Décès de M’Mah Sylla: « on ne s’improvise pas chirurgien », dit Pr Hassane Bah, médecin légiste

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Après le décès de M’Mah Sylla, cette jeune dame qui a été violée par des médecins dans une clinique privée de Conakry, plusieurs voix se font entendre pour que justice soit faite afin que sa famille soit rétablie dans ses droits. 

Dans une interview accordée à notre reporter hier lundi 22 novembre 2021, Pr Hassane Bah, médecin légiste et président de l’Ordre national des médecins de Guinée dira d’abord que c’est avec une profonde tristesse, doublée d’une désolation qu’ils ont appris cette nouvelle. 

« La plupart des médecins sont encore sous le choc d’apprendre le décès de cette femme et surtout de dire que cette femme a été violée par des personnes qu’on appelle médecins, alors qu’ils qu’ils sont de simples porteurs de blouse.  Donc, nous sommes sous le choc parce que c’est aussi l’honneur de la profession qui a été souillé par ces soi-disant médecins.  Nous regrettons et c’est pour cette raison d’ailleurs que je profite de vos médias pour présenter, au nom de tous les médecins de la Guinée, nos sincères condoléances à la grande famille explorée, à toutes les associations qui se sont mobilisées pour mettre en place un élan de solidarité en faveur de cette dame. », a-t-il indiqué.

Selon lui, comme ces médecins ne sont pas répertoriés au sein de l’Ordre national des médecins, c’est une usurpation de titre qu’ils ont faite. « Nous avons commis un avocat pour défendre d’abord la femme, pour garantir ses intérêts  et surtout aussi défendre l’honneur de la profession médicale qui a été souillée par le comportement de ces soi-disant médecins. Ça c’est la première des choses. La deuxième, c’est que nous avons pris une décision au niveau du Conseil national des médecins au cas où ces soi-disant médecins que moi j’appelle les délinquants sexuels seraient condamnés par le tribunal, de leur interdire l’exercice de la profession médicale sur toute l’étendue du territoire. »
Pour éviter que  de tels cas se répètent, le médecin légiste conseille à l’Etat de réglementer l’exercice de la profession médicale. »Aujourd’hui, c’est une anarchie, qu’on le dise ou pas . Il suffit que le médecin sorte avec  le bac plus 7 , il soutient une thèse de doctorat en médecine, il se dit médecin, il va ouvrir un cabinet de chirurgie, un cabinet de gynéco. ce n’est pas normal.  Pour faire  la gynéco, il faut au moins les 15 ans . C’est à dire pour bac plus 7 tu es médecin, bac plus 15 tu es gynéco.  Donc ces jeunes médecins qui n’ont pas la spécialité, qui sont mus seulement par des intérêts financiers, pecuniers se mettent à ouvrir des cabinets, ils font des actes pour lesquels ils n’ont pas la qualification  encore moins la compétence.  Voilà ce qui est dommage.  Donc, nous pensons quand même que l’Etat doit réglementer à travers le ministère de la Santé pour mettre de l’ordre dans l’exercice de la profession médicale. On ne s’improvise pas chirurgien, on ne s’improvise pas gynécologue. Ça c’est la première des choses. Nous formons presque 1000 médecins par an, si tu cumules ceux qui sortent de Gamal, Kofi, la  Source. L’Etat est le seul employeur et l’Etat ne recrute pas. Ces médecins formés sont injectés dans le marché du travail et ils disent qu’ils ne savent faire que la médecine, ils n’ont étudié que ça. Qu’est-ce qu’ils font ? Ils doivent vivre, c’est eux qu’on retrouve dans les quartiers, dans les villages, dans les préfectures pour faire du n’importe quoi. Donc je crois que si nous voulons une solution pérenne, il faut en amont déjà qu’on arrête la formation anarchique des médecins, qu’on essaye de réglementer ça et ceux qui sont déjà sur le marché d’emploi qu’on essaye de les recenser, les récupérer et les organiser, c’est clair. », a-t-il émis.

Christine Finda Kamano 

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