Covid-19 et cours en ligne en Guinée : les inquiétudes des citoyens

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Annoncé il y a quelques jours, la date officielle pour le début des cours en ligne pour toutes les options du secondaire a été effectif ce lundi 27 avril 2020. Dans ce micro-trottoir réalisé par Mediaguinee à travers un de ses reporters, les avis des citoyens interrogés divergent sur cette initiative du gouvernement.

Même si la plupart apprécie cette initiative, de nombreux autres citoyens affichent leurs inquiétudes quant à son application effective. C’est le cas de Cécé Soumahoro.

« Je pense que c’est quelque chose qui sera pratiquement impossible parce que ce ne sont pas tous les élèves qui ont accès à Internet ni à l’électricité. C’est quelque chose qui est très complexe et je pense qu’un citoyen lambda qui se trouve aux confins de la Guinée là-bas à Yomou dans un village qui doit préparer son bac, comment il va faire pour accéder à l’Internet pour suivre ses cours. C’est bien réfléchi de la part du gouvernement ? Mais moi, je trouve que c’est impossible », a-t-il estimé.

Pour Mohamed Kéita, cette initiative s’avère difficile pour certains parents d’élèves.

« C’est difficile parce qu’il y a des enfants qui ne connaissent même pas ce qu’on appelle Internet. C’est bon quand même parce que c’est pour éviter la propagation de la maladie là. On est tout à fait d’accord, c’est bon mais l’accès à Internet. C’est pas tous les enfants qui savent manipuler et c’est pas tous les parents qui ont les moyens d’acheter un téléphone Android pour leurs enfants. Donc c’est difficile », fait-il remarquer.

Mamadou Barry, commerçant au marché Madina ne comprend pas comment l’élève pourrait poser ses inquiétudes au professeur quant aux parties non comprises.

« C’est pas bon féou. Il y a certains qui n’ont même pas de télévision. Il y a certains qui sont au village et il y a certains aussi qui ne connaissent même pas les téléphones là. Et même à Conakry c’est pas tout le monde qui a la télévision. Et encore quand le monsieur donne les cours et que toi tu suis ça, si tu n’as pas compris, comment tu vas demander au monsieur pour ça et ça ? Tu as vu, c’est pas facile », conclut-il.

Pour ce jeune nommé Mamadou Oudy Diallo, même s’il trouve bonne l’initiative, mais se demande comment feront les élèves dont les parents sont très pauvres et qui ne disposent ni de téléphones Android ni d’ordinateurs et encore moins de téléviseurs.

« Ça c’est une bonne initiative. Moi, je me demande même comment le gouvernement va faire ça. Ça m’étonne un peu parce qu’il y a des élèves qui n’ont pas de téléphone, qui n’ont pas d’ordinateur, comment ils vont suivre les cours là ? Parce qu’ils ne peuvent pas lancer les cours là pour certains élèves pourtant ils font tous examen. Par exemple tu peux voir dans une salle de classe c’est cinq personnes seulement qui ont des téléphones Android ou ordinateurs. Maintenant s’ils font les cours en ligne là c’est seulement les cinq qui vont recevoir les cours là. Maintenant les autres comment ils font faire ? À l’examen comment ils vont faire ? Je me pose la question. Alpha Condé avait promis les tablettes mais il n’a pas emmené et on sait que le gouvernement ne peut pas acheter un téléphone pour chaque élève, alors pour moi, c’est difficile à faire mais je les encourage quand même », déclare-t-il pour finir.

Quant à Abdoul Karim Diallo, même s’il redoute l’effectivité de cette initiative sur l’ensemble du territoire national surtout dans les villages les plus reculés, il estime tout de même qu’elle vaut mieux qu’une année blanche

« On peut dire que c’est bon parce que par exemple les élèves de la capitale qui ont des téléphones Android et la télévision peuvent suivre les professeurs et étudier. Mais ceux qui sont à l’intérieur du pays dans les villages plus reculés et les élèves qui sont en classe d’examen ne peuvent pas savoir comment se voir avec les professeurs, s’expliquer ou d’écouter les radios à tout moment et c’est difficile d’avoir des radios dans les villages plus reculés. Mais comme c’est une maladie qui vient mondialement et que ce n’est pas en Guinée seulement, c’est mieux de faire comme ça pour ne pas que le pays soit en retard et fasse une année blanche parce que ça va nous faire perdre beaucoup d’économie. Mais on n’a pas le choix et on est obligé de faire comme ça », juge-t-il.

A rappeler que l’école guinéenne se retrouve fermée depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire décrété par le Président de la République au mois de mars dernier.

Maciré Camara

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