Dubréka : un calme relatif règne dans la cité et les mosquées restent tout de même fermées 

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Après une journée de manifestations pour la réouverture des mosquées, un calme olympien règne ce mercredi 14 mai 2020 dans la ville de Dubréka. Selon un constat fait par notre reporter, malgré l’insistance des manifestants, les mosquées restent fermées. Selon plusieurs observateurs, des imams et muezzins seraient derrière la révolte réclamant la réouverture des mosquées.

Interrogé, un muezzin qui a requis l’anonymat, indique qu’il n’est pas possible qu’un imam manipule des enfants pour la réouverture d’une mosquée.

« Vous savez le Guinéen est habitué à trouver des coupables sans mener des enquêtes. Comment peut-il dire que des imams ont manipulé des enfants et des femmes pour qu’on ouvre les mosquées ? Ce n’est pas possible. Tous les imams de Dubréka que je connais ne peuvent pas faire une telle chose. C’est vrai qu’on est agacé par leur fermeture, mais nous sommes des hommes de Dieu et nous sommes en jeûne, donc on ne peut pas se permettre d’une telle chose. Dieu voit et entend tout », a expliqué ce fonctionnaire de Dieu.

Selon nos informations, plusieurs personnes ont été interpellées par la police après ce mouvement de révolte qui visait à braver la fermeture des lieux de culte dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Interrogée, la police n’a pas voulu s’exprimer mais assure tout de même avoir joué son rôle de veiller au respect des mesures sanitaires édictées par les autorités.

Dans les rues de Dubréka, certains citoyens disent adhérer à ce mouvement de revendication mais préfèrent ne pas s’afficher sur la place publique. Les raisons qui sont invoquées est la non fermeture des marchés.

« Tout le monde a peur de Coronavirus mais si le Président prend des décisions qui ne valent pas la peine, on a le droit de dire non. Ils disent que les regroupements sont interdits, c’est pourquoi les mosquées et les églises sont fermées, mais tout le monde voit ce qui se passe dans les marchés. Donc si on ne peut ni fermer les marchés, ni réglementer leur fréquentation, dans ce cas il faut qu’on ouvre les mosquées et les églises. Moi, personnellement je suis avec ceux qui sortent dans la rue pour demander à l’État de rouvrir les mosquées, mais vu que tous ceux qui manifestent sont considérés comme des opposants au régime, je préfère rester dans l’ombre », a dit Mohamed Soumah.

A Dubréka comme dans toutes les villes du pays, les lieux de culte, les écoles et tous les lieux de regroupement son fermés pour lutter contre la propagation du Covid-19. La Guinée est d’ailleurs l’un des pays les plus touchés en Afrique de l’ouest avec près de 2500 cas confirmés dont 895 guéris et 14 décès.

Thierno Sadou Diallo, envoyé spécial à Dubréka

+224 662 76 75 74

 

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