Détention de Gaoual & Cie : Paris ‘’somme’’ Conakry de s’expliquer sur le dossier

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Selon l’Agence France-Presse (AFP), mercredi, 27 janvier 2021, le ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian a demandé aux autorités guinéennes de faire « toute la lumière » sur les opposants détenus.

Avec cette sortie de Le Drian, Paris compte désormais peser de tout son poids pour rapidement trouver une issue au cas des opposants emprisonnés depuis plus de deux mois.  Cette interpellation de la France intervient à un moment où la tension née de son opposition à la réforme constitutionnelle de mars 2020 et qui a permis au président Alpha Condé de faire élire pour une troisième fois le 18 octobre de la même année, n’est pas encore retombée.

Comment cette interpellation va-t-elle être perçue par les autorités guinéennes ?

Cette réaction, qui a un fort relent d’injonction de la part de l’ancienne puissance colonisatrice à son ancienne colonie, risque de raviver la tension ou tendre à nouveau les relations déjà compliquées entre Paris et Conakry.

Là-dessus, l’on n’a guère besoin d’être dans l’esprit du locataire du palais Sékhoutoureya pour imaginer ce qui pourrait être sa réaction et qui risquerait de provoquer une certaine escalade avec l’Elysée, indiquent certains observateurs du microcosme politique guinéen.

Aussi est-il besoin de rappelerque depuis l’arrivée du président Emmanuel Macron à l’Elysée, les relations entre la France et la Guinée n’ont jamais été au beau fixe.

Pourtant le président Condé a été l’un des rares chef d’Etat à rencontrer le candidat Emmanuel Macron à Paris en 2017.

Au plus fort de l’entêtement de Paris face au scrutin présidentiel de 2020, le président Alpha Condé n’a cessé de le rappeler à qui veut l’entendre que : « la Guinée est jalouse de son indépendance… » et surtout quand c’est la France qui lui dicte son savoir-faire et son savoir gouverner.

Depuis novembre 2020, l’UFDG, le principal parti de l’opposition guinéenne a vu des membres de sa direction nationale écroués à la Maison centrale de Conakry. Notamment l’un des vice-présidents, Ibrahima Chérif Bah, les anciens députés Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé, l’ex-maire de Kindia, Abdoulaye Bah.

Bangaly Steve Touré

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