Dadis (aussi) sur sa prise du pouvoir : « les rapports de force étaient tels que Sékouba ne pouvait rien… »

Lors de leur comparution devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry, Claude Pivi alias Coplan et Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba se sont vantés, chacun, d’avoir permis au capitaine Moussa Dadis Camara de prendre le pouvoir, à la suite de la mort du général Lansana Conté en décembre 2008.

« (…) Personne ne peut récupérer la situation devant moi. Sékouba Konaté n’a jamais été dans la capitale. Tout ce qui se passait à Conakry, c’est moi qui calmais les militaires. Alors c’est là où j’ai dit que si ce n’est pas moi, je crois que ça serait le feu, vu que les gens m’ont entonné. Ils ont dit que si ce n’est pas le capitaine Moussa Dadis, nous allons brûler toute la ville, parce que nous, nous ne connaissons personne si ce n’est pas lui. Les rapports de force étaient tels que Sékouba ne pouvait rien »

Le concerné, lui, dit que plus tôt que c’est grâce à son audace et les rapports de force qu’il a pu s’imposer face aux généraux et colonels ce jour au camp Alpha Yaya Diallo.

Dadis en interview…

Dans une interview qu’il a accordée [il y a plus plusieurs années dans un hôtel de Ouagadougou] aux journalistes Caleb Kolié de Familia fm et Dieudonné Zoungrana alors journaliste à L’Observateur paalga, l’ancien président du CNDD a laissé entendre que, ni feu général Mamadouba Toto Camara, ni le général Sékouba Konaté (ex-patron du BATA, la toute puissante unité d’élite d’alors, n°3 du CNDD et ministre de la défense nationale en 2009), qui ont manifesté leur désir, n’ont rien pu face à la situation qui prédominait. 

 » (…) Un chef d’État ne peut mourir à 18 heures, on m’informe à 22 heures et je me précipite pour rentrer au camp. Si vous n’êtes pas sûr de vous, un chef d’État qui meurt, alors qu’il y a des généraux, des colonels et tout, qu’un capitaine se lève pour aller au camp pour passer un communiqué. Il faut être sûr de soi-même, pas par rapport à ta personne, mais à ta base plutôt »

Parlant des raisons qui l’ont amené à prendre la tête du CNDD, après la mort du général-président Lansana Conté en décembre 2008, Moussa Dadis Camara a confié ceci: « les militaires me disaient bouche ouverte, qu’après le vieux Lansana Conté, c’est le capitaine Dadis. C’est pour cette raison que j’ai eu le courage. Sinon sans quoi, un chef d’État ne peut mourir à 18 heures, on m’informe à 22 heures et je me précipite pour rentrer au camp. Si vous n’êtes pas sûr de vous, un chef d’État qui meurt, alors qu’il y a des généraux, des colonels et tout, qu’un capitaine se lève pour aller au camp pour passer un communiqué. Il faut être sûr de soi-même, pas par rapport à ta personne, mais à ta base plutôt. Parce que dès que feu le général Lansana Conté a trouvé la mort, tout de suite c’était des coups de téléphone. Comme quoi: « venez au camp, le vieux est décédé. Tout ce qu’on attendait, c’est que le vieux parte dans l’honneur. Donc, aujourd’hui c’est toi ». Je suis alors venu au camp. Entre-temps, le général Sékouba Konaté était colonel et moi capitaine. C’est quand je suis rentré au camp que j’ai ordonné aux gens qui étaient là. J’ai dit qu’il faut qu’on fasse rapidement un communiqué. Nous étions assis à la base des parachutistes commandos. C’est là où l’on a fait ce communiqué. Après l’avoir corrigé, je l’ai pris pour aller à l’information. 

À la question de savoir s’il était en ce moment avec le général Sékouba Konaté, il a répondu en ces termes:  » Non! Eux, ils étaient basés au camp ».

 » (…) Ce n’est pas parce que le général Sékouba Konaté ne voulait pas. Le général Toto était venu au camp, mais quand il a vu la position, il est reparti. Je dis bien c’est mon audace, parce je savais que personne ne pouvait récupérer la situation devant moi »

Et qui dirigeait les opérations ?

« Je dis que c’est moi. Parce que ce que les gens ne comprennent pas, tant que tu ne diriges pas une opération, tu ne peux pas t’imposer. Car, tu ne vas pas travailler pour ton prochain. Et là ce n’est pas parce que le général Sékouba Konaté ne voulait pas. Le général Toto était venu au camp, mais quand il a vu la position, il est reparti. Je dis bien c’est mon audace, parce je savais que personne ne pouvait récupérer la situation devant moi.

« Le général Sékouba Konaté a été intelligent de ne pas s’opposer. Sinon, il allait perdre »

Justement, l’histoire veut que ça soit Coplan Pivi qui a donné votre nom ?

« Vous savez à ce niveau, je dis il faut marquer les hommes. C’est lorsque certains qui n’ont pas travaillé comme moi ont voulu montrer leur désir face à ce pouvoir. C’est là que j’ai dit que personne ne peut récupérer la situation devant moi. Sékouba Konaté n’a jamais été dans la capitale. Tout ce qui se passait à Conakry, c’est moi qui calmais les militaires. Alors c’est là où j’ai dit que si ce n’est pas moi, je crois que ça serait le feu, vu que les gens m’ont entonné. Ils ont dit que si ce n’est pas le capitaine Moussa Dadis, nous allons brûler toute la ville, parce que nous, nous ne connaissons personne si ce n’est pas lui. Les rapports de force étaient tels que Sékouba ne pouvait rien. J’avais tous les parachutistes commandos de Kindia, les bataillons et ceux qui étaient basés à Soronkoni à Kankan et tout le camp Alpha Yaya Diallo, les blindés, l’infanterie, l’aviation et même la gendarmerie, sans compter le BQG.  Donc, ces rapports de force étaient déjà construits il y a très longtemps. Il a été intelligent de ne pas s’opposer. Sinon, il allait perdre. ( … ).

Décryptage de Sâa Robert KOUNDOUNO

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