans le pays. Les responsables des formations interdites dénoncent “une décision arbitraire”.

C’est la deuxième fois en deux ans que le gouvernement de la république du Congo publie la liste des partis politiques accrédités. Cette année, 45 partis sont retenus sur les quelque 200 que compte le pays. Les rejetés sont mécontents.

“Unis pour le Congo” (UPC) de Paulin Makaya fait partie des formations interdites. Il se dit victime d’avoir refusé de faire allégeance au pouvoir en place.

Pour nous, c’est un non-événement. Je n’irai jamais faire la courbette, parce que nous sommes un parti sérieux. L’UPC reste un grand parti”, affirme M. Makaya.

 

Parmi les principaux critères de reconnaissance des partis au Congo : être représentatif dans les assemblées départementales ou nationale, et avoir une implantation sur l’ensemble du pays.

Des critères fantaisistes”, selon Clément Mierassa du PSDC, un parti créé à la conférence nationale de 1991, mais qui n’a pas été reconnu.

“C’est une volonté d’exclusion, c’est un choix délibéré de prendre un certain nombre de partis pour accompagner la démarche. Le problème du Parti congolais du travail (au pouvoir), le bilan est négatif, le président Denis Sassou N’Guesso a lamentablement échoué, les preuves sont là”, dénonce Clément Mierassa qui parle d’injustice.

Pourtant soutenant la politique du chef de l’Etat, l’UMP de Digne Elvis Tsalissan Okombi est également sur la liste noire. Celui-ci dénonce le clientélisme politique.

“Près de 70% des partis qui sont sur cette liste sont fantaisistes. Ce sont des partis qui depuis 2007 n’ont participé à aucun scrutin, n’ont aucun élu des partis”, fait constater Tsalissan Okombi.

Le politologue Constant Ebara Pea estime que les critères énumérés par le gouvernement pour reconnaître ces partis sont subjectifs.

Est-ce qu’on peut nous dire aujourd’hui où se trouve le CNR du pasteur Ntumi dans les Plateaux par exemple? De combien d’élus dispose ce parti ? Ces critères sont de l’enfumage, parce qu’il y a beaucoup de partis qui n’ont même pas de siège, mais qui se retrouvent sur cette liste”, analyse le politologue.

Cette liste de 45 partis politiques sort au moment où le gouvernement s’apprête à organiser une concertation politique à Madingou, dans le département de la Bouenza, dans la perspective de l’élection la présidentielle de mars 2021.

Source : VOA

 

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