Covid-19. Cardinal Sarah fustige la vanité de l’homme : ‘’il considère comme humiliant de dépendre de Dieu’’

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Visiblement, le cardinal guinéen Robert Sarah, 74 ans, n’est pas surpris par l’apparition de la maladie du coronavirus. Dans une interview dans Valeurs Actuelles, l’ancien archevêque de Conakry indique que « ce virus a agi comme un révélateur. En quelques semaines, la grande illusion d’un monde matérialiste qui se croyait tout-puissant semble s’être effondrée. Il y a quelques jours, les politiciens nous parlaient de croissance, de retraites, de réduction du chômage. Ils étaient sûrs d’eux. Et voilà qu’un virus, un virus microscopique, a mis à genoux ce monde qui se regardait, qui se contemplait lui-même, ivre d’autosatisfaction parce qu’il se croyait invulnérable ».
Pour le prélat qui défend avec ferveur le célibat des prêtres, « la crise actuelle est une parabole. Elle révèle combien tout ce en quoi on nous invitait à croire était inconsistant, fragile et vide ». Et d’ajouter : On nous disait : vous pourrez consommer sans limites ! Mais l’économie s’est effondrée et les Bourses dévissent. Les faillites sont partout. On nous promettait de repousser toujours plus loin les limites de la nature humaine par une science triomphante. On nous parlait de PMA, de GPA, de transhumanisme, d’humanité augmentée. On nous vantait un homme de synthèse et une humanité que les biotechnologies rendraient invincible et immortelle. Mais nous voilà affolés, confinés par un virus dont on ne sait presque rien. L’épidémie” était un mot dépassé, médiéval. Il est soudain devenu notre quotidien ».

Poursuivant, le charismatique leader de l’aile la plus conservatrice de la curie appuie que ce virus a mis l’homme nu, montré sa faiblesse et sa vulnérabilité.
« Je crois que cette épidémie a dispersé la fumée de l’illusion. L’homme soi-disant tout-puissant apparaît dans sa réalité crue. Le voilà nu. Sa faiblesse et sa vulnérabilité sont criantes ».

A l’en croire, ‘’le fait d’être confinés à la maison nous permettra, je l’espère, de nous tourner de nouveau vers les choses essentielles, de redécouvrir l’importance de nos rapports avec Dieu, et donc la centralité de la prière dans l’existence humaine. Et, dans la conscience de notre fragilité, de nous confier à Dieu et à sa miséricorde paternelle ».

Plus loin, le chef de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements met en avant le fait de l’homme de refuser de dépendre. « J’ai souvent répété, en particulier dans mon dernier livre, Le soir approche et déjà le jour baisse, que la grande erreur de l’homme moderne était de refuser de dépendre. Le moderne se veut radicalement indépendant. Il ne veut pas dépendre des lois de la nature. Il refuse de se faire dépendant des autres en s’engageant par des liens définitifs comme le mariage. Il considère comme humiliant de dépendre de Dieu. Il s’imagine ne rien devoir à personne. Refuser de s’inscrire dans un réseau de dépendance, d’héritage et de filiation nous condamne à entrer nus dans la jungle de la concurrence d’une économie laissée à elle-même. Mais tout cela n’est qu’illusion. L’expérience du confinement a permis à beaucoup de redécouvrir que nous dépendons réellement et concrètement les uns des autres. Quand tout s’effondre, seuls demeurent les liens du mariage, de la famille, de l’amitié. »

Selon l’AFP, le Covid-19 a causé 140 000 décès dans le monde depuis le début de la pandémie en Chine en fin d’année 2019. Plus de 2 millions de personnes ont été contaminées par le coronavirus. Les Etats-Unis restent le pays le plus touché avec plus de 30 000 décès.

Noumoukè S.

 

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