Edifice religieux : « l’Eglise de Boffa créée en 1934 est la toute première paroisse de Guinée » (Guide touristique de Boffa)

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Interviewé par la presse ce samedi avril 2021 à Boffa, Georges François Camara, guide touristique, est revenu sur l’acquisition du domaine qui abrite aujourd’hui l’Eglise de Boffa. Ce domaine a été octroyé par le Roi Koulounkaty, après avoir envoyé ses enfants à Dakar en 1866 lors de la visite du gouverneur Faidherbe à Gnarabeli  de Farinya .Et cette visite fut une opportunité pour le Roi qui n’était pas consentant que le gouverneur rentre dans le Rio Pongo sans son accord mais au finish il a accepté par une envie de donner 3 de ses  enfants à Faidherbe pour les mettre à leur école  de Dakar. Ceci fait, Faidherbe a été reçu au port de Domiya au Pésèbe par une forte mobilisation. Quand Faidherbe a trouvé cette mobilisation, il est descendu à bord, il a salué l’autorité qui était là. Ensuite il s’est présenté.

«Voilà que le Roi s’adresse au Gouverneur avec un interprète… »je suis heureux de te retrouver mais confiant et je voudrais te  confier mes enfants Yango, Doye. Le Gouverneur a accepté et ses enfants sont partis faire les études primaires. Le certificat obtenu, ils ont demandé à la direction de l’école enfin de rentrer au pays parce que chacun de ces 3 avaient à l’idée qu’un jour il serait le remplaçant de son père…  Voilà ce qui allait se passer. Après leurs études, ils ont reçu le baptême à Dakar, les noms qu’ils possédaient en partant ont été changés pour porter les noms Benoît Katy, Emmanuel Katy et Jean Jacques Katy, le benjamin. Ils sont rentrés au palais, ils ont pris place, ils se sont présentés après leur formation de 6 ans à Dakar. Nous avons tous les 3, le CP, nous connaissons bien Français maintenant et nous pouvons écrire…

Mais le lendemain, après le déjeuner, Jean Jacques Katy, au nom de ses frères, intervient auprès de leur papa pour dire : ‘’papa, nous sommes arrivés et voilà une nuit et une journée. Et là nous voulons une Eglise à Boffa. » Le papa dit : « mais il n’y a aucun problème ». Parce qu’à l’époque, il y avait des Églises Anglicanes construites par des Anglais à  Domiya, à Farinya et à Koba. Donc, il a dit ‘’il n’y a pas plus que ça » parce qu’ils voulaient chasser les Anglais qui voulaient s’installer dans le Rio Pongo (Rivière du Sud). Donc cette opportunité leur a permis d’avoir la France à BOFFA comme à Dakar. C’est une belle affaire parce que la France a pris la responsabilité de protéger les Rivières du Sud et les Rois. Ils viennent quand? La France doit venir mais nous voulons d’abord que les missionnaires viennent, ceux-là qui doivent prier, enseigner la religion. Il a fait un compte rendu à ses frères», relate Georges François Camara, guide touristique de Boffa.

Poursuivant ses explications, Georges François rappelle comment les missionnaires ont acquis ces terres sur lesquelles se trouve cette Eglise qui est l’une des plus anciennes de la Guinée.

«Quand les missionnaires sont venus, sous la case à palabres du village, ils vont se reposer là-bas .Une heure du temps plus tard, c’est le Roi qui arrive. Le Blanc assis sous l’arbre à palabre, il est surpris il vient lui poser la question. Et c’est l’interprète Lucas qui répond…

« Tes enfants m’ont écrit, je suis venu et je voudrais que tu me trouves un domaine ici où je vais m’installer à côté de toi. » Le roi lui demande mais si tu veux venir ici, tu vas construire une école et un hôpital. » Le Blanc répond : ‘’je suis prêt à tout. » Il dit : ‘’d’accord, vous allez retourner à Boffa, il y a un Français là-bas, vous allez coucher chez lui, ils sont chez le commandant de camp…Alors, le matin, la foule se dirige à Boffa ,ils viennent trouver la délégation de Freetown chez le commandant de là-bas, ils viennent chez le chef du village à Tākoré. Et il lui dit : « Je veux que tu me retournes le domaine que je t’ai cédé en bordure de la mer, je vais le donner à ce Blanc-là. Je t’en donnerai un autre demain. »  Tāforé a accepté et Koulounkaty et la délégation sont venus jusqu’ici, le Roi dit : « Père Gomez, voici le domaine, tout ça c’est pour vous, du fleuve jusqu’à la limite d’un autre point. Finalement, les prêtres ont planté des fleurs. Le domaine occupait 19 hectares.»

Malgré que la paroisse Saint Joseph de Boffa soit la plus ancienne paroisse de la Guinée, son Église n’est pas la plus ancienne, a indiqué le Guide touristique.

«Le prêtre a d’abord construit une chapelle. Ça n’a pas commencé par cette maison que vous voyez aujourd’hui. Une première chapelle a été construite en 1875, cette chapelle, après sa construction, le père est allé se reposer à Freetown et pendant la  saison des pluies, une forte pluie est tombée à BOFFA et la maison n’était pas couverte de tôle, ni d’ardoise, elle a cédé, elle est tombée. Quand le père a été informé, il est tombé malade. Après ses trois mois de repos, il revient et trouve que tout ce qui était sur le bâtiment a été volé. Il se remet à la tâche, il fait une autre. Après la construction, il repart encore à Freetown. Un beau soir, cette maison a pris feu, tout a été brûlé, même le livre de prière, même l’objet le plus sacré, je veux vous parler de  la communion, a été brûlé. Rien n’est sorti. A son retour, il a rencontré non seulement les commerçants qui longeaient le Rio Pongo, le commandant de cercle également afin de l’appuyer au niveau de ces maisons de commerce pour construire cette maison qu’ils ont appelée « Un Pied à terre ». C’est ainsi que ce bâtiment fut construit dans les années 1882. Cette maison a été construite, ils sont restés comme ça. La chapelle qui a été brûlée a été renouvelée  mais sur le plan local pour permettre aux fidèles qui viennent ici de prier. Et à partir de cette date jusqu’en 1934, l’année à laquelle on posait la fondation de cette Eglise, ils étaient là, ils priaient, ils faisaient leur messe au niveau du bâtiment de l’étage qui abrite le presbytère aujourd’hui.

Alors, c’est ainsi que cette Eglise a été construite en 1934. Et depuis cette date jusqu’aujourd’hui, sauf au mois de novembre, décembre de cette année, elle a été retouchée. Voilà ce que je sais sur la vie de cette Eglise.», a relaté le Guide touristique.

Aujourd’hui, en plus de cette Eglise, un sanctuaire de plus de 20 mille places est en construction depuis des années maintenant.

Et selon Georges François Camara, depuis sa construction en 1934, cette Eglise n’a connu de retouches  qu’à l’approche de son centenaire. Elle a été repeinte au mois de novembre et décembre.

Christine Finda Kamano, depuis Boffa

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