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Politique

Elhadj Biro Kanté : ‘’j’avais dit au président Alpha Condé que si tu ne remets pas les rails, tout ce que tu feras tombera à l’eau’’

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28 septembre 1958-28 septembre 2019. Voilà 61 ans que la Guinée disait Non à la communauté française qui lui avait été proposée par le général Charles de Gaulle.

Elhadj Biro Kanté, compagnon de l’indépendance a rendu un vibrant hommage au premier président Ahmed Sékou Touré qui a conduit les Guinéens vers le référendum. Pour lui, c’était une fierté d’être Guinéen. Rencontré ce samedi 28 septembre 2019 à l’occasion de la commémoration de cette date historique pour la Guinée, le doyen, révolutionnaire dans l’âme a rappelé ses souvenirs…

Le 3 avril 1984, une poignée de militaires voyous, soûlards a fait un coup contre l’armée d’abord avant de se retourner contre le gouvernement légal

« J’ai assisté à l’arrivée du général de Gaulle le 25 août 1958, j’étais alors maire de Beyla. Nous avons assisté à cette réunion du Parti Démocratique de Guinée, le PDG-RDA… C’est le 14 septembre que nous avions décidé d’aller au Référendum présenté par le général De Gaulle. Il faut dire que c’était un grand jour parce toute l’Afrique avait les yeux braqués sur la Guinée ce jour du 28 septembre, parce c’est le seul territoire de colonie française qui a pris la décision avec en tête l’immortel Ahmed Sékou Touré de voter non à la Constitution qui était présentée et de recouvrer son indépendance. Alors le peuple de Guinée, toute sensibilité confondue, les responsables politiques qui étaient opposés n’étaient pas nombreux mais ont emboîté le pas au PDG et les élections se sont passées dans l’enthousiasme, dans la ferveur pour avoir un résultat de plus de 95% au soir du 28 septembre. Et le président Sékou Touré disait ce jour-là, si on vous insulte, si on vous frappe, tendez la joue droite car le 29 septembre au matin, vous êtes un pays indépendant, vous êtes libres. Et c’est ce qui s’est passé », se rappelle-t-il.

Ajoutant qu’au temps du président Ahmed Sékou Touré, le pauvre et le riche étaient égaux, l’école était encore gratuite, les soins de santé étaient accessibles à tous.

En 1970-1975, les malades quittaient la Côte-d’Ivoire pour venir se traiter à N’zérékoré et à Lola

« Le président Ahmed Sékou Touré qui fut un compagnon à moi n’est plus. Et comme a dit celui qui l’a remplacé par la baïonnette, le général Lansana Conté qui lui a donné d’ailleurs le nom du Palais Sékhoutouréya, disait de lui que ‘’c’est lui qui a libéré a Guinée et pourquoi pas l’Afrique. Le président Sékou Touré a été un grand Africain, non seulement il a libéré par son exemple il a poussé tous les Etats africains à se libérer du colonialisme’’. C’est pourquoi d’ailleurs vous verrez aujourd’hui qu’il y a une campagne farouche pour salir sa mémoire. Même en Guinée, peu d’hommes responsables qui ont vécu l’époque n’osent aujourd’hui dire qu’il fut le libérateur de la Guinée. Mais nous sommes heureux de voir aujourd’hui une jeunesse qui se bat, une jeunesse montante à qui le président Sékou Touré a dit que nous voulons former l’homme nouveau. Et l’homme nouveau c’est vous (jeunes). Il n’y avait pas de journalistes comme ça à l’époque. Nous avons formé, on ne payait pas l’école, on ne payait rien. Du primaire à l’université c’était gratuit, on ne payait ni tenue, ni livre, ni cahier, rien. Le pauvre était sur le même pied d’égalité que le riche. Il n’y avait pas de pauvre ou riche, tout le monde était égal. Du point de vue social, santé, nous n’avions pas à envier aux autres pays. Aujourd’hui on envoie des malades à Dakar, à Abidjan, à Rabat, non. J’ai été à N’zérékoré en 1970-1975, les malades quittaient la Côte-d’Ivoire pour venir se traiter à N’zérékoré et à Lola, mais aujourd’hui qu’est-ce qui se passe ? Maintenant c’est la guerre, c’est la division, depuis surtout le coup d’Etat crapuleux du 3 avril qu’une poignée de militaires voyous, de militaires soûlards qui a fait un coup contre l’armée d’abord avant de se retourner contre le gouvernement légal. C’est ce qui a plongé le pays dans la merde. Quand vous voyez aujourd’hui l’ethnocentrisme, on parle de peulh, malinké, soussou, cela n’existait pas. Un peulh pouvait être gouverneur, partout, ministre partout, élu partout de la base au sommet. Un malinké aussi pouvait être élu à Labé, à Mali, à Koundara, partout. Tout le monde était frère. Une nation était née mais malheureusement le 3 avril a mis tout à l’eau. Voyez-vous, aujourd’hui il n’existe pas de chemin de fer. Ils ont enlevé tout le chemin de fer Conakry-Niger, ils ont enlevé les rails, ils ont vendu. Et je disais au président Alpha Condé, ton premier travail c’est de remettre les rails, si tu ne le fais pas tout ce que tu feras tombera à l’eau. Et c’est vrai, parce qu’un pays sans chemin de fer est un éléphant désossé, dont on a enlevé la colonne vertébrale », a affirmé Elhadj Biro Kanté qui a demandé à la jeunesse de toujours se tenir la main.

Une jeunesse intelligente qui pourra remplacer automatiquement ces vieux caïmans qui cherchent simplement à dévorer

« Maintenant je demande aux jeunes, je demande à la génération montante de se tenir la main, de faire l’unité nationale d’abord. Ce n’est pas dans cette pagaille qu’on pourra bâtir une nation. Mais j’ai confiance quand même que vous allez continuer l’œuvre du PDG-RDA, que vous allez continuer l’œuvre du président Ahmed Sékou Touré et que la Guinée, sera la première nation de l’Afrique occidentale, parce que nous avons les potentialités matérielles, les ressources matérielles nécessaires et les ressources humaines nécessaires, une jeunesse intelligente qui pourra remplacer automatiquement ces vieux caïmans qui cherchent simplement à dévorer ».

Maciré Camara

 

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