Covid-19 à Labé : citoyens et agences de transfert d’argent tirent le diable par la queue

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Au-delà des conséquences sanitaires du Covid-19, celles économiques ne sont pas des moindres. Dans la commune urbaine de Labé, si les agences de transfert d’argent implantées sont sérieusement impactées par défaut de clients, force est de reconnaitre que de nombreuses familles qui dépendent en grande partie du soutien de la diaspora sont aussi confrontées à plusieurs difficultés.

Interrogée, la citoyenne Djénabou Diallo qui compte sur son grand-frère vivant à l’étranger affirme que les dépenses n’arrivent plus suite au confinement des expéditeurs.

« Actuellement pour avoir à manger, c’est difficile. Moi par exemple, je dépends de mon frère qui est en Suisse et qui m’envoyait chaque mois une valeur de 2 millions de francs guinéens. Mais aujourd’hui, nous sommes le combien ? Je n’ai rien reçu encore. Il ne sort pas chez lui sauf pour aller à la pharmacie ou au super marché. Vraiment c’est difficile mais on s’accroche. Les gens comme moi tirent présentement le diable par la queue », explique-telle.

Hadja Aïssatou Souaré qui est confrontée à la même situation a tenu à préciser : « J’ai deux fils en France et une fille en Espagne. Je dépends d’eux mais là, ce n’est pas facile. Aucun d’entre eux n’a pu m’amener ma dépense. Je ne peux vous dire les difficultés auxquelles je suis confrontée. Car, j’ai plusieurs bouches à nourrir. Que Dieu nous aide à aller au bout de cette maladie. Sinon nous, nous allons souffrir », prie cette mère de famille.

Une situation qui affecte sérieusement les différentes agences de transfert d’argent de Labé. Pour Mamadou Aliou Diallo, gérant d’une agence de transfert d’argent située au quartier Mairie, la situation critique.

« Les personne qui amènent de l’argent de l’étranger sont confinés chez eux. Ils n’ont pas la possibilité d’amener de l’argent pour leurs familles respectives qui sont ici. Du coup, nos activités sont au ralenti. Avant, par mois, on fessait des chiffres bien conséquents. Mais depuis le début de l’année, ça à diminuer, nous sommes sérieusement affectés… »  

Même son de cloche pour Alhassane Diallo qui nous a confié que suite aux dispositions prises dans les pays où cette maladie fait rage, leur chiffre d’affaire est à la baisse.

« C’est effectif. Depuis que maladie est apparue, nous enregistrons une régression de nos activités. Les bénéfices que nous perdons sont énormes et ils peuvent être estimés à plusieurs millions de francs guinéens. J’effectue des opérations entre la Guinée et les Etats-Unis d’Amérique et d’autres pays européens. »

Tidiane Diallo, correspondant régional à Labé

+224 620 44 25 83

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