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Politique

Débat sur la nouvelle Constitution : position et proposition du PDG-RDA (doc)

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Faut-il aller ou pas à une nouvelle Constitution en Guinée ? Suite à l’adresse à la nation du président Alpha Condé, le Parti démocratique de Guinée-Révolution démocratique africaine (PDG-RDA), ancien parti au pouvoir qui a dirigé le pays de 1958 à 1984 s’est réuni pour recueillir les avis de ses structures contenus dans un document qu’il a transmis ce lundi au Premier ministre Kassory Fofana. Le premier parti au pouvoir en Guinée a ajouté que cette position sera soutenue à la conférence de presse du 22 Novembre prochain marquant les 49 ans de l’agression impérialo-portugaise. Mediaguinee vous propose l’intégralité du document-synthèse adressé au chef du Gouvernement…

POSITION ET PROPOSITION DU PDG-RDA SUR LE DEBAT RELATIF A LA NOUVELLE CONSTITUTION

La vie politique du pays, axée sur l’achèvement du processus des élections communales, l’organisation des élections législatives et surtout le débat, encore non instauré par les institutions républicaines, sur la nouvelle Constitution, requiert aujourd’hui l’attention de tous les acteurs politiques de la nation et tous les citoyens de la République. Ceci ouvrant la voie ces derniers moments à une montée des tensions politiques et des violences qui ont entrainé des pertes en vies humaines lors des manifestations des 14 et 15 Octobre 2019. La Direction Nationale du PDG-RDA, au nom de ces militantes et militants présente ses condoléances au Peuple de Guinée et aux familles endeuillées et prie pour le repos de l’âme de nos compatriotes disparus.

En ce qui concerne le PDG-RDA, ces questions sur la nouvelle constitution ont interpellé et ont fait l’objet de débats à divers niveaux et instances du Parti bien avant que l’actualité politique ne les impose aujourd’hui au débat public. C’est pourquoi les positions que les responsables et militants du PDG-RDA observent en ces moments d’incertitude politique à l’égard de ces questions ne relèvent en aucune façon d’une réaction dictée par les circonstances, la conjoncture et l’opportunisme politique.

La ligne et les valeurs qui ont toujours guidé notre Parti, de sa fondation, il y a maintenant soixante-douze (72) ans, à nos jours, sont basées sur le principe de la prééminence du Peuple, référentiel suprême de l’histoire et de l’action politique. Nous considérons ce principe comme le socle le plus sûr de la restauration d’une culture démocratique effective et pérenne, conforme aux réalités et aux intérêts de notre Peuple. Ces positions de principe ont été réaffirmées et actualisées lors du 14ème Congrès du Parti, tenu à Conakry les 14 et 15 mai 2010.

Dans l’esprit de ce 14ème Congrès, le Parti n’a cessé de poursuivre et d’approfondir ses réflexions et, surtout, de formuler des propositions concrètes, tout en regrettant que la plupart de ces propositions n’aient ni écoutées ni entendues de la plupart des acteurs politiques de notre pays. Ces propositions visaient fondamentalement la mise en place d’un modèle stable et permanent de démocratie populaire pluraliste, inclusive et participative.

C’est dans cette idée, qu’anticipant les difficultés qui pourraient subvenir de l’ordre des consultations électorales post-transition, le Parti avait vivement recommandé de débuter tout le processus par les élections communales, suivies par les législatives, pour donner un caractère plus transparent, équitable et démocratique aux élections présidentielles, qui devaient ainsi couronner la pleine accession de la République de Guinée à un régime authentiquement pluraliste et démocratique.

A l’époque, nous avons été également l’un des rares Partis politiques à dénoncer le processus d’élaboration de la présente Constitution. Outre son caractère transitoire, cette constitution par les modalités de son adoption occultait de fait l’expression du Peuple à travers un débat populaire que le référendum aurait dû conclure. Selon notre Parti, c’est cette faiblesse de principe qui explique que tout le long des deux mandats présidentiels, la troisième (3ème) République, piégée par la surpolitisation instaurée par le régime des partis politiques, a dû faire constamment recours au “consensus” en lieu et place de la Loi, pour faire face aux crises qui ont marqué la vie économique, sociale et politique du pays. Malheureusement, la Constitution qui a perduré durant toute la troisième (3ème) République a été et est restée celle promulguée par Ordonnance du Président intérimaire, pour gérer la transition.

Au demeurant, dès les premières heures qui ont suivi l’investiture du Président de la République, le Professeur Alpha Condé, après les présidentielles de 2010, le Camarade Mohamed Touré, Secrétaire Général du PDG-RDA, après avoir critiqué avec rigueur et clarté  le processus d’adoption de l’actuelle Constitution ainsi que de nombreuses faiblesses et incohérences qu’elle recelait, avait recommandé la mise en œuvre immédiate d’un processus qui devait conduire à l’adoption d’une nouvelle constitution, plus en adéquation avec les réalités et le devenir de la République “naissante”.

