Egypte/L’étudiant guinéen Oumar Traoré se confie : ‘’c’est 50 dollars par mois que nous recevons comme bourse d’entretien’’

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Oumar Traoré est étudiant guinéen en 2ème année Médecine à l’université d’Alexandrie en Egypte. Dans ce bref entretien qu’il a accordé à l’envoyé spécial de MEDIAGUINEE à la CAN 2019, il nous explique les difficultés auxquelles ils sont confrontés, avant d’inviter les autorités à revoir la coopération entre la Guinée et l’Egypte. Lisez !

Mediaguinee : Les étudiants boursiers guinéens présents dans beaucoup de pays se plaignent souvent de l’Etat. Comment les choses se passent en Egypte où vivez depuis quelques années ?

Oumar Traoré : Je dirais que les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en Egypte sont presque les mêmes dans les autres pays où vivent nos collègues. Les bourses d’entretien qu’on reçoit sont insignifiantes, c’est 50 dollars chacun et par mois sans compter le retard que nous accusons souvent avant de recevoir cette somme. Les 50 dollars ne représentent rien ici, dans la mesure où tout est cher y compris la documentation et le logement. Raison pour laquelle nous sommes obligés de demander secours auprès des parents en Guinée.

Quelle est la nature de vos rapports avec les autorités de l’ambassade de Guinée en Egypte ?

Je dois dire que les autorités de l’ambassade se battent beaucoup pour nous, à commencer par l’ambassadeur, Soriba jusqu’au dernier cadre. Mais force est de reconnaitre que malgré leur disponibilité à nos côtés, certaines difficultés non des moindres restent toujours posées. Si je prends mon cas, depuis mon arrivée, il y a pratiquement deux ans, je n’ai pas toujours mon titre de séjour et je sais que plusieurs de mes collègues sont aussi confrontés à ce problème. Dans notre salle de classe, seuls les étudiants guinéens n’ont pas leur titre de séjour. Je ne sais pas si cela est dû à la nature de la coopération guinéo-égyptienne ou pas. Si on avait le titre de séjour, on pouvait se débrouiller autrement pour pouvoir subvenir à nos besoins. Sans titre de séjour ici en Egypte, on peut rien faire, partout où on va à la recherche du boulot, on nous demande le titre de séjour. Vous comprendrez alors qu’il n’est pas facile.

Avez-vous un appel à l’endroit des autorités du Ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger ?

Bien sûr. Je demande à nos autorités de revoir un peu la coopération entre notre pays et l’Egypte. Elles (autorités guinéennes) doivent se concerter à nouveau avec leurs homologues égyptiennes pour que nous qui étudions ici, puissions être soulagé. Je veux parler de l’octroi du titre de séjour aux étudiants que nous sommes. La vérité est que les guinéens étudiants vivant en Egypte se sentent un peu stigmatiser aujourd’hui dans cette affaire de titre de séjour. Car, nos collègues venant d’autres pays ne rencontrent pas de problème à ce niveau.

Propos recueillis par Youssouf Keita, envoyé spécial à Alexandrie (Egypte)   

 

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