Dansa Kourouma aux députés: ‘’l’éducation et la santé sont en train d’être colonisées par les ex-colonies françaises’’

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Le président du conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) n’est pas du tout d’accord avec la façon dont le budget national de développement (BND) est reparti entre les différents secteurs. Dansa Kourouma qui intervenait mardi 2 juillet dernier devant les députés, a plaidé pour l’accroissement des allocations des secteurs sociaux.

« Comme il n’est pas possible d’assurer une éducation de qualité à tous les enfants avec un tel niveau de financement, j’appelle votre honorable attention sur la nécessité d’un budget pro-pauvre, notre responsabilité collective est d’investir dans le capital humain à travers l’accroissement des allocations des secteurs sociaux. Budget sensible aux enfants et aux femmes, budget déconcentré, nomenclature en cohérence avec les priorités du PNDES », a plaidé le président du CNOSCG.

Par ailleurs, il a dénoncé « une faible allocation budgétaire aux services sociaux stratégiques et prioritaires, largement en deçà des normes dans la sous-région. Mauvaise qualité et impertinence des dépenses ; Forte centralisation du budget, qui le rend vulnérable à la corruption et entraîne un sevrage de la majeure partie de la population et des zones périphériques ; « Elaboré à Conakry, adopté à Conakry et exécuté à Conakry », ceux qui contrôlent sont avec ceux qui gèrent » dénonce-t-il tout en pointant du doigt une injustice budgétaire.

« Nous avons à faire tous, face à une injustice budgétaire à cause à la fois de conflit d’intérêt et la faible capacité de contrôle parlementaire et citoyen depuis sa conception jusqu’à sa réalisation. C’est pourquoi nous réclamons du haut de cette tribune plus de justice, une déconcentration budgétaire, un accroissement des allocations aux secteurs sociaux prioritaires, le renforcement du cadre institutionnel et budgétaire de la lutte contre la corruption ».

Poursuivant son intervention devant les élus du peuple, le président du CNOSCG a déploré que des secteurs aussi névralgiques que l’éducation et la santé soient sous-budgétisés tout en encourageant le gouvernement à lutter contre l’extrême pauvreté à travers une valorisation des dépenses en protection sociale.

« Honorables députés, Si nous ne prenions pas garde à travers ces services sociaux dans notre pays, l’éducation et la santé sont en train d’être colonisées par les ex-colonies françaises. Nous serons tous tentés de nous soigner à l’extérieur dans un contexte de revenus faible, la tendance à la distorsion des ressources publiques pour la survie devient irréversiblement la norme nationale. Nous encourageons le gouvernement à persévérer dans la lutte contre l’extrême pauvreté à travers une nette valorisation des dépenses en protection sociale avec environ 8% », a dit le Dr Dansa Kourouma.

Thierno Sadou Diallo

+224 626 65 65 39

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