Covid-19 et fête de Ramadan : le cri du cœur des couturiers 

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L’avènement de la pandémie à Coronavirus dit Covid-19 a provoqué une crise économique sans précédent dans le monde entier. En Guinée, à l’image de leurs concitoyens, les couturiers paient cher les conséquences de la crise économique liée à cette maladie. Les fêtes musulmanes sont habituellement considérées comme une bonne occasion pour les couturiers. Mais cette fois avec le Coronavirus qui sévit, ces couturiers voient leur profession affectée avec la crise économique mondiale qui ne cesse de s’aggraver. Si par le passé les services des couturiers étaient des plus convoités par les hommes et les femmes surtout pendant les périodes de fête, cette année semble faire exception à l’accoutumance.

Dans ce reportage réalisé par Mediaguinee, nous avons constaté le ralentissement des travaux dans quelques ateliers de la capitale.

Pour Christiane Théa couturière pour enfants, les affaires ne bougent pas comme d’habitude. 

« Pendant ce temps-là, les affaires bougent mais pas comme d’habitude. Et c’est pendant ces dernières minutes là que les clients commencent à venir. Il y en a qui se plaignent qu’elles n’ont pas d’argent et qu’elles étaient à l’attente pour voir comment allait se dérouler les choses. Mais en tout cas on a vu que ce n’est pas comme d’habitude. Surtout les robes que j’expose il n’y a pas trop d’achats cette année. Les gens préfèrent envoyer des pagnes et demander de faire beaucoup de rabais par rapport aux autres années. Donc ce n’est pas comme d’habitude », dira-t-elle.

Dans le même ordre d’idée que sa consœur, Aboubacar Bangoura couturier pour hommes et dames ajoute que la maladie à Coronavirus a tout compliqué. Il demande au gouvernement de tout faire pour bouter le virus hors de la Guinée.

« À l’heure où nous sommes avec cette maladie c’est pas facile. Sinon nous les couturiers, à pareil moment quand tu envoies ton pagne on refuse de le prendre. Mais avec cette souffrance que subissent les femmes dans leurs commerces surtout que rien ne marche, elles n’ont même pas d’argent pour donner à leur couturier. J’ai même des pagnes dans mon atelier jusqu’à présent je n’ai pas vu les propriétaires. Même avec les métiers rien ne marche. Cette maladie est venue vraiment bloquer l’économie guinéenne parce que moi couturier jusqu’à présent je continue à prendre les pagnes. Mais quand tu prends, le propriétaire aussi quand il vient déposer il n’a pas d’argent à te donner. Tu entends il n’y a pas de fête. Ça c’est un peu difficile. Alors que le gouvernement nous aide à bouter cette maladie hors de la Guinée et hors du monde », lance-t-il.

Selon Mamadou Djan Diallo couturier pour dames et enfants, il leur arrivait de passer des nuits blanches pendant les fêtes précédentes tant ils étaient débordés de travail.

« Avant, pendant les fêtes on avait beaucoup de travail mais cette maladie a fait que cette année ce n’est pas le cas. Nous n’avons reçu que les habits, les pagnes des enfants à coudre. Avant, pendant les fêtes, nous travaillions jour et nuit mais maintenant il n’y a pas de travail. Alors nous prenons les choses telles qu’elles se présentent. Nous prions Dieu d’éloigner cette maladie parce que c’est surtout elle qui est responsable de cette crise. Sinon dans les années précédentes on avait assez de travail pendant les fêtes mais cette année cette maladie complique tout », conclut-il.

Si le mois de Ramadan est considéré comme un mois de prière, de partage et de communion, il faut noter que cette année les musulmans du monde entier se sont vus plus éprouvés dans leur foi face aux problèmes causés par la crise sanitaire entraînant de part et d’autre dans nombreux pays musulmans la fermeture des lieux de culte et l’interdiction de regroupements.

Maciré Camara 

+224 628 112 098

 

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