Mais mieux vaut tard que jamais. C’est donc par une position de principe que le PDG-RDA souscrit à un processus qui soumettrait la Loi Fondamentale à la volonté claire et librement exprimée du Peuple, à travers un référendum. Il considère d’ores et déjà que ce serait l’occasion de lever des ambiguïtés, de préciser des concepts et, surtout, réintroduire ou renforcer des concepts qui sont et doivent rester des acquis historiques de notre Peuple, tels que le panafricanisme, la place de la culture, le statut des langues nationales, la souveraineté économique etc. L’inscription de ces concepts dans la Loi Fondamentale faciliterait grandement et obligerait dans ce sens le travail ultérieur du législateur. Le référendum permettrait alors une meilleure appropriation du document fondamental par tous les guinéens, de par leur participation effective au processus de son adoption, après une obligatoire campagne d’information et de sensibilisation facilitant l’accès et la compréhension de cet instrument essentiel de gouvernance démocratique. La conception, l’élaboration et l’adoption d’une nouvelle Constitution devraient permettre une profonde réflexion sur la nature, les rôles et fonctions, ainsi que les mécanismes organiques des institutions qui régulent notre Nation, en garantissant d’entrée de jeu au Peuple de Guinée, à travers ses mandants, le droit et la capacité de suivre sa propre voie et d’être encore plus libre de choisir son destin. C’est en cela que le référendum aurait un sens.

Ceci étant, le BPN du PDG-RDA à la date, n’ayant aucune information officielle de la forme et de l’appréciation du contenu du texte de la nouvelle Constitution, a recommandé à ses responsables et ses militants d’observer la plus grande retenue et les a instruits que c’est à la suite des consultations qui sont pertinemment initiées par le Gouvernement, et sur la base des recommandations qui seront faites, que le Bureau Politique National se prononcera sur les sujets soumis au référendum.

Le PDG-RDA apprécie à leur juste valeur les avancées incontestables dont le Chef de l’Etat, le Professeur Alpha Condé a fait référence dans son adresse à la nation, du mercredi 04 Septembre 2019. Rejetant sans aucun doute le négationnisme qui veut faire accréditer l’idée que le Peuple de Guinée vit dans le regret du retard causé par ses choix historiques, politiques et économiques, le PDG-RDA admet avec le Président Alpha Condé, qu’« ayant pris la Guinée là où le Président Ahmed Sékou Touré l’avait laissée »   “notre Guinée a retrouvé sa force et sa fierté. Elle a retrouvé sa place dans le concert des Nations.”. Ces acquis relatifs à l’histoire récente du pays, doivent être accrus et pérennisés avec l’objectif renouvelé de la réémergence et de l’épanouissement d’une société encore plus émancipée dotée d’une culture démocratique authentique, c’est-à-dire totalement respectueuse de la souveraineté du Peuple.

Cependant, malgré toutes ces avancées, suffisantes en soi, nous considérons qu’il est probablement plus que nécessaire que le Chef de l’Etat, Premier Magistrat du pays dans un régime pour l’heure fortement présidentiel, éclaire tous les acteurs politique, ses alliés politiques notamment, ainsi que tout le Peuple, quant à sa volonté personnelle. Ne nous y trompons pas, la question est d’ordre personnel à ce niveau.

La complexité des enjeux référendaires, ainsi que le timing choisi pour soulever la question interrogent inévitablement le projet, qui reste à être exprimé, du Chef de l’Etat, le Professeur Alpha Condé de briguer une nouvelle mandature. Le PDG-RDA considère qu’une telle prise de position, sans ambiguïté, soustrairait le Président de la République, Chef de l’Etat de toute compétition politique en la matière et, du coup, légitimerait encore plus la demande d’une nouvelle Constitution dont le pays a grandement besoin.

Notre forte conviction est que la République de Guinée, et, au-delà, la CEDEAO et l’Union Africaine tireront un bénéfice inestimable de la capitalisation de son immense expérience panafricaine, politique et institutionnelle.  Une telle posture conférera, nous en sommes convaincus, au Président de la République, le Professeur Alpha Condé, une prééminence morale et politique qui lui permettrait de veiller exclusivement au renforcement des acquis démocratiques, politiques, économiques et panafricains du Peuple de Guinée, acquis auxquels il a si efficacement contribué. Une attitude engagée et résolue dans ce sens, mobilisera sans faute encore plus la Nation pour le renforcement d’un État de droit qu’aucune tentative sectaire ne confisquera au détriment du Peuple, légitime et exclusif dépositaire du Pouvoir Démocratique.

Par ce biais, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Professeur Alpha Condé s’assure une place incontestable dans l’histoire dans laquelle il a déjà fait une grande entrée. Assumant les contraintes de son temps et agissant en conformité avec ses engagements, le Professeur Alpha Condé s’assure sans conteste une place parmi les plus grands de l’histoire dont Nelson Mandela, l’un de ses modèles déclarés, tout en garantissant des lendemains de stabilité, de paix et de progrès pour son Peuple.

Notre foi ainsi que notre raison conduisent fortement à recommander cette prise de position pour laquelle nous nous investirons sans réserve.

Vive l’Unité Nationale !

Honneur au Peuple !

Gloire au Peuple !

Prêt pour la Révolution Démocratique Africaine !

Mohamed Touré

Le Secrétaire Général                                                                                   

P/O Oyé Beavogui                                                                                          

Le Secrétaire Général par Intérim

Position et proposition du PDG (1)

 

 

             

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