Conséquence de l’état d’urgence sanitaire : le transport Faranah-Conakry grimpe

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Parfois, un malheur ne vient jamais seul. C’est autant dire que depuis que l’état d’urgence décrété en Guinée, non seulement la plupart des activités tournent au ralenti, pire les prix connaissent une montée vertigineuse. C’est le cas du transport routier urbain et interurbain qui se heurte à de sérieuses difficultés liées surtout au tarif.

Pour pallier ces difficultés, les transporteurs limitent le nombre de passagers dans leurs véhicules. Désormais, les voitures de six places se contentent de trois passagers. Tandis que ceux de neuf places prennent six personnes et de sept à dix personnes pour les minibus de dix-huit places.

Toutes ces mesures selon le syndicat des transports, constituent une manière d’éviter la contamination du nouveau coronavirus. Cette réduction de nombre de passagers dans les véhicules de transport n’est sans conséquence sur le tarif de transport. Le coût connaît une nette flambée incontrôlée.

À ce jour, le transport Faranah – Conakry passe de 115 mille à 180 mille francs guinéens pour les minibus et de 130 mille à 195 mille francs guinéens pour les taxis. 


Sur les raisons de la montée du tarif du transport, Ali Kéita, syndicat des transporteurs CNTG à Faranah, précise : « On a changé le transport parce que le car qui prenait 17 personnes maintenant là, on prend 10 personnes. Donc le transport de ces 7 personnes ont été rajoutés sur les 10 personnes.
Avant, le transport d’ici Conakry c’était 115.000fg par personne, les minibus et 130000fg pour les taxis mais à l’heure-là, le minibus c’est 180.000fg et le taxi 195.000fg. Comme l’État a décidé ainsi c’est ça que nous allons faire parce que les 10 personnes là même le prix du carburant ça ne peut pas suffire et les gens veulent voyager. Donc après les assises, il faut ça et c’est ce que nous allons faire. Le prix du carburant doit descendre c’est ce qui peut arranger les citoyens. »


Alsény Camara, chauffeur sur la nationale Faranah-Conakry nous confie ceci : « Tout ce qu’on demande à l’Etat c’est de diminuer le prix du carburant, à l’heure-là, les gens pleurent mais comment on va faire ? Ce n’est pas nous aussi, avec les voitures familiales on prenait 9 personnes mais à l’heure-là c’est 6 personnes. Donc le transport, on n’est monté à 195.000fg par ce qu’on ne peut pas rester comme ça, il faut que le véhicule voyage. Le minibus aussi on a diminué à 10 personnes à raison de 180.000fg. Vraiment on demande le gouvernement de diminuer le prix du carburant si non on ne gagne pas des clients. A l’heure-là, les étudiants veulent partir mais ils n’ont pas d’argent, y’a beaucoup qui pleurent à l’heure-là, ils disent le transport est monté et pourtant le carburant est cher. Donc si on prend les 10 personnes on perd plus de 300.000fg et plus de 200.000fg pour les voitures familiales. C’est pourquoi on se débrouille à l’heure-là parce que si on ne bouge pas on peut pas avoir les dépenses pour les familles. »
Ces derniers préconisent d’ailleurs la baisse du prix du carburant pour permettre aux transporteurs de respecter la réduction du nombre de passagers décidée par le chef de l’Etat. Aussi et surtout soulager les citoyens dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire décrété depuis le jeudi, 26 mars 2020 en Guinée. A ce jour, les dernières statistiques font état de 22 cas de coronavirus confirmés dans le pays. 
Il faut tout de même noter qu’il y a une faible affluence des passagers à la gare routière de Faranah. Toute chose qui s’explique par la montée vertigineuse du transport mais aussi de la surfacturation des colis par les conducteurs.

Lanciné Kéita, correspondant à Faranah

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