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Dépénalisation des délits de presse : ce qu’il faut savoir selon Dr Bangaly Camara

Peu avant la clôture vendredi de la session de formation de trois jours sur « la responsabilité sociale du journaliste en période électorale » initiée par la Haute Autorité de la Communication (HAC), Dr Bangaly Camara, fin connaisseur du monde des médias et directeur général de l’ISIC de Kountia a donné son avis sur la dépénalisation des délits de presse en République de Guinée.

 ‘’Nous avons pleins d’outils pour éviter d’être traîné en justice. L’un des outils, c’est le droit de réponse, c’est le droit de rectification’’

« Vous savez, la loi sur la liberté de la presse est claire sur un certain nombre de choses. Quand vous prenez cette loi, vous avez plusieurs régimes. Vous avez le régime administratif de la presse, c’est-à-dire les dispositions prises par le législateur guinéen pour la création d’un organe de presse. Vous avez également le régime pénal, c’est-à-dire tout ce qui peut tomber dans le cadre des infractions par voie de presse. Et puis vous avez le régime social qui détermine un peu les conditions d’exercer le métier. C’est vrai depuis un temps on parle de dépénalisation de la presse. Ce qui veut dire simplement qu’un journaliste ne doit pas aller en prison parce qu’il a écrit un article qui se révèle un peu compromettant pour une tierce personne. C’est vrai, mais sauf qu’il y a des éléments que nous n’arrivons pas à prendre en considération dans notre pratique de métier. Si vous regardez la loi sur la liberté de la presse, sur toute la ligne, cette loi est restrictive sur un seul point qu’est le respect de la dignité humaine, de l’éthique et de la déontologie. C’est-à-dire lorsque vous exercez ce métier, vous devez respecter la réputation d’autrui. Si vous devez faire des injonctions dans la vie privée de quelqu’un, il faudrait que vous disposiez de meilleurs éléments pour étayer un fait public. Sinon, la loi protège la dignité de la personne humaine. Alors, deux choses l’une. Nous faisons notre article de presse, nous pensons que ce que nous sommes en train de rapporter sont des faits réels et avérés avec des preuves à l’appui, si nous le faisons, en ce moment on se couvre et on est dédouané. Que la personne nous amène en justice, nous avons des éléments de preuve. Il y a une autre chose aussi qu’il faut prendre en considération quand on exerce ce métier. Le journalisme s’exerce pour les autres, ce n’est pour soi. Nous sommes si vous voulez les porte-paroles des citoyens. Ce sont ces citoyens là qui nous font confiance, c’est pourquoi nous sommes protégés par la loi et c’est pourquoi on cherche à ce qu’on ne nous met pas en prison. Que ce soit au niveau constitutionnel, au niveau de la loi et au niveau réglementaire, à tout bout de champ les journalistes sont protégés. Mais les citoyens que nous servons, ce sont des citoyens libres. Nous aussi, nous avons une obligation en tant que journalistes vis-à-vis de ces citoyens-là. Parce que ce sont eux si vous voulez qui légitiment notre existence parce que nous avons le devoir de parler en leur nom. Donc, de faire la médiation entre les gouvernés et les gouvernants mais également entre les gouvernants entre eux. Ça, c’est l’une de nos responsabilités qui est mis en jeu.

« Très malheureusement, la notion de dépénalisation est mal saisie. On pense qu’on peut dire tout sans être inquiété »

Dans l’exercice de notre métier, ça peut arriver que nous tombions dans le cadre purement pénal. C’est-à-dire la loi pénale prévoit que lorsque vous diffamez quelqu’un où lorsque vous vous immiscez dans la vie privée de quelqu’un que vous répondiez de vos actes. C’est vrai que nous avons pleins d’outils pour éviter d’être traîné en justice. L’un des outils, c’est le droit de réponse, c’est le droit de rectification. Très malheureusement, la notion de dépénalisation est mal saisie. On pense qu’on peut dire tout sans être inquiété. C’est ça l’idéal et c’est ça que nous voulons pour garantir cette profession parce que le journaliste ne travaille pas pour lui-même, il travaille pour les citoyens. Il est le représentant légitime des citoyens au même titre que les élus. C’est pourquoi quand il est pris, tout le monde se lève parce que la parole du journaliste est attendue et entendue »

Propos recueillis par Youssouf Keita

+224 666 48 71 30

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