Crise sociopolitique au Mali : devoir de solidarité par respect et humanisme au peuple malien (Boubacar Sèye)

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Ce mardi 18 Août, une date historique pour le peuple Malien qui a obtenu la démission du Président IBK suite à un coup d’État militaire. C’est un aboutissement malheureux mais prévisible de la situation délétère, créée par IBK et son régime. Ce qui devait arriver, arriva !

Cette crise aux conséquences incalculables dans une sous-région déjà fragilisée par des tensions, est un échec retentissant de la CEDEAO.

Ce n’est pas une première car l’organisation avait déjà échoué dans plusieurs médiations politiques, dont les plus récentes sont en Guinée Bissau, au Burkina, au Togo, en Guinée Conakry et maintenant au Mali.

Comme pour masquer son échec, elle décide de la fermeture des frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales entre les pays membres de la CEDEAO et le Mali.

Si on fait un rappel   de l’histoire du pays, force est de reconnaître que dans le passé, les condamnations de la CEDEAO, du conseil de sécurité de l’Onu, de l’Union Africaine et autres, n’avaient pas eu d’effets sur les coups d’États antérieurs, parce que le pays était soutenu sur tous les plans par la chine et la Russie.

Il est certes vrai que les ports stratégiques de Dakar, d’Abidjan, de Conakry et leurs réseaux routiers peuvent étouffer l’approvisionnement momentané du Mali en denrées de première nécessité. Mais la détermination du peuple Malien a toujours triomphé sur les mesures d’isolement de la communauté internationale.

Faudrait rappeler à la CEDEAO que le Mali est le réservoir agricole de l’Afrique de l’Ouest, par son gigantesque cheptel bovin et ovin, et par sa production de quantités énormes de différentes variétés de mil exportées dans la sous-région en particulier au Sénégal.

Le Mali est le bassin agricole de l’Afrique de l’Ouest et un grenier pour les pays voisins dont le nôtre.

Dans ces conditions, nous devons agir avec humanisme et respect à l’endroit du peuple Malien qui a radicalisé sa révolte d’abord pour se libérer et pour son bien être !!!

Toutes les autres considérations sont d’ordre politique, par conséquent discutables.

Le grand défi de la crédibilité de la CEDEAO est ailleurs que d’imposer des sanctions après l’échec de la médiation. Elle déploie souvent des centaines d’observateurs qui ne font que valider des élections bien ficelées par un régime, même si des fois des observations sont émises.

Or comme dit l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir »

Car les conséquences de ses sanctions seront en grande partie supportées par le peuple lui-même.

Pourquoi ne pas se focaliser sur les tensions futures des « 3ième mandats » et menacer de pareilles sanctions les porteurs de ce projet ?

 Le Mali est un maillon fort et une force incontournable de l’économie  de la  sous-région.

 Avec la libre circulation des biens et des personnes, la CEDEAO a-t-elle pensé aux conséquences des citoyens sous régionaux, en plus de l’impact déjà plus que lourd de la COVID-19.

 Le peuple du Sénégal pour des raisons historiques doit soutenir le Mali !

Depuis la nuit des temps, les peuples Malien et Sénégalais ont entretenu des relations si puissantes que plusieurs noms de famille ont conservé leur transposition de part et d’autre : Traoré au Mali, devenu Diop au Sénégal, Coulibaly = Fall, Cissokho = Gueye Diarra = Ndiaye, Sidibé = Sow, etc.

Avec les mêmes attributs pour le cousinage à plaisanterie qui reste un puissant et redoutable levier social entre ces deux pays qui partagent le même espace géographique et culturel.

Boubacar Sèye

Horizon sans Frontières (HSF)

 

 

 

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