Crise de l’école guinéenne : le silence coupable de Mamady Youla? (Par Ibrahima Diallo)

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Depuis quelques jours le système éducatif guinéen est ébranlé par le boycott des enseignants. Le SLECG – Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée – a constaté l’arrestation de certains de ses membres qui ont dénoncé le non- respect des accords passés avec le Gouvernement. Ce qui n’est pas de nature à faciliter les relations de confiance.

Les élèves de certaines écoles se sont invités dans la danse. D’abord, pour obtenir la libération des syndicalistes, ensuite pour exiger l’application des accords.

Dans un régime où le Premier est chef du gouvernement, donc garant du dialogue, il ne devrait pas faire dans le mutisme. Cette espèce d’attitude de politique de l’autruche face au danger que constitue ce mouvement social qui fait assez de dégâts dans la cité, est inadmissible. Mamadi Youla est resté muet depuis tout ce temps.

S’il n’est pas complice des activistes, il est coupable devant cette situation qui n’aurait pu prendre une si grande ampleur surtout en l’absence du chef de l’Etat.

Aujourd’hui plus que jamais la Guinée a besoin de calme et de paix. Des morts, des blessés, des jeunes gens au cachot, on n’en a pas besoin. Des nuages de gaz lacrymogène sur le toit de Conakry, le pays n’en veut pas. Des bastonnades et la chasse à l’homme dans les quartiers et les rues, non plus.

Gouverner c’est agir.

Il est vrai que le président est en voyage. Mais quand on est au gouvernement, on gouverne d’autant plus que le Premier ministre est au pays. Et quand on est Premier ministre, on fait éviter à ses concitoyens du sang versé. Ce, à n’importe quel prix.

Toutefois, c’est encore là la côte d’alerte pour le régime d’Alpha condé. Il doit savoir lire les signes. Comme il doit apprendre à comprendre que d’accumulation en accumulation personne ne souhaite l’irréparable…

Alors, Mamady Youla doit savoir jouer son rôle ou partir. S’il dormait, il doit se réveiller. Car, il faut vite faire ramener tous les acteurs sociaux à la table de négociation pour qu’en fin une solution idoine soit trouvée. C’est de son rôle. Il est investi de la confiance du président, il doit agir. Car, c’est le devoir du Premier ministre et pas d’un autre. Il doit le faire et il peut le faire avant qu’il ne soit trop tard. C’est de sa responsabilité.

Étant donné que nul ne pourra accepter le désordre et l’anarchie dans le pays, disons-le tout de suite, aucun citoyen ne souhaite que la situation actuelle perdure.

Chaque habitant de Conakry et des autres cités du pays ayant au moins un fils, un frère, un voisin ou un ami dans le système éducatif, suit ce qui s’y passe depuis le déclenchement du mouvement social. Inutile donc de vouloir se cacher le visage. Avec la mondialisation de l’information, tout se sait à la minute. Aux actes, donc !

Pour le pays, Mamady Youla doit passer aux actes ou avouer son incapacité à conduire le dialogue social. Et si c’est cela, jeter l’éponge.

Ibrahima Diallo
DG Radio liberté Fm

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